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Marceline Desbordes-Valmore

Marceline Desbordes-Valmore et Pauline Duchambge

59 min
À retrouver dans l'émission

Les romances écrites par Marceline Desbordes-Valmore avec son amie la musicienne Pauline Duchambge, interprétées par Madame Françoise Masset, soprano et Madame Claude Lavoix, piano. Un répertoire rare, dont il n'existe pas d'enregistrement dans le commerce.

Marceline Desbordes-Valmore
Marceline Desbordes-Valmore Crédits : Nadar © Bibliothèque municipale Douai

Rediffusion de l'émission du 30 mai 2008.

"Oubliée", écrivait Baudelaire de celle qu'il appelait "la grande sœur des romantiques".

"Oubliée, mais de qui ? De ceux qui n'ayant jamais rien ressenti ne peuvent se souvenir de rien". Quand Baudelaire écrivait ces lignes, Marceline Desbordes-Valmore, après avoir ouvert le chemin aux romantiques, vivait son purgatoire littéraire.

C'est Verlaine qui l'en sortit en la faisant figurer - la seule femme - parmi ses "Poètes maudits". Aujourd'hui que Marceline a repris sa place - au tout premier rang - dans la Poésie française, nous aimerions attirer l'attention sur un autre versant de son oeuvre : les romances qu'elle a signées, notamment avec son amie la musicienne Pauline Duchambge.

La romance de salon est un genre particulier, un genre "intermédiaire" ; ce n'est pas du lyrique, ce n'est pas de la chanson populaire non plus (encore que quelques titres aient pu être adoptés par le grand public).

Commercialement, les albums de romances sont publiés par les éditeurs à destination de l'aristocratie et de la bourgeoisie assez fortunées pour offrir des maîtres de musique à leurs enfants : il faut un minimum de pratique pour jouer ces airs et les chanter, même s'ils n'atteignent pas à la virtuosité de la musique écrite pour les professionnels.

Si des hommes, Martini par exemple, ont pu illustrer la romance, ce genre reste peu considéré et des femmes peuvent la pratiquer sans que les misogynes s'en offusquent. Le nom de Pauline Duchambge est généralement absent des dictionnaires de Musique, elle a peu abordé le "grand genre".

Elle est née Antoinette-Pauline de Montet en 1778 à la Martinique. Elle rejoint à Paris son amie Joséphine Tascher de la Pagerie quand celle-ci épouse de Beauharnais ; on marie Antoinette-Pauline à un colonel d'Empire, le baron Désiré Duchambge d'Elbhecq dont elle divorce vite en gardant son nom, au moment où ses biens en Martinique lui échappent. Elle est ruinée, tout en gardant ses relations brillantes, et connaîtra désormais la gêne, vivant de ses romances, écrites majoritairement avec Marceline Desborde-Valmore (mais aussi avec Chateaubriand pour ne nommer que lui), et des secours discrets d'une société qui ne peut se passer d'elle, fermant les yeux sur son goût de l'intrigue (c'est elle qui brouilla Marie Dorval avec Alfred de Vigny).

Pauline Duchambge est morte le 23 avril 1858. Le musicien Auber, qui fut son compagnon, déposa plus de trois cent romances d'elle à la bibliothèque du Conservatoire. Son amie Marceline Desbordes-Valmore la suivit le 23 juillet 1859. Ce "Chanson-boum !" exceptionnel vous offre un choix de romances composées par Marceline Desbordes-Valmore et Pauline Duchambge, avec quelques surprises : une romance dont la musique est de la Malibran et le texte de Marceline, une autre dont la musique est d'Adolphe Adam sur un texte de Marceline, une enfin de Chateaubriand sur une musique de Pauline Duchambge.

Les romances sont interprétées par Madame Françoise Masset, soprano, accompagnée par Madame Claude Lavoix, piano.

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