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Dormition de la Vierge, 1523, peinture sur bois (cèdre) H .180 cm. Bkerké (Liban), patriarcat maronite.

Une icône maronite au Petit Palais, avec Raphaëlle Ziadé

23 min
À retrouver dans l'émission

Une icône maronite de la Dormition de très grande taille révolutionne l’histoire de l’art du Levant. Elle date du début du XVIe siècle. Il y a deux donateurs, des maronites franciscains…

Dormition de la Vierge, 1523, peinture sur bois (cèdre) H .180 cm. Bkerké (Liban), patriarcat maronite.
Dormition de la Vierge, 1523, peinture sur bois (cèdre) H .180 cm. Bkerké (Liban), patriarcat maronite. Crédits : © Arnaud Eluère

Cette œuvre restaurée constitue une nouveauté́ pour la connaissance du patrimoine des chrétiens d’Orient et en particulier des Maronites, catholiques orientaux rattachés à Rome au Moyen-Âge. L’icône s’inscrit dans la continuité́ des fresques médiévales de style byzantin qui ornent nombre de chapelles et d’églises au Liban, tout en restant la seule icône connue pour le début du XVIe siècle, moment où la région passe sous le pouvoir des Turcs ottomans. 

La fête de la Dormition commémore la mort de la Vierge, célébrée le 15 août. Elle procède de la croyance ancienne selon laquelle la Vierge, conçue sans péché, a échappé au tombeau en montant directement au ciel à sa mort. Le Christ, placé au centre dans une mandorle peuplée d’anges, reçoit l’âme de sa mère, représentée sous la forme d’un bébé emmailloté. La Vierge repose sur son lit mortuaire entourée de Saint-Pierre, à gauche, qui encense son corps tandis que Saint-Paul, à droite, se prosterne à ses pieds. Ils sont entourés d’apôtres et d’évêques, réunis pour la déploration. En bas, à gauche des donateurs, l’ange Gabriel tranche les mains de Jéphonias, un habitant de Jérusalem qui avait tenté de profaner la dépouille. 

L’une des clés de l’icône est la grande inscription en syriaque et garshouni (arabe en caractère syriaque) qui accompagne les deux donateurs représentés en bas à droite. Une lecture sous lumière UV a permis d’établir que la date mentionnée est 1523. Cette date est tout à fait remarquable car l’on ne connaissait pas jusqu’ici d’icônes peintes au Liban de cette période, cet art s’étant interrompu dans la région entre le XIIIe  et le XVIIe siècle. 

L’analyse de l’essence du bois a révélé qu’il s’agit de cèdre, l’arbre emblématique du Liban.
 

Cette restauration a bénéficié du soutien de l’Ambassade du Liban, de l’Œuvre d’Orient et de mécènes privés. Les examens scientifiques ont été rendus possibles grâce au concours de l’INP (Institut national du Patrimoine), de l’INHA (Institut national de l’Histoire de l’Art) et du C2RMF (Centre de recherche et de restauration des Musées de France). 

L’icône repartira au Liban à l’issue de son exposition au Petit Palais

La salle des icônes Fondation Sisley d’Ornano au Petit Palais.
La salle des icônes Fondation Sisley d’Ornano au Petit Palais. Crédits : Pierre Antoine

Raphaëlle Ziadé est spécialiste du christianisme oriental. Docteur en histoire des religions et ancienne élève de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem, elle est responsable des collections byzantines du Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. 

Intervenants
  • Responsable du Département byzantin du Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
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