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Christine Pourcel et David Bikard

Que se cache-t-il sous Crispr-CAS9 ?

56 min
À retrouver dans l'émission

CRISPR-Cas9 est un mécanisme bactérien qui permet de modifier à volonté le patrimoine génétique des organismes vivants.

Christine Pourcel et David Bikard
Christine Pourcel et David Bikard Crédits : Bruno Ganiayre - Radio France

Tout commence, en 2012, par la découverte et la mise au point d’un nouvel l’outil d’ingénierie génétique. C’est le fruit du travail conjugué de deux biologistes. Jennifer Doudna, de l’université de Berkeley, et de la française Emmanuelle Charpentier, de l’Institut Max-Planck à Berlin. Le nom de cette technique : Crispr-CAS9. Dont l’acronyme développé, en français, signifie « Courtes séquences palindromiques répétées, groupées et régulièrement espacées ». Ce sont de nouveaux « ciseaux moléculaires ». Ils permettent de remplacer un gène à son emplacement précis dans le chromosome. C’est donc une technologie qui, en d’autres termes, revient à insérer ou éliminer un gène comme un simple copier-coller. (« Gene editing », en anglais.) Cette technique révolutionne complétement l’ingénierie génétique. Cela en permettant d’effectuer, en quelques jours seulement, des modifications qui, auparavant, prenaient beaucoup de temps. La communauté scientifique a pris acte que cette technologie sur l’« édition » du génome ouvrait des perspectives vertigineuses. Ainsi, à l’initiative des Académies nationales de sciences et de médecine des Etats-Unis, s’est tenu à Washington un sommet international, en décembre 2015. Son but, réfléchir sur les conséquences que peut connaître la diffusion de Crispr-CAS9. En particulier sur la modification du génome humain. Elle ouvre, en effet, des perspectives très puissantes de traitements des maladies. Mais les risques sont tout aussi considérables. Aussi, aujourd’hui, la communauté scientifique est divisée, quant à l’évaluation des risques par rapport aux bénéfices. Pour certains critiques, c’est la « civilisation » elle-même qui est en jeu si rien n’est fait pour interdire, à l’échelle de la planète, les expériences sur les cellules germinales. Elles pourraient aboutir à des modifications transmissibles aux enfants et aux futures générations. On se trouverait alors face à la création d’humains génétiquement modifiés. N’est-il pas nécessaire d’associer le public à toutes ces interrogations ? C’est à ces dernières que Culture Sciences à dévolue cette entière semaine.

Invités : Christine Pourcel et David Bikard, Biologistes

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