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Didier Pemerle, 1987

À la recherche de Didier Pemerle

1h
À retrouver dans l'émission

Didier Pemerle apparaît à l’orée des années 1970 sur la scène littéraire en tant que jeune romancier des plus prometteurs.

Didier Pemerle, 1987
Didier Pemerle, 1987 Crédits : Gertrude Vallas

Par Christian Rosset, réalisation Gaël Gillon

Mixage Alain Joubert

Le nom de Didier Pemerle apparaît en 1970 sur la couverture d’un roman : Assise devant un décor de tempête est, selon son éditeur, “beau comme la rencontre de Lautréamont et de Tex Avery au pays de James Bond”. En 1973, l’année de ses trente ans, il publie Un monument au Mont Gerbier de Jonc, roman d’anticipation, plus sombre, se déroulant dans un décor post-apocalyptique, aussitôt repéré par des personnes aussi différentes qu’Henri Thomas, Alain Robbe-Grillet ou Jean-Claude Montel (qui le fait entrer dans le collectif de la revue Change où il rejoint notamment Jean-Pierre Faye et Jacques Roubaud). C’est lors d’une manifestation de ce collectif que l’on se rencontre début 1976 (j’ai tout juste vingt ans, il en a douze de plus). Une collaboration pour l’Atelier de Création Radiophonique (A.C.R.) de France Culture est aussitôt envisagée. Ce sera Charpie en 1978. P.O.L. publiera l’année suivante son troisième livre, Il tombe. Un deuxième ACR, Litières, tournera autour de l’impossible adaptation de ce texte singulier, cherchant des moyens purement radiophoniques d’en faire quelque chose d’autre (Yann Paranthoën, amicalement proche, en effectuera les prises de son et le mixage alors qu’il a déjà pris distance avec l’équipe de l’émission). Puis ce seront les années 1980 qui ont été, comme on ne le sait que trop, le temps des grandes dispersions : fin des avant-gardes et fuite en avant dans le chacun pour soi. Au milieu de cette décennie, Didier Pemerle publiera en 1985 À trois jours de moi dont Bernard Noël fera un compte rendu enthousiaste dans le Monde des livres (sous le titre “Un lieu d’air” : “Il me semble qu’aucun livre ne crée pareil état de solitude. Rien de sinistre, au contraire, car cette solitude vous y êtes comme poisson dans l’eau. Elle a même une saveur et de l’humour”). La même année, Pemerle écrit directement pour l’A.C.R. Laissez-moi mourir (soutenu principalement par la voix de Jean-Pierre Cassel). Puis l’irréparable arrive : Thomas, son fils unique, personnage central de ses écrits (secrètement autobiographiques), qu’il a élevé seul – mais pas toujours – pendant plus de dix années, décède en 1987. Tout ce qu’il écrira par la suite sera traversé par cet événement, transposé de manière parfois tellement inquiétante et si profondément dérangeante, que les éditeurs, tout en en reconnaissant la valeur littéraire, refuseront de le publier. Il trouvera alors en la radio un lieu d’expression plus direct. La journée du retour (A.C.R., 1988), répondant à une commande d’écriture d’histoire de fantôme, en sera un temps fort. D’autres travaux en collaboration – une dizaine – suivront. Cela fait cependant plus d’une dizaine d’années que la voix de Didier Pemerle n’a ressurgi sur les ondes de France Culture (qu’il n’a pas seulement hantées du côté de l’A.C.R., mais aussi des “Nuits magnétiques”, de “Surpris par la nuit” et des émissions du Programme musical). D’où cette recherche…

Didier Pemerle, Métro Iéna, 1981
Didier Pemerle, Métro Iéna, 1981 Crédits : Yves Deloule

Une rencontre récente m’a convaincu de relancer ce travail d’échanges qui m’apparaît des plus urgents à frotter au temps présent, en jouant par montage entre un nouvel entretien très fouillé (agrémenté de quelques brèves lectures d’inédits) et des fragments variés pris dans certaines archives remises en jeu, afin de proposer un portrait le plus fidèle possible de cet être singulier, traversé tant par l’humour le plus explosif que par le tragique (mais jamais donné en tant que tel : l’émission gardera toujours une forme de légèreté, quoiqu’il se dise d’intime – car, pour la première fois, Didier Pemerle désire relier son travail littéraire à sa biographie, entremêlant ainsi quête de vérité et exercice de la fiction, ce qui témoigne de la plus grande exigence possible en “création radiophonique”).

Livres de Didier Pemerle
Livres de Didier Pemerle Crédits : Christian Rosset

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Entretiens avec Didier Pemerle à Antony, le 20 février 2017. Et à la Maison de la radio, Paris, le 23 février 2017.

Textes inédits de Didier Pemerle, lus par Emmanuelle Marchadour et l’auteur.

Musiques :

Parcheminées (1976-2017) – création de Christian Rosset

Most Of The Time de Bob Dylan

Avec de brefs fragments – remontés / remixés – d’émissions conçues et réalisées dans le cadre de l’Atelier de Création Radiophonique de France Culture : Charpie (1978), Litières (1979), Laissez-moi mourir (1985) et La journée du retour (1988). Voix : Jany Gastaldi, René Farabet, Jean-Pierre Cassel et Annie Bertin. Équipes de production et de réalisation : Marie-Dominique Arrighi, Danièle Bizien, Jean-Yves Bosseur, Monique Burguière, Annie Delers, René Farabet, Marie-Ange Garrandeau, Yann Paranthoën, Alain Trutat, Yvette Tuchband. Merci à Arnaud Touveron, documentaliste.

Programmes de l'A.C.R
Programmes de l'A.C.R Crédits : Christian Rosset

Rencontre avec Didier Pemerle | Blog Le Bélial'

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