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Les muscles font leur travail

Les muscles font leur travail

58 min
À retrouver dans l'émission

Amour et déboires amoureux

Les muscles font leur travail
Les muscles font leur travail Crédits : Arno Fabre

Une création d'Arno Fabre et Dominique Strée, réalisation Thomas Dutter

Technique : Éloi Royer

Producteurs-coordonnateurs : Philippe Langlois et Franck Smith

Compositeurs : Julien Kaliski et Christophe Ruetsch

Nous nous sommes rencontrés autour du déboire amoureux, du partage de nos peines. De ce plaisir à être ensemble, à se parler, nous avons produit une matière prolifique et disparate de mots, d'images et de sons. Une matière en perpétuelle transformation que nous avons suivie jusqu'à cette pièce radiophonique, quelque part entre fiction, documentaire, poésie et lettre d'amour.

C'était en 2003. Vu d'aujourd'hui, je ne me souviens pas de la souffrance amoureuse. Mais je me rappelle des ballades et de nos échanges. On se parlait intimement au lieu d'aller boire des bières, dans un partage semblable, dit-on, à celui qu'ont les filles entre elles pendant que les garçons jouent au foot.

Avec

Les confessions de Patricia C.

Les interviews de Vincent Cespedes, philosophe, Henry Chabrol, psychiatre, Philippe Strée, kinésithérapeute

Les lectures de Frédérique Loutz, Guillaume Gilliet, Andréa Schieffer, Jean-Paul Jourdaa

Les voix d'Arno Fabre, Dominique Strée, Philippe Langlois et Franck Smith

Textes

Dominique Strée

Les muscles font leur travail
Les muscles font leur travail Crédits : Arno Fabre

Extraits des textes lus

Samedi dimanche lundi mardi mercredi jeudi vendredi samedi aujourd’hui samedi vêtu de pluie salée (J’ai eu envie de barrer ça et je l’ai pas barré).

Puis. Soudain. Dessous la nappe, une flaque d’amour. Floc. Floc. Floc. Goutte à doute jusqu’à 6 pieds sous terre. Sous elle. Souffrance. Sous le coton, je cours sur ton ventre. Tu.

Toi qui m’a dit. Prends mon corps comme une orange, un sourcil, une longitude.

Ci-gissent six jours.

Sous les draps. Elle s’avance. Puis plus rien.

Aucun sens (je caresse mes peurs). Aucun bruit (à marée basse, le manque me ). Aucun signe (la croix, à peine). Je respire du sang (avec la cuillère racle la casserole). (Que veux-tu de moi) ma vie (une inondation). Un carton d’invitation (sans queue ni tête).

Je dis aux amis qu’ils ne

M’attendent plus qu’ils ne

M’appellent plus je suis vide

De mon sens je ne répond

Plus je ne coule pas je

Flotte je dérive je lâche prise

Je me fous du reste je pose

Ma tête sur une poutre

Qui passe je pleure j’ai

Les yeux secs je suis faible

Obscurcit de tout rien

Ne reste en place je vais

Je viens somnambule

J’agresse je ne parle plus

Je gueule je tends une

Main je crache des mots

Mon corps est là sans

Douceur sans douleur

Je le néglige trop souvent il ne

M’en veut pas il se

Disloque c’est tout

J’ai coupé les gaz. Pourtant, le train ne s’arrête pas. Le train ne s’arrête pas. Pourtant. Ne s’arrête pas. Il est enflé, gonflé de vitesse, aspiré par la peur de mourir sur place, de mourir immobile.

J’avance. Un genou se lève, puis l’autre, les muscles font leur travail.

Site d'Arno Fabre

Christophe Ruetsch | SoundCloud

Site de Dominique Strée

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