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Algériens clamant des slogans anti-français lors d’une manifestation antigouvernementale à Alger le 9 avril 2021. Affiche : « l’Algérie n’est pas à vendre ».

Algérie : crispations diplomatiques, fragilités politiques ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Retour d'Irak, où les soulèvements contre la corruption du régime sont brutalement réprimés. Puis direction l'Algérie, où les tensions diplomatiques avec la France révèlent des crispations mémorielles encore bien présentes.

Algériens clamant des slogans anti-français lors d’une manifestation antigouvernementale à Alger le 9 avril 2021. Affiche : « l’Algérie n’est pas à vendre ».
Algériens clamant des slogans anti-français lors d’une manifestation antigouvernementale à Alger le 9 avril 2021. Affiche : « l’Algérie n’est pas à vendre ». Crédits : RYAD KRAMDI - AFP

Première partie - Retour d'Irak

Une Irakienne sur le square Firdos à Bagdad le 1er octobre 2021 demande justice pour les manifestants tués pendant des manifestations antigouvernementales.
Une Irakienne sur le square Firdos à Bagdad le 1er octobre 2021 demande justice pour les manifestants tués pendant des manifestations antigouvernementales. Crédits : Sabah ARAR - AFP

En octobre 2019, l’Irak se soulevait contre le chômage, la corruption : les manifestants réclament la chute du régime qui est incapable de gérer leur pays. Lors des manifestations, un autre cri se fait entendre : il rejette l’influence grandissante de l’Iran. Les manifestations sont violemment réprimées, on compte 600 morts. Ce sont d’ailleurs des milices pro-iraniennes qui sont responsables de cette répression. Aujourd’hui, les manifestations sont moins importantes, mais la violence contre les activistes ne diminue pas : bon nombre des leaders ont été assassinés en toute impunité par des membres de ces milices de plus en plus proches du pouvoir. Les militants encore en vie doivent se cacher, mais tentent de continuer leur combat. 

Ehab Al-Ouazni était un activiste antisystème dans la ville sainte chiite de Karbala. Il est sorti avec beaucoup de jeunes dans la rue pour protester contre le régime chiite qui gouverne l’Irak depuis 2003, car ce régime a (...) gardé des milices plus fortes que l’Etat et l’armée et a enchaîné les guerres confessionnelles en Irak. Amar Al Hameedawi 

L’armée, la police, les forces de l’ordre sont toutes infiltrées par les milices. Si vous voyez une dizaine de forces de l’ordre, une quinzaine de milices sont au-dessus d'elles (…). Ces gens tiennent le pouvoir et ont pris la main sur la répression. Amar Al Hameedawi

Avec Amar al Hameedawi, journaliste pour France 24. 

Seconde partie - Table ronde d'actualité internationale

Ces derniers jours, les tensions se sont accrues entre Paris et Alger après les propos du président français sur la république d’Algérie, qui serait construite sur une « rente mémorielle » entretenue par le système « politico-militaire ».

Résultat : Alger a rappelé son ambassadeur et a même empêché le survol de son espace aérien aux avions militaires français qui voudraient l’emprunter dans le cadre de l’opération Barkhane au Mali. 

Jusqu’où ces tensions pourraient aller ? Au-delà des différends mémoriels, quels sont les moteurs du litige entre la France et l’Algérie ? Les tensions étant également très fortes entre l’Algérie et le Maroc, les crispations diplomatiques du régime algérien correspondraient-elles à la dégradation de sa situation politique intérieure ?

Si Macron soutient Tebboune, il va se le voir reprocher par l’opposition car la France sera accusée de soutenir le régime algérien. Mais s’il critique le régime algérien en l’accusant d’être à la tête d’une rente mémorielle, de jouer de cette inimitié avec la France et de maintenir la France comme ennemi colonial, il joue aussi pour le régime car cela ramène l’adhésion de la population algérienne vers ce régime. Laetitia Bucaille

L’Algérie fait du surplace. Il n’y a absolument plus personne pour faire de la politique et le régime a également une responsabilité car il a contribué à éliminer toute sorte d’opposition quelle qu’elle soit, que ce soit des féministes, des universitaires, des communistes, des islamistes, et ce y compris dans le courant nationaliste. Kader Abderrahim

Florian Delorme reçoit Kader Abderrahim, directeur de recherches à l'Institut de prospective et de sécurité en Europe (IPSE) et Laetitia Bucaille, professeure de sociologie politique à l’INALCO, vice-présidente de l’INALCO et chercheuse au CESMAA, Centre d'études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques. 

Références sonores

  • Extrait du reportage « Irak, la révolution assassinée » d’Amar al Hameedawi et Jonathan Walsh dans lequel on entend Ihab Al-Wazni lors d’une manifestation (France 24, diffusion le 09 octobre 2021)
  • Réponse d’Aimene Benabderrahmane, le Premier ministre algérien, suite à l’article du Monde rapportant les propos d’Emmanuel Macron le 30 septembre dernier et extrait de l’interview donnée par Emmanuel Macron à France Inter (Léa Salamé) le 05 octobre dernier dans lequel ce dernier évoquait un « apaisement » avec l’Algérie (France 24, 05 octobre 2021)

Références musicales

  • « Mr Guti » du rappeur irakien Ahmed Chayeb 
Intervenants
  • journaliste pour France 24
  • Professeure de sociologie et vice-présidente l'Inalco,chercheuse au Centre d'études en sciences sociales sur les mondes africains,américains et asiatiques (CESSMA).
  • Directeur de recherches à l’Institut de prospective et de sécurité en Europe (IPSE)
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