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Entre juifs et musulmans

59 min
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Nos invités appartiennent à la centaine de chercheurs ayant participé à l'encyclopédie qui propose une synthèse de l'histoire des relations entre juifs et musulmans. Le médiéviste Mark Cohen propose une histoire comparée sur la condition et l'état des juifs sous l'autorité chrétienne ou islamique qui n'était pas des plus glorieuses. Tout en brisant le mythe d'une Andalousie heureuse, hospitalière pour les trois cultures (musulmane, juive, chrétienne), Mark Cohen nous confirme que la condition des juifs était moins douloureuse en terres d'islam, en raison du statut de " dhimmi ", qui accorde au minoritaire une protection conditionnée par l'infériorité et l'humiliation. Ce statut ,qui ne concernait pas les seuls juifs, s'inscrit dans le principe général des minorités religieuses reconnues (à côté des juifs rabbanites, karaïtes, il faut compter les chrétiens, dans la pluralité de leur obédience, et ce que le coran appelle les " sabéens ", en qui les jurisconsultes ont identifié tour à tour des sectateurs pythagoriciennes et néo-platoniciennes, des zoroastriens et des mazdéens, ou encore des bouddhistes, sinon des Hindous). Ce serait anachronique d'apprécier le statut du dhimmi à l'aune de l'égalité citoyenne, laquelle l'a définitivement invalidé . Relativement opératoire à l'époque théocentrée médiévale, la dhimmitude s'avère nulle et non avenue dans la modernité sécularisée. C'est cette mutation structurelle qui détermine qualitativement les relations entre juifs et musulmans. Tandis que Michael Barry, spécialiste du soufisme, esquisse l'image du juif dans l'espace textuel soufi gouverné par la tension entre le figural et l'abstractif, entre immanence et transcendance (tashbîh et tanzîh). Par la croyance en un Dieu Un, Irreprésentable, Innomé, le juif est perçu, aveugle à la visibilité divine en son invisible même. Cette approche situe le juif dans la position d'Iblîs, l'ange déchu et rebelle, changé en diable. Ayant refusé de se prosterner devant Adam, Iblis est dramatisé en héros négatif, défenseur jusqu'au nihilisme de l'Unicité divine; c 'est ainsi qu'il est théâtralisé dans l'ésotérisme soufi, depuis Hallâj (mort en 922).

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