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Informations boursières prise en photo par un investisseur à Fuyang en Chine

Discrédit sur la compétence économique des leaders chinois

3 min
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De krachs boursier à répétition en réponses inappropriées, les autorités chinoises ont perdu leur aura auprès des marchés financiers, et des chinois. Le modèle chinois de "market authoritarianism", marché autoritaire, aurait-il atteint ses limites?

Informations boursières prise en photo par un investisseur à Fuyang en Chine
Informations boursières prise en photo par un investisseur à Fuyang en Chine Crédits : Reuters

Les mandarins n’ont plus la côte auprès des marchés financier

L’économie, c’est d’abord une affaire de confiance, or en six mois de débâcle boursière, les dirigeants chinois ont perdu beaucoup de leur aura auprès des investisseurs étrangers. Très emblématique, le patron de Goldman Sachs a déclaré cet automne au Wall street journal qu’il n’investirait pas en ce moment en Chine.

Jusqu’à maintenant, le discours dominant à la City de Londres, Singapour ou New York, c’était:

  • que les technocrates chinois sont forts...

  • voyez comment ils concilient économie administrée et commerce mondial

  • comment ils ouvrent tout en douceur leurs marchés financiers,

  • ils savent quoi faire, le disent et le font…

De la part de milieux financiers prônant le laisser faire en occident, cette admiration pour les plan quinquennaux chinois était même assez étrange et encouragée d'ailleurs par la propagande officielle chinoise, vidéo clip psychédélique à l'appui, chantant les mérites de son 13ème plan quinquennal.

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Depuis le krach de cet été, les dirigeants chinois ont paru désemparé. La dévaluation mal maîtrisée du yuan, le rachat d’action par des fonds publics pour enrayer artificiellement la baisse des cours, l’indifférence affichée du président Xi Jinping déclarant devant le parti communiste chinois le lundi noir du 24 août, que l’urgence c’était d’inculquer les valeurs marxistes aux tibétains, alors que la bourse s’effondrait.

Comme le dit le gérant d'un fond spéculatif cité par le Financial Times, tout cela a fait réaliser aux investisseurs, que "comme nous, les dirigeants chinois parfois ne savent pas ce qu’ils font". C'est plus savoureux encore en anglais: 

"like many of us, sometimes, they don't have a clue *

Une perte de confiance qui s'étend

Les principaux actionnaires des bourses qui s’effondrent, ce sont des chinois; les étrangers ne représentent quasiment rien à la bourse de Shanghai. On parle de 100 millions de petits porteurs dont certains ressortent totalement ruinés par la dégringolade boursière. Outre la finance, d’autres secteurs de l’économie chinoise sont malades. On nous parle d’une croissance de 7%, qui pourrait nous nous faire rêver, mais ce chiffre, officiel, est sujet à caution, et c'est une moyenne.

Certains secteurs sont en croissance, les services notamment, mais d’autres sont en surcapacité, notamment dans l'industrie d'exportation, si bien que des secteurs, des régions sont aujourd’hui en récession. Là aussi la confiance en les autorités pour régler le problème s’est érodée, les annonces de milliards d’investissement public ne font plus illusion, d'autant moins que ce type de remède a été utilisé maintes fois depuis 2008, qu'il a conduit à ses surcapacités de production et a donc accentué le problème.

Tournant économique et POLITIQUE

Car le contrat passé entre le peuple chinois et ses dirigeants, c’était en gros, comme me l'a résumé un professeur de stratégie qui a enseigné en Chine, « vous nous laissez gérer de façon autoritaire et vous allez faire du pognon » . Cela a marché pendant 30 ans, des fortunes colossales ont émergé, mais devenir riche et vite, c'est du passé comme l’ont constaté les boursicoteurs. Les régimes de faveur, la noblesse rouge, cela agace de plus en plus les Chinois.

Je ne prédis pas un soulèvement populaire et un renversement du PC chinois cette année Guillaume, mais avec la perte de confiance, ce contrat social implicite est mort, et l'économie de marché autoritaire, "market authoritarianism", comme on le dit en anglais, vacille.

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