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Modernistes et islamistes

58 min
À retrouver dans l'émission

Depuis le " printemps arabe ", la phase historique que vivent les pays de la rive sud de la Méditerranée, et particulièrement la Tunisie, est marquée par le conflit et le combat entre modernistes et islamistes.En Tunisie, la tendance nationaliste arabe dont l'énergie s'est répercutée en un second temps sur l'islamisme, a été interdite d'expression pendant le processus de décolonisation et la reconstitution de l'Etat postcolonial sous l'autorité d'un Bourguiba ayant assimilé les leçons des Lumières occidentales et du positivisme. C'est ce legs qui est aujourd'hui interrogé avec le retour du refoulé islamiste. Aguerris, dévoués au militantisme, formés à la technique de l'action politique, les islamistes d'Ennahda s'avèrent les plus performants. Ils ont gagné les premières élections libres en octobre 2011. Pourtant, depuis qu'ils sont au pouvoir, ils montrent leur incompétence dans la gouvernance tant ils sont coupés de l'élite technocratique. L'enjeu actuel tourne autour de l'article premier de la constitution bourguibienne de 1959 qui peut être repris tel quel par les élus qui ont la charge de rédiger la nouvelle constitution. Voici ce que stipule l'article en question :" La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain ; sa religion est l'islam, sa langue l'arabe et son régime la République ". La référence à l'islam et à l'arabité y est descriptive, non prescriptive ni normative. La lecture de cet article est conditionnée par les articles 5 et 6 qui affirment la souveraineté du peuple, l'égalité citoyenne libérée de toute limitation due au sexe, à l'ethnie ou à la religion ainsi que la liberté de conscience. L'ensemble constitue un tout qui neutralise toute référence à la shari'a et en interdit l'accès. Tandis que, dégagé de ce contexte, l'article premier peut devenir identitaire et ouvrir la voie à la souveraineté divine et au dispositif islamiste.La vigilance est donc requise pour que les modernistes aient à défendre leur acquis constitutionnel. D'autant plus que toute loi ne compte que par son interprétation. Car il ne faut pas se laisser berner par l'écart qui se creuse entre ce que les juristes américains appellent law in books et law in facts.

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