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Michael Edwards au Collège de France

Michael Edwards : Étude de la création littéraire en langue anglaise

59 min

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Michael Edwards au Collège de France
Michael Edwards au Collège de France Crédits : Patrick Imbert / Collège de France

Aujourd’hui, nous explorons les métamorphoses qui touchent le langage, le travail de la langue poétique, dans le cadre de la chaire consacrée à l’Etude de la création littéraire en langue anglaise pour la leçon inaugurale du poète, Sir Michael Edwards.

Fluttering and dancing in the breeze…. / Tremblant et dansant dans la brise…

And then my heart with pleasure fills,

And dances with the daffodils.

Le poète, désormais franco-britannique, Michael Edwards nous fait entrer, pour sa leçon inaugurale, dans une illumination poétique, celle de l’anglais Wordsworth, au début du XIXe siècle, dont le souvenir de la « vue » d’une multitude de jonquilles – les « daffodils » se transforme en vision grâce à l’art du poète sur le langage.

"On voit ici, souligne Michael Edwards qu’un réel tout ordinaire et qui aurait pu devenir sentimental est aussitôt travaillé par la poésie".

La poésie anglaise « explore en même temps [et] le domaine des sens et celui de l’imagination ». Reposant sur des « perceptions précises », pour Michael Edwards,

"Le poème anglais le plus illuminé est souvent une fête de l’exactitude"

Le poète, traducteur et grand spécialiste des rapports entre les littératures anglaise et française, passé par Cambridge et une thèse sur Racine au début des années 1960, choisit avec malice,

un "poème réputé facile que l’on fait apprendre aux enfants, mais dans lequel rien n’est simple à y penser".

Académicien depuis 2013, Michael Edwards a enseigné au Collège de France de 2003 à 2008. Le philologue Michel Zink qui a soutenu sa candidature revient sur ces années et son approche intime de la création :

"Il nous a donné une ouverture sur le monde anglo-saxon" tout en parlant "de la littérature non en érudit ou en théoricien" mais en poète. "Il y a en lui une sensibilité réfléchie".

Sa leçon inaugurale s’avère une subtile exploration de notre rapport au réel, entre grâce et mélancolie et à la recherche d’un autre monde. De Wordsworth, dans le poème "Tintern Abbey" , Michael Edwards cite aussi,

The still sad music of humanity , la musique calme et triste de l’homme.

Michael Edwards met en garde contre les illusions littéraires ou celles d’un Eden, la recherche d'un autre monde et il cite, le poète, Yves Bonnefoy, dont il fut proche, pour sa leçon inaugurale en 1981 :

« Que de dualismes nocifs, entre un ici dévalorisé et un ailleurs réputé, le bien ! ».

Michael Edwards voit dans la littérature :

"une sagesse enracinée, phrase par phrase, vers par vers, dans le vécu"."L’émerveillement, nous dit-il n’est pas seulement une émotion, c’est une façon d’entrer dans la vie des gens et des choses".

Et nous gagnons le grand amphithéâtre du Collège de France pour la leçon inaugurale de Michael Edwards, le 11 décembre 2003.

Michael Edwards au Collège de France
Michael Edwards au Collège de France Crédits : Patrick Imbert / Collège de France

Pour prolonger :

La Nuit rêvée de Michael Edwards, rediffusée le samedi 30 juillet 2016 sur France Culture

Le texte de cette leçon a été publié chez Fayard, en 2004.

Le recueil de poèmes de Michael Edwards, L’infiniment proche a paru aux Ed. de Corlevour, en 2016.

Ses essais, Le Génie de la Poésie anglaise a été publié en 2014 aux Belles Lettres et Le Bonheur d’être ici chez Fayard en 2011.

La page de la BBC avec le poème "Daffodils" / "I wander'd lonely as a cloud..." de Wordsworth

Bibliographie

M. Edwards, L'infiniment proche

L'infiniment procheMichael EdwardsEditions de Corlevour, 2016

Intervenants
  • membre de l'Académie française, professeur honoraire au Collège de France
L'équipe
Production
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