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"La Pâtisserie Gloppe" (1889), de Jean Béraud, Paris, musée Carnavalet.

La Parisienne : splendeurs et misères

59 min
À retrouver dans l'émission

Le mythe de la Parisienne, entre le poids des traditions et la quête incessante d’une modernité, l'Histoire est-elle capable de s’en saisir sans que sa réalité glisse entre les doigts au point de se dérober à toute analyse concrète ?

"La Pâtisserie Gloppe" (1889), de Jean Béraud, Paris, musée Carnavalet.
"La Pâtisserie Gloppe" (1889), de Jean Béraud, Paris, musée Carnavalet.

Notre sujet, ce matin, appelle une justification spécifique. Il n’est pas illégitime de se demander si la figure dont nous allons parler a vraiment existé, selon quelque chose comme une unité. Ne serait-elle pas seulement le produit nuageux de fantasmes ambigus ? Quand je vous aurai dit qu’il va s’agir du mythe de la Parisienne, oui, la Parisienne depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours, vous admettrez la possibilité d'un doute initial. L’Histoire est-elle capable de s’en saisir sans que sa réalité glisse entre les doigts au point de se dérober à toute analyse concrète ? 

Avec l’aide d’Emmanuelle Retaillaud, je pense vous démontrer que cette inquiétude se dissipe dès lors qu’on se persuade que les perceptions, même concernant des objets qui peuvent sembler flous au premier abord, méritent toujours d’être considérées en elles-mêmes. Car les représentations en mouvement constituent, en soi, des faits aussi réels que les données les plus matérielles, qu’elles ne cessent d’ailleurs pas d’influencer. 

Emmanuelle Retaillaud est maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Tours et elle publie un livre stimulant et sagace sur ce thème de la Parisienne. Il concerne à la fois la littérature et les arts, les relations entre Paris et la province, le poids du monde extérieur en face de la France et de sa capitale, le jeu infini des modes et des apparences, et naturellement les relations entre les deux sexes, incluant la longue chronique des combats féministes. Le tout s'inscrivant entre le poids des traditions et la quête incessante d’une modernité. Mon invitée distingue dans la Parisienne, excusez du peu, je la cite, "une dimension de repère dans la tourmente, de totem protecteur, de figure cathartique et parfois de poupée vaudou". Voilà bien, n’est-ce pas ? un propos qui exige quelque lumière.

Archives sonores

  1. Chanson La Parisienne interprétée par Marie-Paule Belle (paroles de Françoise Mallet-Joris et Michel Grisolia).
  2. Extrait des Tableaux de Paris (1782-1788), de Louis-Sébastien Mercier (coiffures des Parisiennes), lu par Bernard-Pierre Donnadieu, sur France Culture le 15 novembre 1994.
  3. Lecture d'un poème d'Alfred de Musset Conseils à une Parisienne, par Michel Vignier sur France Culture, le 14 mars 1994.
  4. Extrait de l'acte III de l'Opéra bouffe La Vie Parisienne, d'Offenbach, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy (1866), interprétée ici en 1959 avec Simone Valère dans le rôle de Gabrielle.
  5. Chanson Une Parisienne à Panama, interprétée par Yvette Giraud en 1953, sur des paroles de Marc Heyral et Géo Bonnet.
  6. Interview de Coco Chanel par Sophie Dumoulin à propos de la mode du pantalon, sur France Inter le 23 juillet 1970.

Bibliographie

  • Emmanuelle Retaillaud, La Parisienne - Histoire d'un mythe - Du XVIIIème siècle à nos jours, Seuil, 2020. A paraître le 20 février.
  • Emmanuelle Retaillaud, Les Paradis perdus, drogues et usages de drogues dans la France de l'entre-deux-guerres, Rennes, PUR, 2009
  • Chapitre "Années folles" dans l'ouvrage collectif Les noms d'époque, NRF, Gallimard, 2020, sous la direction de Dominique Kalifa.
  • Christine Bard, Les garçonnes. Modes et fantasmes des années folles, Flammarion, 1988.
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