LE DIRECT
Affiche vantant la suavité du parfum Atkinson à l'essence de rose blanche (XIXème siècle)

Les bonheurs du nez : odeurs naturelles et parfums artificiels

59 min
À retrouver dans l'émission

Entre douces fragrances et senteurs désagréables, nous allons parler ce matin de l'odorat aux XVIIIe et XIXe siècle, de l'odorat comme acteur et révélateur d’un imaginaire collectif.

Affiche vantant la suavité du parfum Atkinson à l'essence de rose blanche (XIXème siècle)
Affiche vantant la suavité du parfum Atkinson à l'essence de rose blanche (XIXème siècle) Crédits : History of Advertising Trust/Heritage Images/Getty Images - Getty

Rediffusion de l'émission du 2 janvier 2010

Dans les aéroports, en ces temps de fêtes programmées, c’est un curieux sujet d’observation que la ronde hésitante des cadres en voyage d’affaires à l’intérieur des magasins en duty free, comme on dit dans le jargon international, du côté des rayons où s’offrent tous les parfums. On les voit avec leur attaché-case, ou pour les plus modernes avec leur sac à dos, à la fois incertains dans leur choix et déterminé dans leur résolution à rapporter des flacons à toutes les dames de leurs pensées. Des flacons destinés à figurer dignement sous les sapins de Noël ou sur les assiettes des réveillons du Nouvel An. 

Que les anosmiques me pardonnent, nous allons parler ce matin de l’odorat confronté aux plus douces fragrances ou à quelques senteurs désagréables pendant les XVIIIe et XIXe siècles. Nous allons parler de l’odorat comme acteur et révélateur d’un imaginaire collectif, c’est à peu près le sous-titre du livre fameux qu’Alain Corbin, mon invité, a consacré jadis à ce sujet sous le titre Le miasme et la jonquille

Alain Corbin, qui a ouvert tant de voies originales dans le champ des sensibilités collectives, Alain Corbin, qui en l’occurrence a inspiré le roman de l’écrivain allemand Patrick Süskind, roman qui a connu un succès international sous le titre précisément Le Parfum, Alain Corbin qui excelle à éclairer les grandes questions des relations entre l’état d’une société et ses bonheurs physiques, ses équilibres affectifs et ses représentations sensorielles.    

Archives sonores

  1. Chanson « Ça sent la friture, ça sent la nature » de Battel et Mareze, interprété par Lys Gauty (1935).
  2. Interview de Mr Roubert, nez du parfumeur Houbigant, reportage de Max Petit diffusé le 18 juillet 1957.
  3. Interview de Monique Schlinger, fondatrice de la société "Cinquième sens", sur la composition des notes olfactives en parfumerie, extraite de l’émission « Les Nuits Magnétiques » sur France culture, diffusée le 16 décembre 1987.
  4. Chanson « La rue s'allume » de Louis Ducreux, interprété par Michèle Arnaud (1955).
  5. Publicité Monsavon, 1933.
  6. Jean Desailly lit le poème "La Chevelure" de Charles Baudelaire (1861), lecture extraite de l’émission « Une heure avec Pierre Lhoste » diffusée le 22 février 1967.
  7. Lecture d’un extrait de À rebours de Karl Joris Huysmans (1884), dans l’émission « Premières synthèses chimiques, le parfum » diffusée le 3 juin 1953.
  8. Coco Chanel parle de la naissance de son parfum « numéro 5 » (1921), interview extraite de l’émission « Lieux de mémoire » sur France Culture, intitulée « Numéro 5 de Chanel », diffusée le 2 janvier 1997.

Bibliographie

  • Alain Corbin, Le miasme et la jonquille : l'odorat et l’imaginaire social, XVIIIe-XIXe siècles, Aubier, 1982, réed. Flammarion, coll. "Champs".
  • Alain Corbin, L'Harmonie des plaisirs : les manières de jouir du siècle des Lumières à l’avènement de la sexologie, Perrin, 2008.
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......