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Farabi (Xe siècle), le second maître

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Farabi (mort autour de 950) est considéré dans la philosophe médiévale de langue arabe comme le second maître après Aristote. Il y a lieu de situer le contexte culturel et philosophique où il a exercé.

La tradition grecque est demeurée vivante dans sa forme païenne jusqu’à son époque, au-delà même de ce qui a pu être traduit vers l’arabe soit directement du grec soit via le syriaque. Cette tradition, opprimée dans l’espace chrétien, a trouvé au sein de l’islam des conditions d’épanouissement, du moins dans un premier temps. En outre, le milieu culturel bagdadien de la première moitié du Xe siècle était affranchi de la contrainte religieuse, il inscrivait l’exercice de la pensée dans un horizon humaniste transculturel. C’est en cela que Farabi se trouve être le contemporain exact de Razi, le médecin philosophe qui a réfuté la prophétie, en a révélé l’inutilité, lui privilégiant la positivité du savant, du praticien et du penseur qui s’assume dans une mémoire grecque destinée à être corrigée, rectifiée, améliorée par le génie contemporain.

Plutôt qu’enfant de Muhammed, Razi s’estimait descendant de Galien et Farabi éclaireur cheminant dans le sillage d’Aristote commenté par les néo-platoniciens. Et pour ce qui concerne l’Intellect c’est l’explicitation d’Alexandre d’Aphrodise qui constitue pour lui la source principale même si le plotinisme conserve sa part. Farabi rêvait d’une cité plutôt fondée sur la sagesse du philosophe et non point sur les commandements prétendument divins du prophète.

Par ailleurs, la notion aristotélicienne de prudence appliquée à la politique est acclimatée au personnel historique de l’islam premier. C’est ainsi que commence l’Epître sur l’Intellect par l’interrogation sur le cas de Mo’âwiyya (vers 605-680), celui qui a triomphé de ‘Ali, événement à l’origine du grand schisme qui divise les sectateurs mohammadiens entre sunnites et shi’ites. Ce fondateur de la dynastie omeyyade usait-il de sa raison pour bien délibérer en vue de découvrir un bien et de le mettre en pratique, et en vue de découvrir le mal et de l’éviter, ce qui correspond à la « prudence » ? Bref était-il intelligent ? Ou « rusé », « artificienx » car il utilisait correctement sa faculté intellective en vue de trouver de qui est un mal ?

Bibliographie :

Al-Farabi, Epître sur l’Intellect, Introduction, traduction et commentaires de Philippe Vallat, Les Belles Lettres, 2012

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