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Manifestation à Lyon, le 06 juin 2020
Épisode 4 :

Liban, une dette socialement insoutenable

58 min
À retrouver dans l'émission

Que reste-il du mouvement d’octobre 2019 au Liban, qui traverse un véritable naufrage économique ? Les revendications très politiques de l’automne survivront-elles à l’urgence d’aujourd’hui ?

Un manifestant libanais se protège derrière un bouclier le 06 juin dernier.
Un manifestant libanais se protège derrière un bouclier le 06 juin dernier. Crédits : ANWAR AMRO / AFP - AFP

En Octobre 2019, le pays du Cèdre se lance corps et âme dans une révolution, dont les mots d’ordres, pour la première fois, semblent s’affranchir du confessionnalisme qui immobilise le pays.

L’étincelle était venue d’une taxe sur la messagerie WhatsApp, mais très vite les manifestants ont exigé le départ du gouvernement et la mise en place de réformes de profondeur, notamment contre la corruption qui gangrène le pays.

Ce fut chose faite, avec la démission du premier ministre Saad Hariri, et la nomination, laborieuse, d’un nouveau gouvernement avec à sa tête, Hassan Diab.

Mais avec le confinement, la mobilisation était un peu retombée,  jusqu’à ce que, samedi dernier, elle reprenne.

En effet, la crainte du virus et les préoccupations du quotidien avaient temporairement étouffé la colère du peuple ces dernières semaines, malgré quelques explosions de colère ça et là…

Sur le plan économique et financier, la situation est catastrophique, la livre libanaise s’est effondrée, l’inflation est galopante, et le premier ministre a fait savoir que pour la première fois de son histoire le Liban se retrouvait en défaut de paiement.

Alors : l’urgence économique et sociale aura-t-elle raison des aspirations de réformes politiques et institutionnelles des premiers temps de la révolte ?

Les appartenances confessionnelles vont-elles reprendre le pas sur la belle unité du début du mouvement ? Et d’ailleurs, l’influence des partis religieux avait-elle réellement été menacée ?

Avant le covid, le mouvement s’était déjà essouflé, les revendications des manifestants ne sont plus les mêmes qu’en octobre. Aurélie Daher

La crise économique, la catastrophe que traverse le pays, dont on ne verra pas la sortie dans les prochaines années, va contenir l’élan politique, les libanais vont se concentrer sur des questions de survie Ziad Majed

Le Hezbollah ne cherche pas a prendre le pouvoir au Liban, il n’a aucune idée de comment gérer le Liban, pas plus que les autres partis libanais, il faut le voir comme un lobby qui défends les intérêts d’une organisation militaire, la résistance islamique Aurélie Daher

Extraits sonores

- Manifestante à Tripoli (France 24, 28 avril 2020)

- Etudiant à Beyrouth (Al Jazeera, 1er mai 2020)

- Manifestants Beyrouth (TV5 Monde, 07 juin 2020)

- Une jeune femme éthiopienne (Beirut Today, 05 juin 2020)

Extraits musicaux

- « Al Shark » de Kalbata (label : Fortuna Records)

- « Samar » de la chanteuse libanaise Yasmine Hamdan (label : autoproduit)

Une émission préparée par Lucas Lazo.

Bibliographie

Le Hezbollah

Le HezbollahAurélie DaherPRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE - PUF, 2014

Intervenants
  • chercheur et politiste franco-libanais, professeur à l'Université américaine de Paris
  • enseignante-chercheuse à Paris-Dauphine et à Sciences Po Paris.
  • écrivaine et universitaire libanaise. Professeur de sciences politiques à l’Université Américaine du Liban (AUL) et directrice de l’Institut pour la justice sociale et la résolution de conflit de l’AUL
  • chercheur en géographie, chargé de recherche au CNRS, laboratoire ART-Dev à Montpellier. Il a réalisé sa thèse à Beyrouth (Liban) avec les travailleurs migrants résidant dans les quartiers pauvres.
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