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Le père Alberto Ambrosio

Une lutte sans merci , avec le frère Alberto Fabio Ambrosio

23 min
À retrouver dans l'émission

Chrétiens d'Orient du 15 janvier 2017

Le père Alberto Ambrosio
Le père Alberto Ambrosio Crédits : Benoît Petit Empreintes Editions

Le frère Alberto vient de sortir un livre aux éditons Empreinte temps présent (fondées par Denis Guillaume). Nous le recevons pour son Actualité des paraboles. Un texte émouvant et personnel.

Parabole lue à l'antenne : "Mais la Grâce, à son habitude, déboule à l’improviste : sans tambour ni trompette, elle vient jouer les trublions, sème la joie, met tout cul par-dessus tête, ne laissant personne indemne. Eh bien, c’est le moment que, dans cette atmosphère, choisit pour s’arrêter sur le bord de cette grand-route sillonnée par des cars, l’un de ces véhicules, déversant une troupe de jeunes gens : tiens, on dirait qu’ils vont remonter, mais non, pas du tout, ils longent les tables de notre établissement, à nous frôler. On dirait une scène d’Il Ciclone, de Leonardo Pieraccioni, et puis, soudain, les jeunes et les filles qui les encadrent se mettent à former, bientôt imités par toute l’assemblée, une « ronde » menée tambour battant avec frappements marqués du pied. Personne n’a besoin d’apprentissage pour attraper ce pas, à croire que chez tout un chacun ce rythme est inné… Ces mêmes comportements, j’ai pu les observer sur des Irakiens, par exemple, quand leurs prêtres s’abandonnent eux aussi au rythme de la danse. Il n’a fallu que quelques secondes, sur ce bord de route, pour que se soit mise en place une fête en contrepoint, pour ainsi dire, à l’autre, qui se célèbre à quelques centaines de mètres… Ou plutôt non : c’est bien une seule et même célébration, en continu.

Bref, entre ces jeunes descendus du véhicule et notre communauté un pacte d’alliance se noue, une cérémonie festive et pleine de grâce, une première pour moi. Personne ne se connaissait, et pourtant tout le monde s’est arrêté, comme pour célébrer ce mariage.

La Grâce n’a pas pris plus de dix minutes pour passer, mais l’intensité de cet instant en a fait des heures. Puis, en quelques secondes, comme si de rien n’était, la jeune troupe, après de rapides adieux, a repris ses cliques et ses claques.

Tous les acteurs de cette scène, et moi le premier, nous avons reçu ce qui s’est joué là comme la brise, euphorique et bruyante, que soufflait la Grâce, une liesse de nature authentiquement divine. Je n’ai su que plus tard, par les paroissiens, le fin mot de l’histoire, qui tenait en deux points : en premier lieu, nous avions eu à tout coup affaire, avec ces garçons, à des gitans de Turquie, une population qui respire la joie de vivre et ne peut que la communiquer ; ensuite, et voici qui éclairera notre parabole, les jeunes voyageurs, de leur car pris dans le trafic intense, avaient repéré les festivités nuptiales. Ils s’étaient fait arrêter là, mais, estimant qu’il n’y avait pas sur place suffisamment d’espace pour eux et leur joie, ils s’étaient déportés vers notre restaurant, distant de quelques centaines de mètres à peine : quelle importance, s’étaient-ils dit, s’ils déversaient leur allégresse là ou là, c’était la même fête…"

http://www.editions\-empreinte.com/11377\-une\-lutte\-sans\-merci\-actualite\-des\-paraboles.html

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