LE DIRECT
Deux militaires américains devant une enfant symbolisant Cuba ("Cuba Libre", 1898)

Les Etats-Unis et Cuba : la force du faible

59 min
À retrouver dans l'émission

Depuis la fin du XIXe siècle au moins, la relation entre les Etats-Unis et Cuba a été marquée par de nombreux moments de tensions extrêmes et beaucoup d’incompréhensions mutuelles, parmi un tourbillon de passions et d’intérêts entremêlés.

Deux militaires américains devant une enfant symbolisant Cuba ("Cuba Libre", 1898)
Deux militaires américains devant une enfant symbolisant Cuba ("Cuba Libre", 1898) Crédits : F.W.Guerin, via Library of Congress

Durant un demi siècle, les relations ont été exécrables entre les Etats-Unis et Cuba – Cuba qui n’est distante que de 150 kilomètres de la côte américaine. Et voici que depuis quelques semaines on assiste à un soudain réchauffement diplomatique dont on n’avait pourtant guère aperçu jusqu’alors de sérieux prodromes. Barack Obama et Raoul Castro, les deux chefs d’Etat, ont en effet annoncé leur volonté de normaliser à court terme leurs relations. L’intervention du Vatican, renouant avec une ancienne tradition d’efficacité diplomatique en Amérique latine, semble avoir été féconde. Celle du pape argentin François, celle de son secrétaire d’Etat Parolin, ancien nonce au Venezuela, et surtout celle, éminente (c’est le cas de la dire), du cardinal archevêque de La Havane, Monseigneur Jaime Ortega.

Mais comme bien l’on pense, cette efficacité n’a pu se déployer que parce qu’un certain nombre de facteurs ont joué dans le même sens, dans l’ordre politique comme dans l’ordre économique. Et cela sur un fond de tableau qui s’est trouvé ainsi qu’il advient toujours, puissamment modelé par l’histoire, depuis la fin du XIXe siècle au moins, qui a vu le colonisateur espagnol délogé de Cuba par la jeune puissance américaine. Une durée qui a été marquée par de nombreux moments de tensions extrêmes et beaucoup d’incompréhensions mutuelles, parmi un tourbillon de passions et d’intérêts entremêlés qui ont fait surgir bien des personnalités hautes en couleur dont Fidel Castro n’est pas la moindre. Yves Saint-Geours , mon invité, qui a été notre ambassadeur au Brésil, est aussi un historien reconnu de l’Amérique latine :je l’accueille donc avec une gratitude anticipée pour la lumière qu’il va, à coup sûr, nous apporter. Jean-Noël Jeanneney

*Programmation sonore : *

- Chanson « Cuba si, Yanquis no » , par Carlos PUEBLA.

- Chanson « Cuba Libre » , par Jerry SILVERMAN.

- Extrait du documentaire « Cuba si » de Chris MARKER , sorti en 1961.

- Extrait d’un discours de Fidel CASTRO .

*- Interview d’un Cubain anti-castriste * (à propos du débarquement dans la Baie des Cochons), diffusé en 1963.

Bibliographie

*- Jean-Pierre CLERC, *Fidel de Cuba ** , Ramsay, 1988.

*- Manuela SEMIDEI, *Les Etats-Unis et la Révolution cubaine (1959-1964) ** , Armand Colin, 1968.

*- Alain TOURAINE, *La parole et le sang. Politique et société en Amérique latine ** , Odile Jacob, 1988.

*- François CHEVALIER (dir.), *L’Amérique latine de l’indépendance à nos jours ** , Nouvelle Clio, 1993.

*- Yves SAINT-GEOURS et Marie-Danielle DEMELAS, *La vie quotidienne en Amérique latine au temps de Simon Bolivar ** , Hachette, 1987.

Intervenants
  • Historien de l'Amérique latine et ancien ambassadeur de France à Brasilia
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......