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Dessin illustrant l'article "Le tour du monde en 63 jour" en première page du Matin du 2 août 1901

Plus rapide que Phileas Fogg, Gaston Stiegler ! (2/2)

5 min
À retrouver dans l'émission

La course autour du monde, une fiction ? Du sport ? Ou du journalisme ? Le 12 mai 1901, Le Matin annonce à ses lecteurs qu'un de ses reporters, Gaston Stiegler, se lance dans l'aventure. 63 jours plus tard, Gaston Leroux raconte le retour triomphal de son confrère qui vient de débarquer à Boulogne.

Dessin illustrant l'article "Le tour du monde en 63 jour" en première page du Matin du 2 août 1901
Dessin illustrant l'article "Le tour du monde en 63 jour" en première page du Matin du 2 août 1901 Crédits : Bibliothèque nationale de France

Le Tour du Monde en 63 jours, Le Matin, 2 août 1901 (2e partie)   

Suite à un pari entre plusieurs rédactions partout dans le monde, le journaliste Gaston Stiegler s'est lancé dans un Tour du Monde, en train, en bateau, en voiture, passant par Paris, Berlin, Moscou, Seattle... Et il arrive, 63 jours plus tard, à la gare du Nord, à Paris : son ami Gaston Leroux en fait le récit pour le Matin.

L’arrivée à Paris. Un salon, décoré par les soins du chef de gare, attend Gaston Stiegler. On avait commencé par se grouper autour de la table où les coupes de champagne se choqueront tout à l’heure pour le triomphe du recordman, mais voilà qu’on l’abandonne. Tous les privilégiés qui ont pu parvenir jusqu’à nous se dirigent vers l’endroit précis où, sur les indications du chef de gare, le wagon de Stiegler s’arrêtera. C’est de là qu’il est parti, c’est là qu’il arrivera. Le Tour du Monde sera complet, à un millimètre près. C’est à ce moment qu’il faut un service d’ordre des plus sévères, car la poussée de la foule est devenue tellement puissante qu’on peut craindre quelque accident.  
Mme Stiegler m’ayant fait alors l’honneur de me demander mon bras pour la conduire vers son mari, qui a une demie-heure de retard, je la prie de ne le point trop gronder. « C’est la première fois que ça lui arrive, me dit-elle, avec le plus charmant sourire du monde ; ordinairement il est toujours en avance ».  
Voici une femme à laquelle il ne faudrait point dire du mal des journalistes. Enfin, le train est signalé. Le chef de gare vient à nous et nous annonce que nous allons assister à la fin du Tour du Monde. Je sens la main de Mme Stiegler qui s’agite sur mon bras :  
- Je veux, dit-elle, être la première à l’embrasser !...  
Et, le train s’étant arrêté, et le wagon de Stiegler se trouvant encore assez éloigné de nous, voilà qu’elle accourt, qu’elle bouscule, qu’elle tombe dans les bras de Stiegler.  
Ils s’embrassent. Elle pleure.  
Mais lui ? Lui, il est très certainement ému. Mais qui pourra le dire jamais, qui pourra le dire ? …  
Le voilà, le petit homme en gris, ganté de jaune, sa lorgnette en bandoulière. Il vient de faire le Tour du Monde. On croirait qu’il vient de faire le tour du Bois ! On se rue sur lui, on l’étreint, on le serre, on l’écrase, on le pousse, on le retient, on se l’arrache. « Qu’est-ce qu’il y a ? dit-il. Qu’est-ce qu’il y a ? Mais je n’ai rien fait ! Qu’est-ce qu’on me fera quand j’aurai fait quelque chose ?... »  
[…] Stiegler, pour la première fois depuis le commencement de son voyage, avoue qu’il est un peu fatigué. Mme Stiegler l’emmène. Je les accompagne. Et j’entends Mme Stiegler qui dit à son mari, des larmes dans les yeux : « Enfin ! le voilà fini ce Tour du Monde ! tu as abîmé un peu ton pardessus ! ». Gaston Leroux

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