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Catherine Jacquart,  patronne de Michou, Paris

Catherine Jacquart : relever le défi Michou

5 min
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La nouvelle patronne du célèbre cabaret parisien fait face à un double défi : que Michou l'établissement vive sans Michou "l'homme en bleu" et malgré le Covid. Pour ce faire, elle décide de rouvrir. A la fois un oeil sur l'avenir et sur le passé. Nostalgique et volontaire, comme personne.

Catherine Jacquart,  patronne de Michou, Paris
Catherine Jacquart, patronne de Michou, Paris Crédits : Anne Lamotte - Radio France

80 rue des Martyrs dans le 18e arrondissement de Paris. C’est l’adresse du “château” comme l’appelle Catherine Jacquart. Chez Michou. Le fameux cabaret, les bureaux et dans un coin du premier étage, une petite pièce où s’entassent les souvenirs : “les archives de Michou” sourit Catherine ravie de nous montrer sa "pépite", une  pile d'antiques bandes magnétiques, “certaines datent d’avant les années 70, Michou est encore sur scène, “zip zip zip amour, zip zip zip toujours !” chante-t-elle mi-joyeuse mi-nostalgique. Les cartons de VHS, les affiches de spectacle, les photos noirs et blancs - voilà l’oncle, en robe et en faux cils - les vieilles perruques…elle les conserve précieusement : “on me dit “pourquoi tu gardes tout ça ? C’est plein de poussière”. C’est l’esprit du cabaret, je ne touche pas !”. 

Michou partout au 80 de la rue des Martyrs, Paris
Michou partout au 80 de la rue des Martyrs, Paris Crédits : Anne Lamotte - Radio France

En face, sur le même palier, dans son appartement de fonction, idem : Michou en portrait et en clichés sur les murs. A 20 ans comme à 80. Il est mort il y à 7 mois, le 26 janvier dernier, il est “toujours là” confirme la nièce. Tellement là qu’elle parle bien plus volontiers de lui que d’elle. Parfois au présent. Lui, l’oncle tant aimé, tant admiré, "il était extraordinaire, tous ceux qui l'approchaient avaient "la Michoumania" " et qu’elle a accompagné jusqu’au bout : “ce jour là, il a regardé le ciel, il m’a regardé et il a fait (elle lève les yeux au ciel), puis il est parti, l’air de dire “allez, j’y vais, au-revoir”. Ça a été…Wouah ! C’est rare qu’on puisse accompagner quelqu’un comme ça…C’est un héritage ! Allez, hop ! Parti ! Et là, on reste là, on se dit…ahhh”. 

A 57 ans, Catherine, la discrète, hérite en effet. Pas de l’extravagance, ni du look - costume bleus et lunettes XXL assorties - de son oncle. Mais de la possibilité grâce à sa mère, la soeur de Michou, de reprendre les rênes du cabaret. "L’homme en bleu" après avoir à plusieurs reprises affirmé vouloir voir son établissement fermé après sa mort était finalement revenu sur sa décision dans une lettre-testament écrite en juin 2019. Fierté et bonheur pour Catherine Jacquart tant elle tient à cet endroit ouvert en 1956 et aux Michettes, ces comédiens maquillés, costumés, transformés qui se succèdent sur la scène depuis le début des années 60: “on a eu Barbara sur plusieurs générations. Sylvie Vartan aussi, et puis Dalida, notre Dalida elle est là tout le temps, ce sont des numéros qui sont réclamés”.

Michou et sa nière Catherine Jacquart à une fête d'anniversaire ces dernières années
Michou et sa nière Catherine Jacquart à une fête d'anniversaire ces dernières années Crédits : Anne Lamotte - Radio France

Le minuscule endroit, au rez-de-chaussée, où les techniciens s’affairent dans l'obscurité, elle le connait comme sa poche, c’est sa “maison”. Elle y débarque il y a 25 ans. A l’époque, elle vit à Amiens et, diplôme d’aide soignante en poche, peine à trouver du travail. Michou lui propose de gérer les réservations. C’est ce qu’elle fait jusqu’à la mort de celui-ci. En plus de mille autres tâches à ses côtés. De longues années à observer, apprendre, “grandir” constate-t-elle, désormais prête pour “relever le challenge” de la réouverture. 

Aujourd’hui, Covid-19 oblige, l’établissement est fermé depuis la mi-mars. Mais, entourée de la trentaine de salariés “la tribu, la famille”, Catherine Jacquart décide de se lancer, de reprendre les représentations. A partir du 11 septembre, “doucement et prudemment”. Fini le prologue et le final la troupe au complet sur la petite estrade. Fini les 80 spectateurs, la jauge sera réduite. Les tables déjà plastifiées seront éloignées d’au moins un mètre. On prévoit des visières pour les ouvreurs maquillés, des flèches de circulation au sol, des parois de plexiglas pour les loges. De la cuisine au show, on s’adapte. “Faut remettre en route la machine, et c’est compliqué”, souffle Catherine. Mais c’est comme un devoir dit-elle: “il me semble que c’est à nous les petits établissements de servir de laboratoire et de testeurs pour les plus grands”.

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Et ce malgré le risque. Car sans remplir la salle, Michou continuera de perdre de l’argent. On ne saura pas combien. L'argent, Catherine Jacquart n’aime pas en parler. Elle préfère chercher des solutions, même celles qui font mal, pour en trouver. Comme la vente aux enchères en juillet des objets de Michou, près de 600 000 euros récoltés. Et la grand-mère, infatigable, y croit. Elle ne voit pas souvent ses petits-enfants. Cet été, elle n’a pas quitté Paris : “Ah non ! Les vacances ce sera pour après, le jour où tout sera reparti. Je pense que s’il me voyait il rigolerait, il me dirait “t’as voulu le faire et ben vas-y prouve, fais voir !”

Rendez-vous le 11 septembre.

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