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Pinar Selek, sociologue : "Parce qu'ils sont arméniens" : le génocide arménien vu par une intellectuelle turque...

22 min
À retrouver dans l'émission

Pinar Selek
Pinar Selek

Sébastien de Courtois reçoit Pinar Selek , auteur de "Parce qu'ils sont arméniens " (Liana Levi)

Le génocide arménien a un siècle. Une page noire de l’histoire turque, toujours controversée, toujours taboue; un drame qui hante les esprits et les cœurs de génération en génération. Pinar Selek interroge son rapport à cet épisode et à la communauté victime. Au fil des souvenirs et des rencontres, elle raconte ce que signifie se construire en récitant des slogans qui proclament la supériorité nationale, en côtoyant des camarades craintifs et silencieux, en sillonnant Istanbul où les noms arméniens ont été effacés des enseignes, en militant dans des mouvements d’extrême gauche ayant intégré le déni. Au-delà de la question arménienne, ce témoignage sensible, engagé, parfois autocritique, dénonce les impasses de la violence et sonde les mutations de l’engagement collectif.

Pinar Selek
Pinar Selek

Dans son récit « Loin de chez moi…mais jusqu’où ? », Pinar Selek fait siens les mots de Virginia Woolf : « Mon pays à moi, femme, c’est le monde entier »…

… Virginia Woolf qui avait dit dans cette extraordinaire méditation-promenade qu’est « Une chambre à soi », publiée en 1929, qu’ « il est indispensable qu’une femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une œuvre de fiction »…

Pinar Selek a publié un premier roman, « La maison du Bosphore », en 2013, chez Liana Levi où il vient de reparaître dans l’édition de poche Piccolo…

= un roman qui traite de la condition des femmes et des minorités dans la Turquie des années 1980, juste après le coup d’Etat de septembre 1980…

= roman quelque peu autobiographique où se mêlent quatre parcours de jeunes gens dont celui d’Elif, quinze ans, qui s’inquiète pour son père, un pharmacien emprisonné pour ses idées juste après le coup d’Etat en question…

: dans ce roman, il y a aussi la rêveuse Sema, le musicien Salih et le menuisier Hasan… Mais seule Elif veut faire la révolution…

Pinar Selek a publié il y a quelques mois un volume de 58 entretiens menés avec des hommes sur le thème du service militaire… Son titre : « Service militaire en Turquie et construction de la classe de sexe dominante : devenir homme en rampant » (L’Harmattan)…

… elle se souvient, dans le récit qui paraît aujourd’hui : « Parce qu’ils sont arméniens » (Liana Levi), de l’année 1982, le temps de la terreur pour les opposants comme son père… et le temps du collège ou du lycée pour elle et ses camarades, quand on leur imposait de répéter les discours absurdes du régime militaire sur les ennemis présumés de la nation…

: « Les terroristes, les communistes, les Arméniens…Les mots étaient interchangeables », dit-elle… p.22

C’est un récit non plus placé sous le signe de la révolution… mais de l’action : « Je voulais agir », raconte-elle p.23

… et elle parle de témoigner, d’être maître de sa parole…

La voici donc confrontée à la question de l’extermination des Arméniens de Turquie en 1915…

Dès lors, c’est la difficile question : d’où témoigne-t-on ? de quoi témoigne-t-on ?

Intervenants
  • sociologue et politologue à l'Université Nice Sophia Antipolis
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