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 "Monsieur Lepic et ses filles traversant la place de la Concorde", Edgar Degas, 1875, Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg

La République, l'animal et nous

59 min
À retrouver dans l'émission

La question de la frontière entre l’homme et l’animal, celle de la responsabilité du premier dans les souffrances du second, ou plus généralement celle du droit des animaux, voilà des questions qui, avec le surgissement en 2016 du Parti animaliste, demeurent plus que jamais d'actualité.

 "Monsieur Lepic et ses filles traversant la place de la Concorde", Edgar Degas, 1875, Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg
"Monsieur Lepic et ses filles traversant la place de la Concorde", Edgar Degas, 1875, Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg Crédits : Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images - Getty

On peut y voir un bon signe des temps. Lors de l’épreuve de français du baccalauréat, l’année dernière, dans les séries S et ES, les candidats ont été invités à défendre, en s’appuyant sur divers textes littéraires, le principe d’une Déclaration solennelle des droits des animaux. Plus récemment, les élections européennes du mois de mai ont vu, à la surprise des observateurs, le tout neuf Parti animaliste, qui a été fondé en 2016, obtenir 2,2 % des suffrages exprimés, c’est-à-dire presque autant que le Parti communiste. Et cela sur le fond de tableau des protestations qui se multiplient et s’intensifient, dans une partie de l’opinion, contre, notamment, la chasse, la corrida, les vêtements en fourrure et les procédés barbares de certains abattoirs. 

"La Marquise de Pontejos", détail. Tableau peint par Francisco Goya vers 1786
"La Marquise de Pontejos", détail. Tableau peint par Francisco Goya vers 1786 Crédits : Photo : Francis G. Mayer/Corbis/VCG via Getty Images - Getty

Voilà donc bien un dossier qu’il nous fallait ouvrir, sous la lumière du long terme. Je veux dire : l’animal, la République et nous. Il va s’agir de considérer l’évolution des mentalités collectives dans ce domaine, en braquant une attention spécifique sur le temps des Lumières et sur le tournant des années révolutionnaires, un moment autour duquel beaucoup de choses pivotèrent. Quant au XIXe siècle, celui de l’âge industriel, si une prise de conscience de la sensibilité animale y progresse sans aucun doute, et si s’y discernent quelques prodromes de l’écologie moderne, nous en verrons aussi les ambivalences. 

Les interrogations se retrouvent d’âge en âge : la question de la frontière entre l’homme et l’animal ; la question de la responsabilité du premier dans les souffrances du second ; la question de notre rôle dans la pérennité ou l’effondrement de la biodiversité ; la question enfin des effets d’une cruauté spécifique envers les bêtes sur les brutalités de la société des humains, qui se trouve, de la sorte, toute entière concernée. 

Pierre Serna, mon invité, est professeur d’histoire de la Révolution française à l’Université de Paris-I-Sorbonne et il s’est emparé avec énergie et discernement de ce thème historiographique qui est riche en informations sur l’évolution des sensibilités collectives.

Illustration extraite des "Métamorphoses du Jour" (1829) du dessinateur Grandville
Illustration extraite des "Métamorphoses du Jour" (1829) du dessinateur Grandville Crédits : Bnf / Gallica

Archives

  1. Théodore Monod parle de la cruauté envers les animaux, extrait de l'émission "Les après-midis de France Culture", le 5 janvier 1976.
  2. Lecture du texte de Plutarque "S'il est loisible de manger la chair" dans ses Trois traités pour les animaux lu par Vincent Schmitt dans les "Nouveaux chemins de la connaissance" sur France Culture le 7 juin 2016.
  3. "Dialogue du chapon et de la poularde", de Voltaire, interprété par Jean-François Prévand au Théâtre de la Plaine, diffusé sur France Culture le 27 octobre 1979.
  4. Elisabeth de Fontenay lit l'article "Bêtes" du Dictionnaire philosophique de Voltaire dans l'émission "Vivre avec les bêtes" sur France Inter le 14 novembre 2010.
  5. "Il pleut, il pleut bergère", comptine de 1780 écrite par Fabre d'Eglantine et interprétée par Denise Benoît en 1962.
  6. Extrait du film de George Franju "Le sang des bêtes" (1949).
  7. Lecture de la Déclaration universelle des droits de l'animal proclamée à l'UNESCO le 15 octobre 1978, lue par Jérôme Kircher sur France Culture le 25 février 2006.
  8. Chanson de Bob Dylan "Man Gave Names To All The Animals.

Bibliographie

  • Pierre Serna, Comme des bêtes. Histoire politique de l'animal en révolution, Fayard, 2017
  • L'animal en République. Genèse du droit des bêtes 1789-1802, Anacharsis, 2016
  • Que demande le peuple ? Les cahiers de doléances de 1789. Textes inédits, Textuel, 2019
  • Jacques Leroy et Jean-Pierre Marguénaud, Code de l'animal 2019, Lexisnexis, 2019
  • Jean-Pierre Marguénaud, Florence Burgat, Jacques Leroy, Le Droit animalier, PUF, 2016
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