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A Mumbai le 2 octobre 2020, une étudiante demande l’exécution des violeurs d’une femme de 19 ans, victime de quatre hommes dans le village de Bool Garhi.
Épisode 3 :

Afrique : dans les couloirs du moratoire

58 min
À retrouver dans l'émission

L'Afrique est souvent présentée comme le prochain “grand continent abolitionniste de la planète”. Mais les moratoires qui s'y éternisent n'excluent ni les condamnations à mort, ni le retour de la peine capitale.

Ruines d’une prison dans la ville de Djugu, dans la province d’Ituri en République Démocratique du Congo le 14 septembre 2020.
Ruines d’une prison dans la ville de Djugu, dans la province d’Ituri en République Démocratique du Congo le 14 septembre 2020. Crédits : ALEXIS HUGUET - AFP

L'Afrique est souvent présentée comme le prochain “grand continent abolitionniste de la planète”. Et de fait, ils sont nombreux à avoir franchi le pas de l’abolition de la peine capitale ces dernières années : le Sierra Leone, le Malawi ou encore le Tchad sont les derniers à avoir rejoint la liste des pays abolitionnistes du continent, qui en dénombre désormais vingt-trois. 

Si tous n’ont pas franchi le pas d’une abolition officielle, de nombreux pays sont dans une situation de “moratoire” : une abolition de facto en quelque sorte, lorsqu’aucune exécution n’a eu lieu depuis plus de dix ans et que ces pays ne s’opposent pas aux résolutions des Nations Unies en faveur d’une abolition universelle.

C’est le cas de la République Démocratique du Congo, où un moratoire décrété par l’ancien Président Joseph Kabila est en vigueur depuis 2003, mais également celui de la Mauritanie, du Cameroun, de la Centrafrique, du Niger et du Ghana. Pour autant, ces moratoires ne sont pas des garanties durables : certains pays comme la Gambie font même marche arrière, et malgré la fin des exécutions, les juges continuent de prononcer des condamnations à mort. 

Pourquoi les pays en situation de moratoire ne franchissent-ils pas le cap de l’abolition ? Quels sont les facteurs qui expliquent cette réticence ? Les moratoires sont-ils vraiment une solution quand les situations de transition s’éternisent ? Quelles conséquences pour les condamnés à mort ?

Florian Delorme reçoit Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général de l’association Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM).

En plus de vouloir faire partie du concert des nations, les chefs d’Etat veulent « plaire » à la France et aux Européens, montrer qu'ils sont dans une tendance positive. Enfin, il y a beaucoup d’acteurs politiques qui ont de la bonne volonté, une réelle ambition de ramener de l’Etat de droit dans des pays qui en ont cruellement manqué. Raphael Chenuil-Hazan

La peine de mort est l’outil suprême du colonialisme. J’ai l’habitude de dire que tant qu’on n’aura pas aboli la peine de mort dans le pays, on n’aura pas finalisé totalement la décolonisation, on n’aura pas totalement décolonisé les institutions et la justice. Raphael Chenuil-Hazan

Les focus du jour 

La peine de mort en R.D.C., un enjeu de réconciliation nationale 

Cérémonie à la prison de Makala en RDC le 8 janvier 2021. Félix Tshisekedi gracia des personnes condamnées à mort pour l’assassinat du Président Laurent Kabila.
Cérémonie à la prison de Makala en RDC le 8 janvier 2021. Félix Tshisekedi gracia des personnes condamnées à mort pour l’assassinat du Président Laurent Kabila. Crédits : Arsene Mpiana - AFP

L’abolition de la peine de mort est un souhait, mais dans le contexte du pays il y a des corollaires. Des gens appréhendent et essaient tout de suite de lier les atrocités qui se passent dans l’est du pays à la peine de mort. C’est très facile de ne pas vouloir abolir car il y a des gens qui tuent, mais c’est un grand travail du côté des abolitionnistes de faire comprendre la réalité et de dire que l’abolition de la peine de mort repose sur un principe de droit à la vie. Christelle Vuanga

Avec Christelle Vuanga, députée à l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo, présidente du réseau des parlementaires contre la peine de mort en R.D.C. 

Maroc : après 30 ans de moratoire, le retour du débat sur l’abolition ?

Des prisonniers en attente d’une dose de vaccin AstraZeneca dans la prison Er-Arjate près de Rabat le 26 mai 2021.
Des prisonniers en attente d’une dose de vaccin AstraZeneca dans la prison Er-Arjate près de Rabat le 26 mai 2021. Crédits : FADEL SENNA - AFP

Avec Driss el Yazami, ancien président du Conseil National des Droits de l’Homme au Maroc. 

Références sonores

  • Amir Suleiman, membre de l’African Center for Justice and Peace Studies au Soudan est également avocat et décrit les conditions de détention des condamnés à mort dans son pays (FIDH, 10 octobre 2012)
  • Micro-trottoir en janvier 2015 dans les rue d’Abidjan à propos de la peine de mort (RTI, 30 janvier 2015)
  • Liévin Ngondji, de la Coalition d’Afrique francophone contre la peine de mort, considère que l’Afrique est le prochain continent abolitionniste (Vidéo du collectif « Ensemble Contre la Peine de Mort », 11 février 2020)
  • Extrait du message de Michelle Bachelet aux abolitionnistes en mars 2019 au cours duquel elle pointait du doigt une réintroduction de la peine de mort dans certains pays (Vidéo du collectif « Ensemble Contre la Peine de Mort », 19 mars 2019)
  • Interview de Christelle Vuanga par Florian Delorme (durée : 15’35)

Références musicales

  • « Plus in Tacet » de Pantha du Prince (Label : BMG)
  • « Lloha » de Cheb (Label : autoproduit)
Chroniques
11H53
5 min
La Revue de presse internationale
Rediffusion
Après deux mois de pouvoir, le président marxiste du Pérou met le cap au centre-gauche
Intervenants
  • Directeur de l’association Ensemble contre la peine de mort
  • Ancien président du Conseil National des Droits de l’Homme au Maroc
  • Députée à l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo, présidente du réseau des parlementaires contre la peine de mort en RDC
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