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Le 28 octobre 1918 à Prague. Proclamationde la république tchécoslovaque.

Les Tchèques et les Slovaques : aux sources d'un nationalisme

59 min
À retrouver dans l'émission

Le succès électoral d’un milliardaire populiste aux élections législatives d’octobre dernier en République tchèque et la progression inquiétante d’un mouvement ouvertement néo-nazi en Slovaquie invitent à s’enquérir des sources lointaines d’un nationalisme contemporain.

Le 28 octobre 1918 à Prague. Proclamationde la république tchécoslovaque.
Le 28 octobre 1918 à Prague. Proclamationde la république tchécoslovaque.

A trois reprises, au cours du XXe siècle, l’Europe occidentale a regardé avec angoisses dans la direction de la Tchécoslovaquie. Ce fut au moment de la crise de Munich, en septembre 1938, lorsque l’Angleterre et la France abandonnèrent cette toute jeune démocratie à la concupiscence d’Hitler. Ce fut en 1948, lorsque l’URSS, au début de la Guerre froide y imposa son pouvoir totalitaire. Ce fut enfin en 1968, lorsque Moscou écrasa sous ses chars le « printemps de Prague » qui avait porté l’espérance d’une libéralisation du système communiste. Aujourd’hui, vingt-huit ans après la chute du mur de Berlin et l’effondrement  de l’Empire soviétique, vingt-quatre ans après la scission intervenue entre la République tchèque et la Slovaquie, treize ans après l’entrée de l’une et de l’autre dans l’Union européenne, l’opinion publique, en France, ne porte plus vers elles qu’une attention quelque peu intermittente. Mais voici que, ces derniers temps, les regards se sont tournés spécifiquement vers Prague, lorsqu’on a appris le grand succès électoral d’un milliardaire populiste, Andrej Babis, aux élections législatives d’octobre dernier. Quant à la Slovaquie, on y relève la progression inquiétante d’un mouvement ouvertement néo-nazi. Donc il est temps de se mettre en quête, comme toujours, en période de crise, des mémoires entrelacées de ces deux nations sur la longue durée, marquées par la succession des forces de cohésion et de dissociation, par les défaites et par les courages, par les ouvertures et par les crispations, bref de s’enquérir des sources lointaines d’un nationalisme contemporain propre à freiner dans cette partie de l’Europe, un effort collectif qui conduise vers plus d’unité du continent. J’ai convié pour explorer ce passé, qui est gros de notre actualité, Antoine Marès, professeur à la Sorbonne, Paris 1, et directeur du Centre d’Histoire de l’Europe centrale. Sa compétence va, j’en suis sûr, nous éclairer. Jean-Noël Jeanneney

Programmation sonore :

- Interview de Vaclav Havel, président de la Tchécoslovaquie, dans Inter-actualités, le 28 octobre 1992.

- Lecture d’un texte du jésuite Bohuslav Balbin sur la défense de la langue tchèque, vers 1670, sur France culture, le 20 mai 1981.

- Interview de l’écrivain Milan Kundera, sur France musique, le 22 février 1988.

- Déclaration de Thomas Mazarik, en 1928.

- Revue de presse du 15 mars 1939 (PTT).

- Interview du président tchécoslovaque Edvard Benès, le 1er septembre 1945.

- Musique de notre générique : Smetana, « Ma Vlast » (Ma Patrie), « Vltava », par l’orchestre de la Philharmonie tchèque de Prague en 1999.

Bibliographie : 

- Antoine Marès, Histoire des pays tchèques et des Slovaques, Perrin, Tempus, 2005.

- Antoine Marès, Edvard Benès. Un drame entre Hitler et Staline, Perrin, 2015.

- Antoine Marès et Alain Soubigou, L’Europe centrale dans l’Europe du XXe siècle, Ellipses, 2017. 

Intervenants
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