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Tony Allen en concert hommage à James Brown à Londres en Avril 2008.

Exploration de l'Afrique et l'Afrobeat avec l'immense batteur Tony Allen

54 min
À retrouver dans l'émission

Exploration avec Tony Allen, le batteur et créateur de l’afrobeat aux côtés de son compatriote Fela Kuti, de quelques frontières du jazz : quand le jazz détisse son métissage pour mieux se l’approprier… cap sur l’Afrique avec une légende de la musique.

Tony Allen en concert hommage à James Brown à Londres en Avril 2008.
Tony Allen en concert hommage à James Brown à Londres en Avril 2008. Crédits : Howard Denner - Getty

Aujourd'hui, dans Culture Musique, le jazz revient donc en Afrique sur les percussions d'un maître du rythme disparu au cœur de l'été. Il s'appelait Doudou N'diaye Rose. Il était né en 1930 dans une famille de griots du Sénégal. Très jeune, il avait sillonné le pays de village en village pour recueillir auprès des anciens, le langage des percussions. Ce langage que tout le monde connaissait alors, et dont la précision tenait lieu de porte-voix. Comment annoncer le départ d'un feu de brousse, une morsure de serpent, la dangerosité du serpent concerné ou la joie d'un époux de retrouver sa femme. Doudou N'diaye Rose avait croisé maintes fois les chemins du jazz. Il avait joué avec Dizzy Gillespie ou Malzéville. C'était un maître, un mathématicien du rythme, à la tête d'orchestres géants, de dizaines de percussionnistes. Aujourd'hui, donc, dernier territoire du jazz, le retour en Afrique à travers un travelling qui ira des années 60 à aujourd'hui à la recherche du rythme. Bienvenue au Nigeria et place à l'afro beat l'afro-beat.

L'Afro-beat, dont le maître des Forges, l'inventeur du rythme, le batteur Tony Allen, sera le guide dans cette histoire.

Tony Allen
Tony Allen

Je suis musicien, batteur et compositeur. A l'époque, dans les années 60 au Nigéria, la musique était partout dans ce pays. J'ai grandi au milieu de ça. Depuis les musiques locales jusqu'au jazz, au tango, au foxtrot, au Quick-Step... La musique était partout. Il y avait beaucoup de clubs à l'époque. Ça existe moins aujourd'hui, mais à l'époque, j'y allais tous les soirs. J'étais dingue de musique, notamment de jazz. J'écoutais Voice of America. Certains soirs, j'enchaînais trois clubs dans la même soirée. Les groupes jouaient, ce n'était pas encore la mode des DJ. Moi, je n'avais d'yeux que pour la batterie. C'était le seul instrument qui m'attirait. Je m'exerçais à reproduire les rythmes du highlife, la musique qu'on écoutait alors. 

La rencontre Fela Kuti - Tony Allen

Fela Kuti, fils de bonne famille né en 1938, était allé étudier la musique à Londres dans les années 50. De retour à Lagos, ce saxophoniste se cherchait alors un batteur. Tony Allen, raconte, la rencontre :"J'ai joué dans plein de groupes avant de rencontrer Fela. On jouait de tout, du jazz, du highlife, mais pas de Djudju. Jazz, tango, mambo... Toutes les musiques du monde. Des musiques qui venaient surtout de l'Ouest et d'Amérique du Sud. C'était de la musique pour danser. Les gens voulaient danser. Certains avaient chez eux des disques en arrivant dans les clubs et ils demandaient au groupe de rejouer les morceaux de ces disques. Quand Fel est arrivé, il ne voulait jouer que du jazz. Il avait déjà testé quatre batteurs. Mais pour lui, il n'y en avait pas de bon dans ce pays au goût du jour. Alors quand il m'a rencontré, il était surpris. Il m'a demandé : "Mais où as-tu appris à jouer ?

L'influence décisive d'Art Blakey

Tony Allen a été influncé dès ses débuts par le légendaire batteur Art Blakey, inventeur du hard bop, au point qu'il lui rendra hommage en 2017 en enregitrant un album "A Tribute to Art Blakey & The Jazz Messengers".

"J'ai été très influencé par Art Blakey et les Black Messengers. C'est lui qui m'a fait comprendre comment la batterie doit sonner. Il a ce feeling. Et puis j'adore son utilisation du charley. Je n'avais jamais entendu quelqu'un jouer comme ça. Quand je l'écoutais, je me demandais "mais il y combien de batteurs là ?", alors qu'il était seul. Je voulais jouer comme lui. C'est pareil avec Max Roach ou Elvin Jones. Même si je ne voulais pas les imiter, je voulais être moi même, c'est aussi simple que ça." 

Playlist du jour:

1) Doudou N’diaye Rose : Rose Ryhtm

2) William onyearbor : Atomic bomb  Album Who is William Onyearbor?

3) Fela Kuti and His Koola Lobitos: Nigerian Independance

4) Fela Kuti : Shakara

5) Art Blackey and the Black Messengers: *A Night in * Tunisia

6) Fela Kuti: Zombie

7) Tony Allen: Boat Journey

8) William Onyeabor: Heaven and hell

9) William Onyeabor:* Better Change mind - Live inédit*

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