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Jean-Pierre Goux dans son atelier, 1986

L’indécidable histoire de Monsieur Snob

1h
À retrouver dans l'émission

La notoriété d’un artiste ou sa reconnaissance par le monde de l’art vont de pair avec la visibilité de son œuvre, de son personnage. Deux questions se posent : reconnaît-on en tant que telle une œuvre qui persiste à demeurer cachée? Peut-on accorder quelque crédit esthétique à une œuvre invisible?

Jean-Pierre Goux dans son atelier, 1986
Jean-Pierre Goux dans son atelier, 1986 Crédits : Martine Goux

De Marc Vaudey, réalisation Lionel Quantin

Prise de son : Marc Garvenes

Prise de son studio et mixage : Manuel Couturier

Frenhofer – l’auteur du Chef-d’Œuvre inconnu dans la nouvelle éponyme de Balzac restera toujours moins connu que Poussin, autre personnage de cette nouvelle. Ainsi, un artiste vivant reclus est-il susceptible d’acquérir de son vivant une certaine notoriété ? Cependant, tous les artistes souhaitent-ils une quelconque notoriété ? Et celle-ci réside-t-elle dans le regard des spectateurs, des collectionneurs, des institutions ? Mais plus important, comment comprendre l’acte créatif lorsque l’Œuvre semble réservé à l’atelier ? Comment imaginer, que l’Œuvre demeure caché, réservé, masqué, invisible ?

Jean-Pierre Goux vit dans le département du Gers, au cœur d’une campagne agraire peu peuplée. Est-il le stratège désinvolte de l’éloignement de soi correspondant à une nécessité créatrice ?

S’il vécut à Paris jusqu’au milieu des années soixante-dix, c’était au XXème siècle. Il y croisa et fut entre autre l’ami du photographe Gilles Ehrmann, du poète Gherasim Luca, du peintre Claude Garache ou de la critique d’art Anne Tronche. Il fréquenta également des comédiens et des comédiennes qui ont marqués le cinéma français dans l’après de la Nouvelle vague. Enfin, s’il installa son bureau dans une grande brasserie du Boulevard du Montparnasse (non loin de son atelier d’alors, rue Delambre), il est, paradoxalement, aujourd’hui comme par le passé resté loin de toutes les civilités comme des mondanités subtiles qui entretiennent à la fois la vérité et la fiction du monde de l’art.

Pourtant, bien qu’éloigné du monde, bien que ne revenant que très rarement à Paris, bien que son œuvre ne soit pratiquement plus montrée, Jean-Pierre Goux continue à peindre, à lire, à chercher, à dire et à montrer l’énigme propre au for intérieur.

M. Snob article paru dans l’hebdomadaire « Le nouveau Candide », 1964
M. Snob article paru dans l’hebdomadaire « Le nouveau Candide », 1964

Ce projet radiophonique vise à restituer un quotidien autant réel qu’imaginé… Pour le son : « la campagne, pas de cigales (c'est dans le sud-est les cigales), des grenouilles, des oiseaux très nombreux, des chiens lointains, des tracteurs, le bruit parfois des arroseurs, dans le fond très peu de mouches en bruit de fond parfois des avions, des hélicoptères, des machines agricoles aussi. Et quelques bruits et cris en écho au cinéma. Le souvenir de quelques lectures, de la musiques autrefois écoutée, de conversations latentes, fragmentées ou suspendues…»

Le caractère facétieux de Jean-Pierre Goux n’échappera pas à qui observe l’artiste avec un peu d’attention. S’il a été et demeure facétieux, à différents degrés, s’il s’est attribué subrepticement un rôle de personnage détaché de tout mais sans suffisance, homme de culture exigeant, humaniste misanthrope, snob parfois et de temps en temps fanfaron incrédule ou parfois amnésique, il demeure cet être dont l’art (et l’art de vivre) se révèle au travers d’agencement divers, d’artefacts (facéties) explorant la part obscure de la quiétude. Il s’est attaché dans ses œuvres à ne pas résoudre, à ne jamais répondre à ce que l’on pourrait nommer : la question intérieure. Cela constitue le fil d’un destin artistique n’ayant jamais quitté les territoires profonds et inconnus de la création en adoptant indéfectiblement, à l’égard de la société comme du quant-à-soi, une stratégie de la distance.

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Image numérique 0002 Crédits : Jean-Pierre Goux

Extraits de :

Le noir cible le blanc de Anne Tronche, Opus International n°104, Paris, printemps/été 1987.

La boutique la plus snob de Paris, anonyme, hebdomadaire Le Nouveau Candide, Paris, 1964.

Avec :

Jean-Pierre et Martine Goux

Jean-Pierre Kalfon, comédien

Françoise Lacoste, programmatrice des expositions Espace Croix Baragnon, Toulouse

Hélène Garache, artiste

Éric Galfard, galeriste et collectionneur

Textes lus par Geneviève Duverne

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Image numérique 13_09_03 Crédits : Jean-Pierre Goux
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