LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Un petit garçon vend des drapeaux talibans à Kaboul, le 22 août 2021
Épisode 4 :

Europe : les réfugiés divisent l'Union

57 min
À retrouver dans l'émission

Au lendemain de la prise de Kaboul, Emmanuel Macron mentionne le risque de flux migratoires irréguliers vers l’Europe et suscite l’indignation. Si Ursula von der Leyen appelle à l’hospitalité quelques jours plus tard, les 27 actent un renforcement des frontières de l’Union ce mardi 31 août.

Des Afghans évacués photographiés sur la base américaine Ramstein en Allemagne, le 26 août 2021.
Des Afghans évacués photographiés sur la base américaine Ramstein en Allemagne, le 26 août 2021. Crédits : Armando BABANI - AFP

Au lendemain de la prise de Kaboul par les talibans, Emmanuel Macron mentionne le risque de flux migratoires irréguliers vers l’Europe et suscite l’indignation de nombreux défenseurs des droits de l’homme. Quelques jours plus tard, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen appelle à l’hospitalité sur la base de Torrejon, qui accueille en Espagne les Afghans ayant travaillé pour l’Union. Un appel venu rassurer les défenseurs d’une Europe des valeurs. 

Mais à l’issue de la réunion exceptionnelle des ministres de l’Intérieur des 27, il semble que la vision du président français l’emporte. Si l’Union Européenne affirme vouloir venir en aide aux réfugiés afghans, ses Etats-membres n’envisagent pour l’heure qu’un soutien financier aux pays frontaliers, qui accueillent déjà la majorité des exilés. Six ans après l’arrivée massive de Syriens en 2015 et après des mois de négociations tendues autour du « Pacte sur la migration et l’asile », la perspective d’une nouvelle vague migratoire semble en effet terrifier une Europe plus crispée que jamais par cet enjeu. 

Alors que le retrait américain d’Afghanistan vient de s’achever, quel bilan dresser des premières opérations de rapatriement de réfugiés afghans vers l’Europe ? Vont-elles se poursuivre dans les mois qui viennent ? Dans quelle mesure l’approche européenne consistant à privilégier l’aide humanitaire à l’étranger au détriment de l’accueil des demandeurs d’asile est-elle tenable ? Les pays limitrophes de l’Afghanistan peuvent-ils devenir des partenaires de l’Union dans l’externalisation de ses frontières, au même titre que le Maroc ou la Turquie ? 

Le trauma est double. Le premier est dû à l’absence de coordination au lendemain de la crise syrienne. L’autre, dû à ses conséquences dans le discours populiste et la droitisation des programmes, permet d’identifier le mobile de l’incapacité européenne à convenir d’un « Pacte de la migration et de l’asile ». Hervé Nicolle 

Sur le terrain, il y a un dialogue, une coopération et un échange de bonnes pratiques. Mais cela bloque au niveau politique, notamment parce que pour certains pays comme la Hongrie, la question de l’accueil est une non-question : ils considèrent avoir déjà suffisamment accueilli et font barrage chaque fois que la question de la migration et de l’asile se pose à l’échelle européenne. Camille Le Coz

Florian Delorme accueille Camille Le Coz, chercheuse au Migration Policy Institute Europe et Hervé Nicolle, codirecteur du Centre de recherche sur les migrations Samuel Hall, basé à Kaboul et Nairobi.
 

Seconde partie : le focus du jour 

Les Balkans solidaires

Arrivée de réfugiés afghans à l’aéroport Rinas à Tirana, en Albanie, le 27 août 2021.
Arrivée de réfugiés afghans à l’aéroport Rinas à Tirana, en Albanie, le 27 août 2021. Crédits : Gent SHKULLAKU - AFP

Alors que le sort des exilés afghans donne une nouvelle occasion à l’Europe de se déchirer sur la question migratoire, un autre état d’esprit s’observe aux confins de l’Union. Le Kosovo, la Macédoine du Nord et l’Albanie ont en effet accepté, à la demande de Washington, d’accueillir quelques milliers de demandeurs d’asile, en attendant le traitement de leurs dossiers par les Etats-Unis. Une occasion de manifester à la fois leur solidarité envers les exilés et leur loyauté vis-à-vis des Américains. 

Il y a évidemment un esprit de solidarité et de partage sur le sort d’être un migrant, mais il faut aussi savoir que l’Albanie et la Macédoine du Nord ont été présentes en Afghanistan : des centaines de soldats macédoniens et albanais ont participé aux opérations de l’OTAN, par exemple. On a l’impression que c’est une affaire américaine, mais c’est une affaire totalement européenne. Sébastien Gricourt

Avec Sébastien Gricourt, directeur de l’Observatoire des Balkans et conseiller politique à la Fondation Jean Jaurès. 

Références sonores

  • Emmanuel Macron expliquant le 18 août dernier que l’Europe ne peut pas assumer les conséquences de la situation afghane (LCI, 16 août 2021)
  • Ursula von der Leyen considère qu’il en va de la responsabilité morale de l’Europe d’accueillir les réfugiés afghans (Twitter, 21 août 2021)
  • Extrait d’une conférence de presse d’Angela Merkel, durant laquelle elle s’exprime sur l’accueil « contrôlé » de réfugiés afghans (Le Figaro, 27 août 2021)
  • Le 20 juin 1979, Jean-Paul Sartre participait à une conférence de presse des adhérents du comité « Un bateau pour le Vietnam ». Il considérait alors que le gouvernement français avait fait beaucoup, mais « pas ce qu’il faut faire » pour les réfugiés vietnamiens (Archive INA, 20 juin 1979)
  • Vjosa Osmani, présidente du Kosovo, défend l’accueil des réfugiés afghans (BBC, 19 août 2021)

Références musicales

  • « Julie and Candy » de Boards of Canada (Label : Warp)
  • « Salaam Afghanistan » de Farhad Darya (Label : Rough Guide World Music Network)
Chroniques
11H53
6 min
La Revue de presse internationale
Rediffusion
Aux États-Unis, un enterrement en silence du droit à l'avortement ?
Intervenants
  • analyste au sein du think tank Migration Policy Institute
  • Codirecteur du Centre de recherche sur les migrations Samuel Hall, basé à Kaboul et Nairobi
  • directeur de l’observatoire des Balkans à la fondation Jean Jaurès.
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Production déléguée
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......