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Journaliste devant la caméra dans les années 1960

Le long décri des journalistes

59 min
À retrouver dans l'émission

Le flux des critiques qui se dirigent vers la profession des journalistes paraît s'enfler d'année en année. Ce décri n'est nullement apparu récemment. Au contraire, il est aussi ancien que les journaux eux-mêmes, depuis qu'ils sont nés au XVIIe siècle.

Journaliste devant la caméra dans les années 1960
Journaliste devant la caméra dans les années 1960 Crédits : Getty

Le flux des critiques qui se dirigent vers la profession des journalistes paraît s'enfler d'année en année et la crise que l'Histoire baptisera probablement du nom des gilets jaunes semble bien contribuer aujourd'hui, de divers côtés, à les exaspérer. 

Le sondage annuel que le journal La Croix réalise chaque année à ce sujet en offre le témoignage inquiétant. Inquiétant parce que comme les Pères de la Troisième République nous l'ont appris de longue main, la vitalité d'une presse libre constitue, avec l'instruction du peuple, l'un des deux piliers primordiaux d'une démocratie vivante. Lorsque les journalistes sont déconsidérés, c'est aussitôt cette démocratie qui s'affaiblit. 

L'émission de ce matin sera donc consacrée au long décri de la presse. Ce sera pour constater que celui-ci n'est nullement apparu récemment, mais au contraire qu'il est aussi ancien que les journaux eux-mêmes, depuis qu'ils sont nés, au XVIIe siècle. N'est-ce pas Balzac qui disait que si la presse n'existait pas, il ne faudrait sûrement pas l'inventer ? Je ne relève certainement pas cela pour nourrir je ne sais quelle résignation à l'inévitable, car cette attitude serait délétère. Mais l'idée s'impose que ce phénomène, qui a connu des hauts et des bas, a forcément des causes plurielles et évolutives, et que, par conséquent, l'examen de celles-ci peut révéler beaucoup, au-delà du phénomène lui-même, sur les régimes politiques successifs, sur l'équilibre des sociétés et sur les représentations qu'elles se donnent d'elles-mêmes, d'âge en âge. On pourrait même rêver (pourquoi pas ?) sous la lumière d'un passé chaotique, à l'esquisse de quelques solutions propres à améliorer les choses. 

Claire Blandin, mon invitée, est professeure à l'Université Paris-13 où elle enseigne l'histoire des médias. Elle s'est intéressée en particulier à la longue destinée du Figaro et elle appartient à l'équipe qui publie la précieuse revue intitulée Le Temps des médias

Archives sonores

- Chanson "Messieurs les journalistes" de Paul Misraki (paroles et musique), interprétée par Renée Lebas, 1948.

- Extrait de la conférence de Georges Duhamel intitulée "Radiophonie et culture intellectuelle", prononcée à l'Académie française le 25 octobre 1938. 

- Paul Vaillant-Couturier (à propos du journal L'Humanité fondé en 1904), au moment du Front populaire.

- Maurice Genevoix suivi de Roland Dorgelès (à propos des journaux du front), 1967.

- Jean-Paul Sartre (à propos du journal Libération), dans "Radioscopie" de Jacques Chancel, 1973.

Bibliographie

- Claire Blandin, Christian Delporte, François Robinet, Histoire de la presse en France (XXe-XXIe siècles), Armand Colin, 2016.

- Claire Blandin, Le Figaro littéraire. Vie d'un hebdomadaire politique et culturel (1946-1971), Nouveau Monde éditions, 2010.

- Marc Martin, Médias et journalistes de la République, Éditions Odile Jacob, 1997.

- Christian Delporte, Une histoire du syndicat national des journalistes (1918-2018), Nouveau Monde Edition, 2018.

Intervenants
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