LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
15 janvier 2021 - de jeunes chinois visitent une exposition sur la lutte de la Chine contre le coronavirus COVID-19 dans un centre de convention qui servait auparavant d'hôpital de fortune pour les patients de Wuhan.
Épisode 4 :

Rivalité sino-américaine : le tournant Biden

58 min
À retrouver dans l'émission

La virulente politique de Donald Trump vis-à-vis de la Chine était devenue le symbole de sa gestion erratique des affaires étrangères. Alors que l’arrivée au pouvoir de Joe Biden promettait un retour à une diplomatie plus traditionnelle, il semble que l’heure n’est pas pour autant à l’apaisement.

A l'époque où les deux leaders sont vice-présidents de leurs pays respectifs, Xi Jinping s'adresse à de jeunes étudiants étatsuniens en compagnie de Joe Biden, à Southgate, près de Los Angeles, le 17 février 2012, en Californie.
A l'époque où les deux leaders sont vice-présidents de leurs pays respectifs, Xi Jinping s'adresse à de jeunes étudiants étatsuniens en compagnie de Joe Biden, à Southgate, près de Los Angeles, le 17 février 2012, en Californie. Crédits : FREDERIC J. BROWN - AFP

La spectaculaire et virulente politique chinoise de Donald Trump – de sa guerre commerciale menée à coups de décrets surprises sur les droits de douane à sa dénonciation accusatrice du virus chinois – était devenue le symbole de sa gestion erratique des affaires étrangères. Alors que l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche promettait un retour à une diplomatie plus traditionnelle, il semble néanmoins de plus en plus clair que l’heure n’est pas à l’apaisement. 

Si Antony Blinken, choisi par le nouveau président pour être son secrétaire d’Etat, devrait revenir à des méthodes plus lisses, il a admis qu’il partageait avec l’administration sortante son constat vis-à-vis de Pékin et de son attitude belliqueuse. Une hostilité dont se défend de son côté Xi Jinping, qui a mis en garde, lundi à Davos, contre toute velléité de nouvelle guerre froide. 

Mais derrière ces déclarations d’intention, la Chine poursuit une politique expansionniste en Asie et dans les pays en développement, tout en entretenant au niveau domestique un discours anti-américain très vif, jusqu’à laisser prospérer des théories attribuant à l’armée américaine l’origine du Covid-19. 

Au milieu de ce bras de fer, l’Europe, qui pourrait jouer un rôle déterminant, semble prise entre deux feux. Alors que le choix de Blinken, très europhile, pourrait laisser envisager un front démocratique face au régime autoritaire chinois, la signature, en décembre, d’un accord Chine/Union européenne sur les investissements rend cette option peu probable.

Comment l’arrivée de Joe Biden est-elle perçue par les autorités chinoises ? Dans quelle mesure l’accord Chine/Union européenne sur les investissements constitue-t-il une nouvelle corde à l’arc de Pékin dans sa guerre commerciale avec les Etats-Unis ? 

Au-delà de cette guerre commerciale à proprement parler, l’abandon par Donald Trump du rôle de leader du multilatéralisme avait laissé un boulevard à Xi Jinping. L’arrivée de Joe Biden, qui revendique de rendre aux Etats-Unis leur voix prégnante dans le concert des nations, pourrait-elle mettre Pékin en difficulté sur ce plan ?

Une discussion en compagnie de Philippe Le Corre, chercheur au Carnegie Endowment for International Peace et à la Harvard Kennedy School, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et professeur invité à l’ESSEC, et d'Ursula Gauthier, cheffe du service étranger de l’Obs, ancienne correspondante en Chine.

Seconde partie - le focus du jour

Taïwan et les Etats-Unis : plus proches que jamais au sortir du mandat de Trump

A peine le nouveau président américain avait-il prêté serment que des avions chinois ont fait ce week-end des incursions dans l’espace aérien de Taïwan. Un acte aussitôt dénoncé par les Etats-Unis, qui ont promis à l’île un soutien « solide comme un roc ». 

De fait, si la relation bilatérale entre Taipei et Washington a toujours été importante, elle s’est considérablement intensifiée durant le mandat de Donald Trump. Son administration a multiplié les gestes symboliques, l’un des derniers en date étant l’annonce par Mike Pompeo de la surpression des restrictions sur les contacts entre les membres de l’administration américaine et les responsables taïwanais. Une ligne que Joe Biden semble parti pour garder.

Avec Françoise Mengin, directrice de recherche au CERI/Sciences Po.

La présidente taiwanaise Tsai Ing-wen, à Taipei, le 10 octobre 2020.
La présidente taiwanaise Tsai Ing-wen, à Taipei, le 10 octobre 2020. Crédits : Sam Yeh - AFP

Une émission préparée par Margaux Leridon.

Références sonores

  • Dans un discours d’adieu, Donald Trump se vantait le 19 janvier 2021 d’avoir signé des accords commerciaux favorisant les Etats-Unis au détriment de la Chine, et évoquait le « virus chinois » (La Presse, 19 janvier 2021)
  • Joe Biden souhaite qu’à l’avenir la Chine respecte les réglementations internationales (CNN, 04 décembre 2020)
  • Extrait de la déclaration de Xi Jinping lors du Forum de Davos 2021 (AFP, 26 janvier 2021)
  • Antony Blinken dénonce un génocide ouïghour (Wion, 20 janvier 2021)
  • Extrait du film « Nixon in China », issu de la Bibliothèque présidentielle du président Nixon - et compilant plusieurs films amateurs relatant le voyage officiel de Richard Nixon en Chine, en février 1972
  • Lors d’un échange sur Zoom le 14 janvier 2021, la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen remerciait Kelly Craft de mettre en avant sur Twitter l’ours noir, symbole de Formose. Selon elle, ce symbole ainsi médiatisé pousserait la jeunesse taïwanaise à prendre conscience de son histoire et à faire de Taïwan un pays membre de plein droit des Nations-Unies (Chaîne Youtube de la présidence taïwanaise, 14 janvier 2021)

Références musicales

  • « A hundred lights » de Christian Löffler (Label : Ki records)
  • « Mao et Moa » de Nino Ferrer (Label : Barclay)
Intervenants
  • chercheur au Carnegie Endowment for International Peace et à la Harvard Kennedy School, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et professeur invité à l’ESSEC
  • journaliste à L’Obs, ancienne correspondante en Chine
  • directrice de recherche au Centre de recherches internationales de Sciences Po (Ceri)
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......