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Le droit à l’horizon-monde

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment repenser le droit au temps de la mondialisation ?

Faut-il seulement se soumettre à la dimension commerciale et financière qui anime cette mondialisation et qui se répercute sur le droit, lequel, pour ces raisons d’échange, s’internationalise ?

Ou faut-il élargir notre ambition à des considérations éthiques qui devraient engager un universel et un humanisme dépouillés des défauts qui les entachent (hégémonie, ethnocentrisme) ?

Nous devons remonter aux réactions des grandes traditions juridiques face aux propositions qui proviennent de la modernité occidentale, celle qui promeut depuis le XVIIIe siècle le droit positif. Nous considérerons la réponse chinoise et la réponse de l’islam. A l’orée du XXe siècle, Kang Youwei cherche à orienter la vision culturaliste vers l’idéal universaliste tandis que son disciple Liang Qichao, de son exil nippon, se demande « si la Chine ne pourra survivre qu’au prix d’une rupture définitive avec la tradition ». Et, depuis les années 1970, l’école de Tunis dans la multiplicité de ses voix (Mohammed Charfi, Ali Mezghani, Abdelfattah Amor, Iyadh Ben Achour, Slim Laghmani, etc.) use de la notion de compatibilité qui est substituée à la notion de conformité ainsi les différences sont admises d’un système juridique à un autre selon une certaine marge marquée par un « seuil de compatibilité ».

Dès lors ce qui vient de la chari’a peut être reconnu dans sa différence à condition qu’il ne heurte pas le processus d’universalisation qu’apporte, par exemple, la déclaration universelle des droits de l’homme (1948).

Ainsi la condamnation à la peine capitale pour cause d’apostat perd-elle toute légitimité lorsqu’elle se trouve confrontée aux dispositions qui reconnaissent la liberté de conscience (article 18 de la DUDH).

Tel est le chantier complexe ouvert par Mireille Delmas-Marty pour repenser le droit dans le « tremblement », en « approchant le chaos, en grandissant dans l’imprévisible allant contre les certitudes encimentées dans leur intolérance » (Edouard Glissant). Et c’est alors que l’énergie créatrice se déplace de la mondialisation (marchande, financière) à la mondialité qui engage une humanisation n’escamotant pas le divers qui peuple notre planète.

Pour éviter l’uniformisation, le droit à venir sera engendré par la tension qui gouverne une série de duos d’opposition (l’un et le multiple, l’identité et la différence, l’universel et le relatif).

Bibliographie

Mireille Delmas-Marty, Les forces imaginantes du droit : I. Le relatif et l’universel, 2004 II. Le pluralisme ordonné, 2006 III. La refondation du pouvoir, 2007 IV. Vers une communauté des valeurs ?, ces quatre volumes parus aux éditions du Seuil.

Derniere parution : Résister, responsabiliser, anticiper , Le Seuil, 2013

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