LE DIRECT

Soufisme et maçonnerie, entre reconnaissance et hybridation

1h
À retrouver dans l'émission

Comment les rapports entre la franc-maçonnerie et l'islam ont-ils évolué depuis le XIXe siècle et la figure emblématique de l'Emir Abd el Kader qui fut un véritable trait d'union entre ces deux univers ? "De la fascination à la détestation", nous dit Thierry Zarcone.
Notre invité, spécialiste notamment des sociétés secrètes en islam, étudie en particulier la façon dont la franc-maçonnerie et le soufisme, deux organisations à la fois initiatiques et souvent engagées dans les affaires du siècle, ont pu s'attirer au point parfois, comme chez les bektachis, de donner naissance à des confréries où les symboles et rituels maçonniques sont réinvestis... et inversement des loges où se produit le même phénomène d'hybridation.

Thierry Zarcone
Thierry Zarcone

A propos de : Le croissant et le compas , l’islam et la franc-maçonnerie, de la fascination à la détestation

Les premières loges maçonniques en Orient musulman virent le jour à l’initiative de diplomates, de commerçants et de résidents étrangers. Du Maroc à l’Indonésie, elles furent nombreuses et prospères tant que le pouvoir en place – faible ou aux mains d’Européens – les tolérait ou les soutenait. Longtemps, l’initiation d’indigènes resta inenvisageable ou écartée pour cause de différences tenant à la religion, au niveau et au mode d’éducation ou au statut du pays. Cet obstacle fut franchi au début du XIXe siècle.

La croyance en un Dieu unique, éventuellement désigné par l’expression oecuménique « Grand Architecte de l’Univers », était partagée, le néophyte pouvant exiger la présence du livre saint de son choix lors de sa réception. Des notables et même des souverains (Turquie, Maroc, Inde) entrèrent ainsi dans l’Ordre. L’étonnante similitude de certaines entités doctrinales orientales (bektachisme), depuis toujours implantées et acceptées, avec les pratiques des loges, facilita cette expansion.Les rapports s’inversèrent avec l’irruption de trois facteurs conjugués : la suppression, par la principale obédience française, en 1877, de l’obligation de croire en Dieu et en l’immortalité de l’âme – et la radicalisation extrême de régimes politiques orientaux hostiles à toute réunion ou organisme agissant sous le sceau du secret. Les rites et les mythes maçonniques étant largement inspirés, jusque dans les hauts grades, par l’Ancien et le Nouveau Testament, le soupçon, répandu par une abondante littérature antimaçonnique, selon lequel la franc-maçonnerie est un tentacule sioniste, fit le reste.Les loges ne subsistent plus, de nos jours, que dans quatre des pays où l’islam est prépondérant : la Turquie, le Liban, la Malaisie et le Maroc. Ce livre est l’histoire d’une relation qui fut féconde et fraternelle. (Note de l'éditeur)

**** Extraits musicaux :

Musique soufi de Turquie : Ilahi et Nefes

Nezih Uzel: vocal et accompagnement, Nezih Uzel: Bendir, Kudsi Erguner: Nay

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
À venir dans ... secondes ...par......