LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Jacques Bonnaffé : Non, je ne suis pas Hannibal, je "joue" Hannibal !..

29 min
À retrouver dans l'émission

Le point de départ de l’émission ce soir est le Théâtre de Gennevilliers, où se joue Hannibal , une pièce de Christian Dietrich Grabbe, auteur allemand du 19ème (1801-1836).

Notre guide jusqu’à 21 h est Jacques Bonnaffé, l’acteur qui assume le rôle principal. C’est un comédien poète, attentif à ce que ses apparitions sur les scènes reflètent aussi ses quêtes intimes. Avec lui, nous parlerons d’une haute conscience du spectacle vivant, son metteur en scène Bernard Sobel, de théâtre populaire mais aussi d’illusions perdues, de combats à mener, de grandes figures du cinéma et, pourquoi pas, puisqu’il l’a voulu ainsi, de philosophie.

"Hannibal" texte de Christian Dietrich Grabbe , mis en scène par Bernard Sobel, Jacques Bonnaffé, est au Théâtre de Gennevilliers jusqu'au 4 octobre 2013.

Jacques Bonnaffé
Jacques Bonnaffé Crédits : G. Méric - Radio France

"Le bel Hannibal ou clin d'œil du borgne - Donc alors euh... Jacques Bonnaffé, vous êtes Hannibal ? - Non je ne suis pas Hannibal je joue Hannibal - Et ça n'est pas un peu la même chose ?- Non je joue, ça se voit . Et je montre bien aux gens que je ne suis pas Hannibal,* je n'essaie pas de ressembler au fils d'Hamilcar Barca (247-183 avant JC)* the Punic Carthaginian military commander , one of the greatest in history selon Wikipédia, je n'ai ni la peau ni les traits ni le mental ni la stature. Il y a beaucoup de gens qui se sont pris pour Hannibal, c'est un syndrome couru. Napoléon lui-même avant de se prendre pour Napoléon, s'identifiait à Hannibal, Comme l'illustre premier d'une longue série qui fit la fierté des asiles bien clos. Dans mon sens, voyez, c'est le public qui est fou, c'est lui qui déclare en me voyant que je suis Hannibal. Comme vous d'emblée. Moi je sais chaque jour que sa vie ne m'est pas arrivée, même en cauchemar, ni de commander 80 000 hommes, ni de faire la guerre avec un troupeau d'éléphants d'aller traverser les Alpes ou de faire trembler Rome, mais je vis près de gens qui font des trucs semblables ici ou dans les pays brûlants de la méditerranée, ce n'est même pas si spectaculaire, c'est quotidien et pourtant ils peuvent faire pleuvoir des troupeaux d'éléphantts en claquant des doigts, donc je fais mon boulot, on m'entend, c'est clair, je suis l'écriture d'Hannibal dans la fabrique de Grabbe, voilà et à défaut d'être Hannibal, je veux bien passer pour le type qui se prend pour Hannibal - Ah la fameuse distance, comme chez Brecht ? - Comme chez Bertold B Sobel oui, ça me plairait assez que les gens voient ça, du moment qu'ils ne me prennent pas pour Napoléon. Mais je fais gaffe à la gestuelle, éviter la main sous le plastron, les postures… D'ailleurs Sobel y veille, il est très direct sur ces choses, les gestes, les inflexions. Le sens de ce qu'on raconte, et le double sens de tout ce qui s'entend. La distance oui. La distanciation comme une forme du plaisir. Qu'est-ce qui fait avancer la pièce ? Je veux dire qu'est-ce qui fait avancer le poème, à mon avis c'est la langue, "combattre avec la langue c'est plus dur qu'avec le glaive" Pour Sobel un propos bien exposé vaut sans doute mieux qu'un grand moment dramatique. C'est vrai qu'ici le récit est serré, le fil tendu, la pensée droite, les monologues brefs, sans précautions oratoires non plus, sans attirail et sans imprécation. Une poésie par l'économie, un certain rejet du théatre.Rejet de la "Shakespearepiromanie" dit Christian Dietrich Grabbe, qui lui, dans son style, aurait pu écrire les meilleurs westerns, les plus grandes séries B, celles qui ne laissent flotter aucune information. Tout sert, pensée matérialiste, et ironique, satirique. (à suivre)"Jacques Bonnaffé.**

Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......