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12/12/2015, LE BOURGET, FRANCE - Christiana Figueres (C-R), secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), et le président français François Hollande (C-L) s'embrassent, à l'issue de la COP21.
Épisode 3 :

Europe : un Green Deal renforcé pour une Union divisée

57 min
À retrouver dans l'émission

Le Pacte vert européen et sa mise en application augurent-t-il vraiment d’une transformation radicale de nos économies ? Derrière les discours, un enjeu politique de taille : la capacité de l’Union Européenne à se positionner comme leader mondial de la transition énergétique.

20 mai 2020, Bruxelles, Belgique - Frans Timmermans, Vice-Président de la Commission Européenne, présente le pacte vert européen lors d'une conférence de presse.
20 mai 2020, Bruxelles, Belgique - Frans Timmermans, Vice-Président de la Commission Européenne, présente le pacte vert européen lors d'une conférence de presse. Crédits : JOHN THYS / POOL - AFP

Fin 2019 la présidente de la Commission Ursula Van Der Leyen dévoilait son Green Deal - ou Pacte vert – une ambitieuse feuille de route de 1000 milliards d'euros d’investissements sur 10 ans censée faire du continent le premier espace de neutralité carbone à l’horizon 2050.  

Mais si cette ambition est officiellement partagée par les vingt-sept, ses modalités ne font pas l’unanimité. De fait, pour certains, la transition sera plus douloureuse, voire inatteignable dans les temps. La Pologne, dont l’électricité dépend encore à 70% du charbon, a refusé d’entériner cet objectif pour 2050. L’Allemagne, dont le mix énergétique reste également très dépendant des énergies fossiles, s’inquiète des objectifs fixés par la Commission. 

Au-delà de la pression des États réfractaires, Bruxelles subira également celle des lobbys industriels, qui continuent de brandir l’argument de la concurrence internationale pour s’opposer aux législations les plus contraignantes. 

De quelle marge de manœuvre dispose la Commission pour le mettre en œuvre ? Le Pacte vert augure-t-il d’une transformation radicale de nos économies ? Les ambitions vertes de l’UE ne risque-t-elles pas de passer au second plan, derrière la difficile mise en œuvre d’une relance européenne post-Covid ? L'Union doit-elle chercher à tout prix un consensus sur le climat, quitte à revoir ses ambitions à la baisse, ou faut-il envisager un Green Deal à plusieurs vitesses ? 

Une discussion en compagnie de Thomas Pellerin-Carlin, chercheur en politique européenne de l’énergie, directeur du centre énergie de l’Institut Jacques Delors, et de Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre énergie et climat de l’IFRI. 

Sans le Brexit et sans les problèmes qu'engendre le budget européen, les objectifs de neutralité carbone du Green Deal feraient consensus au sein des 27. Le climat est un dommage collatéral d'une bataille politique qui porte notamment sur l'enjeu de l’État de droit. Thomas Pellerin-Carlin

Le Green Deal a d'abord été conçu comme une stratégie de croissance économique qualitative. Un mois après, l'Europe était plongée dans la crise sanitaire du Covid, et il a fallu transformer ce plan de croissance en plan de relance. La bonne nouvelle, c'est que l'on s'interrogeait déjà avant la crise au rôle qu'aurait la force publique pour venir amorcer ce Pacte Vert. Marc-Antoine Eyl-Mazzega

Seconde partie - le focus du jour

La BCE se met au vert. Et si la politique monétaire européenne pouvait aussi être un levier de la lutte contre le réchauffement climatique ?

« La transition énergétique est une question fondamentale », déclarait Christine Lagarde  en novembre 2020, au journal le Monde. L’institution qu’elle dirige, la Banque Centrale Européenne ne s’est pourtant jamais préoccupée jusqu’ici de soutenir ou de participer aux efforts de lutte contre le réchauffement climatique. Gardienne de la stabilité des prix au sein de la zone euro, la banque centrale est particulièrement peu encline à poursuivre d’autres objectifs que celui de son mandat initial. Et pourtant, sous la pression du Parlement et des opinions publiques, les choses pourraient changer.

Avec Jézabel Couppey-Soubeyran, économiste, maîtresse de conférences en Sciences économiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et conseillère scientifique à l'Institut Veblen.

Il faut que la Banque Centrale Européenne regarde dans la bonne direction en matière de climat et d'environnement. Si elle ne le fait pas, elle retardera les objectifs de l'Union européenne. Jézabel Couppey-Soubeyran

19/10/2020, SAINT-OUEN, FRANCE - Christine Lagarde, ancienne ministre de l'Economie et aujourd'hui Présidente de la Banque Centrale Europénne
19/10/2020, SAINT-OUEN, FRANCE - Christine Lagarde, ancienne ministre de l'Economie et aujourd'hui Présidente de la Banque Centrale Europénne Crédits : GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP

Références sonores

  • En décembre 2019, Ursula von der Leyen présentait l’accord sur la neutralité carbonne à l’horizon 2050 tout en précisant que tous les pays n’étaient pas au même stade (France 24, 13 décembre 2019)
  • Zbigniew, mineur à la retraite ne comprend pas pourquoi la Pologne devrait se priver de ses richesses minières (Euronews, reportage de Valérie Gauriat, 26 juillet 2019)
  • Magdalena Chawuła-Kosuri, secrétaire générale adjointe du lobby de l'industrie du charbon Euracoal, explique combien la situation est différente en Pologne (Euronews, 26 septembre 2019)
  • Pierre Larrouturou expliquait au micro de France 24 les raisons de sa grève de la faim et la taxe sur la spéculation qu’il propose (France 24, 28 octobre 2020)
  • Christine Lagarde au sujet des actifs financiers des secteurs carbonés et de la lutte contre le changement climatique (France Culture, La Bulle économique de Marie Viennot, 04 septembre 2019)

Références musicales

  • « Dream Yourself Awake » de Pantha du Prince (Label : Rough Trade)
  • « Chunk of coal » de Giant Sand (Label : Fire records)

Chroniques

11H53
5 min

Le Tour du monde des idées

Croire que la solution aux crises est simple, trait commun des extrémistes de tout bord
Intervenants
  • Directeur du Centre Energie et Climat de l’Ifri, spécialiste des échanges gaziers entre la Russie, l’Ukraine et l’Union européenne
  • Directeur du centre énergie de l'Institut Jacques Delors
  • économiste, maîtresse de conférences en Sciences économiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et conseillère scientifique à l'Institut Veblen
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