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Dans un bureau de vote à Abidjan, Côte d'ivoire, en 2016.
Épisode 1 :

Coup d’État au Mali : le jeu trouble des militaires

58 min
À retrouver dans l'émission

Que reste-t-il, depuis la démission d’Ibrahim Boubacar Keita et de la nomination d'un gouvernement de transition au Mali, de l'engagement, pris par la junte malienne, d’organiser une transition civile ?

"Le colonel Malick Diaw (à droite) et Issa Kaou Djim, un des leaders du M5-RFP, le 5 septembre 2020, à l'ouverture de la concertation nationale pour la transition au Mali." (via le Point)
"Le colonel Malick Diaw (à droite) et Issa Kaou Djim, un des leaders du M5-RFP, le 5 septembre 2020, à l'ouverture de la concertation nationale pour la transition au Mali." (via le Point) Crédits : MICHELE CATTANI - AFP

Vendredi 25 septembre 2020, Ba N’Daou prenait ses fonctions à la tête d'un gouvernement de transition au Mali, nommé par un collège, en apparence inclusif, mais qui semble surtout avoir seulement entériné la décision du CNSP (Comité national pour le salut du peuple), institution politico-militaire. 

Ba N’Daou, militaire à la retraite, est un profil qui joue entre les lignes - puisqu’il est à la fois proche des militaires, mais légalement considéré comme civil, ce qui était une exigence de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) et de tous ceux qui souhaitent une transition politique civile au Mali depuis le coup d’état du 18 août dernier - qui a débarqué l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita suite à une mobilisation populaire conduite par le Mouvement du 5 juin (M5).

Si, dans un premier temps, ce renversement du pouvoir par les militaires était bien accueilli par la population malienne - puisqu’il semblait être l’aboutissement des manifestations qui secouaient le pays depuis plusieurs mois, demandant justement la démission d’IBK, au pouvoir depuis 2013 - aujourd’hui, la mainmise des militaires sur le processus de transition donne le sentiment que ce mouvement a été instrumentalisé, confisqué aux civils.

Que reste-t-il des engagements de la junte d’organiser une transition civile ? Qu’attendre du tandem entre le Président et son vice-Président, Assimi Goïta, un jeune militaire à l’origine du coup d’état, désormais à la tête du Comité national pour le salut du peuple ?

Le pays parviendra-t-il à rassembler les conditions d’une future élection libre et transparente ? Quel rôle pourrait y tenir l’imam Dicko, un religieux  très actif dans les mobilisations populaires de ces derniers mois ?

Un retour à la stabilité est-il possible – alors que les groupes rebelles menacent toujours malgré la présence de l’armée française à travers l’opération Barkhane ?

Une discussion en compagnie de Niagalé Bagayoko, politologue et présidente de l’African Security Sector Network, organisation panafricaine qui rassemble des spécialistes de la réforme des systèmes de sécurité et Boubacar Haidara, chercheur au LAM de Sciences Po Bordeaux et chargé de cours à l’Université de Ségou.

Heureusement que la CEDEAO est là pour calmer les ardeurs du Comité national pour le salut du peuple. Il est vrai que la CEDEAO a été énormément critiquée au Mali, en particulier chez ceux qui demandaient une transition militaire, mais elle est ici dans son rôle. Il ne faut pas laisser les coups d'État prospérer dans cet espace déjà fragile du fait du terrorisme, des faiblesses économiques. Boubacar Haidara

Cela fait longtemps qu'il y a des confusions lors de la mise en place de "comités populaires" qui ont aussi des liens avec l'appareil sécuritaire. Aujourd'hui - et ce n'est pas que le cas au Mali, on peut aussi le voir au Burkina Faso - l'attitude des populations, voire de certaines portions de la société civile, vis-à-vis des militaires, est très ambiguë. Niagalé Bagayoko

Le focus du jour 

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11 février 2020, Khartoum, Soudan - Des manifestants scandent des slogans anti-gouvernement, en marge d'un rassemblement pour en faveur d'une transition politique incluant des civils
11 février 2020, Khartoum, Soudan - Des manifestants scandent des slogans anti-gouvernement, en marge d'un rassemblement pour en faveur d'une transition politique incluant des civils Crédits : MARWAN ALI/EPA/Newscom - Maxppp

Extraits sonores

- Le colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air, s’exprime à la télévision malienne pour expliquer le putsch (TV5 Monde, 19 août 2020)

- Les opposants à Ibrahim Boubacar Keita expriment leur joie suite à la démission de ce dernier (France 24, 21 août 2020)

- Extrait du discours d’investiture de Bah N’Daw, président de la transition du Mali, vendredi dernier (RFI, 25 septembre 2020)

- En février 1977, Moussa Traoré, alors président de la République malienne, expliquait quelles étaient les nouvelles orientations du pouvoir, notamment en réalisant « la réconciliation nationale »

- Le président du Sud-Soudan, Salvar Klir, s’exprime suite à la signature de l’accord de paix entre les autorités de transition et l’alliance rebelle à Djouba, capitale du Sud-Soudan (Africanews, 02 septembre 2020)

Exraits musicaux

- « Bi Lamban » de Toumani Diabate et Ballake Sissoko (Label : Hannibal records)

- « Mama » de Fatoumata Diawara (Label : Montuno / Wagram)

Chroniques
11H53
5 min
Le Tour du monde des idées
La politique des identités joue-t-elle contre l'esprit critique ?
Intervenants
  • Spécialiste de la réforme des systèmes de sécurité en Afrique de l’Ouest
  • Chercheur au LAM de Sciences Po Bordeaux, chargé de cours à l’Université de Ségou
  • Anthropologue, enseignant à Paris 1, spécialiste du Soudan
L'équipe
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