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Costume de préfet sous Napoléon

Être préfet, jadis et naguère

58 min
À retrouver dans l'émission

Retour sur l'histoire de celles et ceux qui représentent la puissance publique centrale dans les régions et les départements de France, alors que le Premier ministre Jean Castex vient d’annoncer la suppression du corps préfectoral. Avec l'historien Pierre Karila-Cohen.

Costume de préfet sous Napoléon
Costume de préfet sous Napoléon Crédits : DeAgostini/Getty Images - Getty

La nouvelle a frappé les esprits : le Premier ministre Jean Castex vient d’annoncer la suppression du corps préfectoral. Une décision qui se situe dans la droite ligne d’une volonté proclamée par Emmanuel Macron, celle d’une évolution de la haute fonction publique vers plus d’ouverture au reste de la société et vers plus de souplesse dans l’évolution des carrières. On se trouve là en proximité avec la fin décidée de l’École nationale d’administration que le général de Gaulle avait fondée à la Libération. 

Supprimer le corps préfectoral, ce n’est pas, évidemment, supprimer la fonction des préfets – et aujourd’hui des préfètes. Ils continueront de représenter la puissance publique centrale dans les régions et les départements de France. Mais ils ne seront plus inscrits pour toute leur carrière dans un ensemble administratif pérenne qui leur garantisse à la fois un statut particulier, un titre durable et une situation protégée -qu’ils soient ou non en poste- contre les aléas et les soubresauts de la politique. 

On comprend qu’ils n’éprouvent pas cette évolution sans inquiétude, comme une diminutio capitis, impliquant le risque d’une politisation accrue des nominations, autrement dit un retour en arrière, à cet égard, vers le long XIXe siècle. 

Voilà bien un événement qui incite, pour qu’on en situe mieux la portée, à remonter jusqu’à l’origine de la préfectorale, au temps du Consulat. Nous allons y pourvoir grâce à la compétence de Pierre Karila-Cohen, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Rennes 2. Il vient de s’attacher, dans un livre qui tombe à point, à éclairer, à partir d’une profusion d’archives, la manière dont les préfets ont pu incarner l’État, en bien ou en mal, sur toute l’étendue du territoire national, depuis qu’ils sont apparus par la volonté de Napoléon Bonaparte.

ARCHIVES SONORES

  • Extrait du discours d'Émile Bollaert, ancien préfet du Rhône (relevé de ses fonctions en 1940 pour avoir refusé de prêter serment au maréchal Pétain), président de l'Association du Corps Préfectoral et des Hauts Fonctionnaires du Ministère de l'Intérieur, prononcé lors du banquet de l'association à l'Hôtel Georges V à Paris, le 25 février 1947.
  • Lecture par André Miquel d’un ordre donné par Napoléon au Préfet du Var en 1809 (probablement un faux), le 15 mars 1993.
  • Reportage de Sébastien Berriot sur le remplacement du préfet Jean Charbonniaud après la visite mouvementée du président Nicolas Sarkozy à Saint-Lô, diffusé dans "Inter-Treize", sur France Inter, le 30 janvier 2009.
  • Extrait d'un entretien de Marcel Diebolt, préfet de Paris avec Jacques Chancel, dans "Radioscopie", sur France Inter, le 5 janvier 1971.
  • Reportage de Bernard Frangin au bal de la préfecture à Lyon, diffusé dans le journal télévisé de la 1ère chaîne de la RTF, le 15 mai 1965.
  • Lecture du conte Le sous-préfet aux champs d’Alphonse Daudet (1866), par Jean Negroni, dans "Si peau d’âne m’était conté" de Géraldine Gérard, RTF, le 8 mai 1959.

BIBLIOGRAPHIE

Intervenants
  • Professeur d'histoire contemporaine à l'université Rennes 2, spécialiste du XIXe siècle
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