LE DIRECT
Mai 1968. La Voix de son maître (Ch. de Gaulle), Comité Ecoles d'art : (affiche) / (non identifié)

Les présidents offensés

58 min
À retrouver dans l'émission

L'histoire des offenses au Chef de l’État et de leur éventuelle répression, informe sur les équilibres et les déséquilibres des systèmes politiques qui organisent la vie publique, mais en République où il n'est plus question de lèse-majesté, que réprime-t-on et comment ?

Mai 1968. La Voix de son maître (Ch. de Gaulle), Comité Ecoles d'art : (affiche) / (non identifié)
Mai 1968. La Voix de son maître (Ch. de Gaulle), Comité Ecoles d'art : (affiche) / (non identifié) Crédits : Bnf / Gallica

Emmanuel Macron, depuis son accession à la présidence de la République, a reçu son lot d’injures, signées ou anonymes, selon un rythme qui s’est accéléré durant la crise des gilets jaunes. 

Internet en facilite l’expression, mais la litanie n’en est pas moins fidèle à des précédents quasiment infinis. Voilà bien un phénomène que l’on aurait tort de négliger en en rejetant la chronique du côté du fétide ou du dérisoire. 

Car l’histoire des offenses au Chef de l’État et de leur éventuelle répression, celle-ci grandement variable d’une époque à l’autre, informe sur les équilibres et les déséquilibres des systèmes politiques qui organisent la vie publique. 

En monarchie, le prince est considéré traditionnellement comme inviolable, pour ce qu’il est et pour ce qu’il incarne. En République, il n’est plus question de lèse-majesté. La liberté de la presse et la liberté d’expression sont à son fondement même. 

Mais celles-ci n’excluent pas pour autant un respect minimum envers l’homme ou la femme qui a été choisi sans contrainte par le peuple en ses comices et qui doit le représenter dans sa dignité. Réprimer l’offense au chef de l’État, c’est aussi, après tout, défendre ce peuple lui-même à travers l’honneur de son représentant suprême. 

Mais réprimer quoi, et comment ? Il s’agit là d’une part de la difficile définition de l’insupportable et, d’autre part, des voies et moyens d’une éventuelle punition : c’est-à-dire de la responsabilité respective, en ce domaine, du pouvoir exécutif et de l’autorité judiciaire. Nous pouvons trouver là un précieux sismographe, révélateur des affrontements politiques, de leur nature et de leur intensité. 

C’est ce que démontre brillamment, dans un livre qu’il publie ces jours-ci, Olivier Beaud, mon invité, professeur de droit public à l’Université Panthéon-Assas, Paris II, un juriste qui se fait historien - et vous ne douterez pas, j’imagine que, dans ma bouche, c’est un compliment. 

Archives sonores

  1. Interview d'Hervé Eon à propos de l'affaire du "Casse-toi pauv'con" au journal de 13h sur France Inter le 14 mars 2013.

  2. Discours sur la liberté de la presse de Royer-Collard prononcé en 1822, lu par George Claisse sur France Culture le 19 février 2014.

  3. Chanson "Le pyjama présidentiel", paroles de Lucien Boyer, interprétée par Robert Rocca en 1962.

  4. Extrait du discours du président Albert Lebrun le 14 juillet 1939 à la Fête nationale du vin à Montpellier, suivi de la chanson "Le toast du président" interprétée par Vincent Hyspa en 1933.

  5. Pierre-Jean Vaillard, chansonnier et humoriste, s'exprime au théâtre des Deux-Ânes en 1964. 

Bibliographie

  • Olivier Beaud, La République injuriée : histoire des offenses au chef de l'Etat de la IIIe à la Ve République, Puf, 2019.
  • Olivier Beaud, Libertés universitaires à l'abandon ? Pour une reconnaissance et entière de de la liberté académique, Paris, Dalloz, 2010.
  • Jean Garrigues, La République incarnée. De Léon Gambetta à Emmanuel Macron, Perrin, 2019.
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......