LE DIRECT
Le général américain MacArthur et l'empereur du Japon Hirohito in 1945, quelques semaines après la capitulation du Japon le 2 September 1945.

Japon : la tentation militariste

59 min
À retrouver dans l'émission

Le Japon, après sa défaite en 1945, avait accepté de renoncer à l'usage de la force en-dehors de ses frontières. Or, voici que le gouvernement nationaliste de Shinzo Abe fonde son autorité sur une remise en cause de ce principe. "Japan is back", s'écrie-t-il. Est-ce donc un coup de tonnerre?

Le général américain MacArthur et l'empereur du Japon Hirohito in 1945, quelques semaines après la capitulation du Japon le 2 September 1945.
Le général américain MacArthur et l'empereur du Japon Hirohito in 1945, quelques semaines après la capitulation du Japon le 2 September 1945. Crédits : AFP

Des vents mauvais soufflent-ils depuis le Japon ? Quelque chose comme la tentation d'un retour à un militarisme qui, au XXe siècle, a si profondément marqué l'histoire de l'Extrême Orient, et bien au-delà ? 

La capitulation d'août 1945, quatre ans après l'agression de Pearl Harbour contre l'Amérique et aussitôt après les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, avait mis fin à une longue période de guerre, menée au premier chef contre la Chine, la Grande Bretagne et les États-Unis, une guerre qui avait porté une litanie de violences infinies. 

Le Japon, après sa défaite, avait accepté, au fil de textes durablement confirmés, de rompre avec ces temps antérieurs et de renoncer à tout usage de la force en-dehors de ses frontières. C'était désormais le seul pays au monde qui, dans sa Constitution élaborée sous l'occupation américaine, avait affirmé qu'il "renonçait à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ainsi qu'à l'usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux". Il était proclamé "qu'il ne serait plus jamais maintenu au Japon de forces terrestres, navales et aériennes". Avec cette affirmation péremptoire : "Le droit de belligérance de l'État n'est plus reconnu". 

Or, voici que, depuis peu, le gouvernement nationaliste de Shinzo Abe, sous l'effet des crises contemporaines, et peut-être du temps qui a passé, fonde son autorité et ses ambitions sur une remise en cause éclatante de ce principe. "Japan is back", s'écrie-t-il. Est-ce donc un coup de tonnerre ? 

Pierre-François Souyri, professeur honoraire à l'Université de Genève, étant un magnifique spécialiste de ce monde et de cette histoire, je l'ai convié pour que nous tâchions de considérer ensemble, à la lumière d'un passé infiniment violent, les sources, la dimension et les ressorts de cette possible résurgence, dont les conséquences pourraient être considérables.

Archives sonores 

- Interview d’une étudiante japonaise (à propos de l’enseignement de l’histoire au Japon), extrait de l’émission Interception de Simon Tivolle, reportage d’Alain Lewkowicz sur le Japon, diffusé sur France Inter, le 16 décembre 2001.

- « A bord du cuirassé Missouri, le Japon signe sa défaite », Les Actualités françaises, le 28 septembre 1945.

- Chanson « Les montagnes vertes » de 1949, interprétée par Kobe Ichirô et Aoyama Kazuko.

- « Centième anniversaire de l’ère Meiji », Inter-Actualités, le 23 octobre 1968.

- Chanson « Si je pars en mer » (hymne non officiel de la marine impériale), années 1930.

- Chronique hebdomadaire « Le Japon dans le monde », émission « Nippon » (de propagande en faveur du Japon), le 22 mai 1944.

Bibliographie 

- Pierre-François Souyri, Moderne sans être occidental. Aux origines du Japon d’aujourd’hui, Gallimard, 2016.

- Pierre-François Souyri, Nouvelle histoire du Japon, Perrin, 2010.

- Pierre-François Souyri, Les Guerriers dans la rizière. La grande épopée des Samouraïs, Flammarion, 2017.

- Michael Lucken, Les Japonais et la guerre, Fayard, 2013.

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
À venir dans ... secondes ...par......