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Nedjma, métaphore de l'Algérie

59 min
À retrouver dans l'émission

Journée spéciale Algérie

Kateb Yacine vit de l’intérieur les événements terribles du 8 mai 1945 dans la région de Sétif. Il était élève en troisième et la violence qui s’est manifestée lors de ces massacres a rendu folle sa mère.

Ce sont ces deux faits liés l’un à l’autre qui nourrissent souterrainement le roman Nedjma paru en pleine guerre d’Algérie en 1956. Livre qui se confronte à l’impossible par son usage du monologue faulknérien et par ses éclats aussi bien syntaxiques que narratifs. Cette œuvre fondatrice a été perçue comme la métaphore d’une Algérie en quête de sa pluralité constitutive.

La métaphore du pays c’est cette figure féminine qui reste inaccessible, énigmatique, qui ne cesse de se dérober en s’enveloppant dans l’une de ses origines multiples ; en ses virtualités, elle demeure imprenable et résiste à tous les désirs masculins qui, de partout, la visent et l’assaillent.

Livre d’une beauté ardente qui conduit l’expérience littéraire vers un élan vital qui défie les limites.

C’est comme si les mots qui le composent étaient sortis intacts après avoir traversé les flammes que crachent les armes dans un maquis retrouvant le silence après la fureur des combats.

Bibliographie :

Kateb Yacine, Nedjma , Le Seuil, 1956

Saïd Tamba, Kateb Yacine , col. Poètes d’Aujourd’hui, Seghers, 1992,

Kateb Yacine, éclats de mémoire , documents réunis par Olivier Corpet, Albert Dichy et Mireille Djaider, éd. De l’IMEC, 1994

Beida Chikhi, « L’édifice métaphorique katébien », in Littérature algérienne, désir d’histoire et esthétique, L’Harmattan, 1997

Benamar Mediene, Kateb Yacine, le cœur entre les dents , Robert Laffont, 2006

Intervenants
  • universitaire franco-algérienne, professeur de littérature française et francophone à l'université Paris IV-Sorbonne.
L'équipe
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