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Patrouilles irakiennes à la recherche de membres de l’Etat islamique pendant des opérations militaires à Mosul, le 11 juillet 2021
Épisode 4 :

Libye : de l’opération "humanitaire" à la guerre civile

57 min
À retrouver dans l'émission

Dix ans après la révolution libyenne soutenue par la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, le pays est en proie aux rivalités internes et à une profonde crise économique et politique.

Rassemblement sur la place des Martyrs à Tripoli le 20 août 2021 pour marquer le dixième anniversaire de la prise de la ville contre les forces de Kadhafi.
Rassemblement sur la place des Martyrs à Tripoli le 20 août 2021 pour marquer le dixième anniversaire de la prise de la ville contre les forces de Kadhafi. Crédits : Mahmud TURKIA - AFP

Il y a dix ans débutait la révolution libyenne, avec un appel au soulèvement lancé sur Facebook depuis Benghazi. Quelques mois plus tard, Mouammar Kadhafi est renversé à la suite d’une intervention militaire menée par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. L’opération est justifiée par des considérations humanitaires et s’effectue sous l’égide de l’ONU. 

Le pays se retrouve alors enferré dans un engrenage de la terreur, entre l’intervention des djihadistes de Daech, les luttes entre clans, l’existence de gouvernements rivaux à l'Est et à l'Ouest, sans oublier les puissances étrangères qui s’y livrent bataille de manière interposée. 

Comment l’intervention en Libye, pourtant soutenue par l’ONU, a-t-elle pu s’enrayer à ce point ? Comment l’intervention humanitaire s’est-elle muée en guerre civile ? Et quelles perspectives de résolution de ce conflit, à l’heure où des élections sont supposées se tenir en décembre prochain ?

Florian Delorme s'entretient avec Patrick Haimzadeh, conseiller auprès du Centre pour le dialogue humanitaire de Genève et ancien diplomate français à Tripoli, et Virginie Collombier, professeure à l'Institut universitaire européen (European University Institute) de Florence.

Le soutien de la France au maréchal Haftar a commencé après les attentats de novembre 2015, alors que la France était focalisée sur le terrorisme (…). Une des préoccupations de l’Armée française était alors d’avoir un acteur fort dans le Sud libyen, avec lequel elle puisse discuter et parler le même langage. Patrick Haimzadeh

Il est peu probable à court terme [que les pays impliqués en Libye se retirent, notamment] parce que le système international lui-même est profondément endommagé. (…) Il n’y a pas vraiment de gendarmes crédibles, ce qui a libéré un espace considérable pour la Turquie, la Russie et les Emirats. Virginie Collombier

Seconde partie : le focus du jour

Libye : un tournant dans la politique extérieure russe

Les ministres des affaires étrangères libyenne et russe, Najla Mangoush et Sergei Lavrov, pendant une conférence de presse à Moscou le 19 août 2021.
Les ministres des affaires étrangères libyenne et russe, Najla Mangoush et Sergei Lavrov, pendant une conférence de presse à Moscou le 19 août 2021. Crédits : MAXIM SHIPENKOV / POOL - AFP

Le 17 mars 2011, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise le recours à la force en Libye pour protéger les populations civiles des troupes de Kadhafi. Le texte appelle à un cessez-le-feu immédiat, et pour ce faire, autorise parallèlement «toutes les mesures nécessaires». C’est ce qu’on a appelé « la résolution 1973 ». Dix pays ont voté pour mais cinq se sont abstenus, parmi lesquels la Russie, sans toutefois choisir d’utiliser son véto. Cette décision apparaît comme un tournant et a eu des impacts sur les interventions russes dans la région, notamment en Syrie. 

Avec Igor Delanoë, directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe à Moscou.

Le réengagement russe en Afrique est le prolongement naturel du retour de la Russie au Moyen-Orient, auquel on a assisté au cours des années 2010. Igor Delanoë

Références sonores

  • Fin février 2011, Ban Ki-moon se disait horrifié par la répression des manifestations par le régime libyen (Nations Unies, 23 février 2011)
  • Fin mars 2011, Nicolas Sarkozy annonçait une intervention militaire lors du Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen (Le Figaro, 19 mars 2011)
  • Fin mars 2011, Barack Obama annonçait également la participation des Etats-Unis à une action militaire coordonnée en Libye (Site de la Maison Blanche, 21 mars 2011)
  • Témoignages de deux électrices lors des premières élections libres en Libye en juillet 2012 (Euronews France info, 06 et 07 juillet 2012)
  • Le 19 décembre 2019, lors de la quinzième grande conférence de presse annuelle du chef de l’État russe, Vladimir Poutine répondait à une question sur la situation en Libye (Sputnik, 20 décembre 2019)

Références musicales

  • « Satellite Snyper » de Pantha du Prince (Label : Rough Trade)
  • « فيه وقت » du groupe El Rass and Al Nather (Label : autoproduit)
Chroniques
11H53
5 min
La Revue de presse internationale
Rediffusion
Lune de miel prudente entre la Chine et les talibans
Intervenants
  • professeur à l'Institut universitaire européen (European University Institute) de Florence
  • Ancien diplomate français à Tripoli , auteur de "Au coeur de la Libye de Kadhafi ", contributeur régulier du Monde diplomatique et du site Orient XXI
  • Directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe de Moscou
L'équipe
Production
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