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Un petit garçon vend des drapeaux talibans à Kaboul, le 22 août 2021
Épisode 1 :

Pakistan : la stratégie de l'ambiguïté

58 min
À retrouver dans l'émission

Au mois de juillet, alors que le groupe islamiste se rapprochait de Kaboul, le Président afghan Ashraf Ghani accusait son voisin le Pakistan d’avoir accueilli et laissé prospérer les talibans sur son territoire. Quelle est encore l'influence réelle du Pakistan sur les talibans ?

Des Pakistanais et des Afghans traversent la frontière à Chaman, alors que les Talibans viennent de reprendre le contrôle du pays
Des Pakistanais et des Afghans traversent la frontière à Chaman, alors que les Talibans viennent de reprendre le contrôle du pays Crédits : AFP - AFP

Après vingt ans de présence, le retrait des troupes américaines d’Afghanistan a laissé le champ libre aux talibans pour reprendre le pouvoir dans le pays. Or, en juillet 2021, alors que le groupe islamiste se rapproche de Kaboul, le Président afghan Ashraf Ghani pointe la responsabilité de son voisin pakistanais, accusé d’accueillir des talibans sur son territoire. Une accusation aussitôt rejetée par le Premier Ministre pakistanais Imran Khan. 

Avec les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite, le Pakistan était l’un des rares pays à reconnaître le gouvernement des talibans en 1996. Mais après le 11 septembre, le pays semble se ranger derrière les États-Unis dans leur lutte contre les groupes djihadistes. Pourtant, la traque de l’ancien chef d’Al-Qaïda Ben Laden avait déjà conduit jusqu’à une cache située en territoire pakistanais : Abbottabad, une ville localisée dans le nord du pays.

Faut-il en conclure que les deux dernières décennies n’ont été qu’ambiguïté et double-jeu ? Islamabad a-t-il été un acteur majeur dans le retour des talibans au pouvoir à Kaboul ? Si oui, dans quel but ? Quelles sont les conséquences politiques du retour des talibans pour le Pakistan ? 

Florian Delorme s'entretient avec Jean-Luc Racine, directeur de recherche au CNRS, chercheur senior au think tank Asia Centre, Gilles Dorronsoro, professeur de science politique à l'Université Paris I et membre sénior de l'Institut universitaire de France, spécialiste de l’Afghanistan et de la Turquie et Fatiha Dazi-Héni, politologue, spécialiste des monarchies de la péninsule arabique, chercheuse à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM) et enseignante à l'IEP de Lille.

Islamabad rappelle avoir joué un rôle décisif en ramenant les talibans à la table des négociations avec les Américains. (…) Mais l’ambiguïté demeure en ce que, pour Islamabad, mieux vaut avoir le gouvernement des talibans à Kaboul qu’un gouvernement pro-indien, comme l’était celui d’Ashraf Ghani. Jean-Luc Racine

Du côté pakistanais, on a une très longue stratégie qui se déploie depuis plusieurs décennies : toujours soutenir des mouvements islamistes, pour faire passer l’Afghanistan dans la sphère d’influence pakistanaise - et aujourd’hui chinoise -mais aussi s’ouvrir à l’Asie centrale. C’est cette stratégie qui vient de réussir aujourd’hui. Gilles Dorronsoro

Seconde partie, le focus du jour

Qatar : accueillir les négociations, pour quels bénéfices ? 

Depuis 2018, le Qatar accueille à Doha le cycle de négociations entre les talibans, les Etats-Unis et le gouvernement afghan, qui aboutissent à la signature de l’Accord de Doha en août 2020. Un accord qui conduit au départ des troupes étrangères. Alors que les talibans ont cet été repris Kaboul, le Qatar offre encore ses services aux Etats-Unis, en servant de base d’évacuation des ressortissants et réfugiés. 

Avec Fatiha Dazi-Héni, politologue, spécialiste des monarchies de la péninsule arabique, chercheuse à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM) et enseignante à l'IEP de Lille

Références sonores

  • Extrait du discours d’Ashraf Ghani prononcé en Ouzbékistan à propos de l’afflux des talibans provenant du Pakistan en Afghanistan (RTA Pashto, 17 juillet 2021) 
  • Extrait d’une interview d’Imran Khan donnée à la chaîne américaine PBS, dans laquelle il revient sur les 10 000 talibans qui seraient au Pakistan (PBS, 28 juillet 2021)
  • Témoignage de deux habitants de Lahore à la suite de l’attentat perpétré par le TTP en mars 2016 (France 3, 29 mars 2016)
  • Le ministre des affaires étrangères qatari, Sheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, expliquait le 23 août dernier sur CNN le rôle qu’avait joué son pays dans les pourparlers de paix entre le gouvernement afghan et les talibans, et l’échec de ceux-ci (CNN, 23 août 2021)

Références musicales

  • « Durga Doesn't Approve » de Lapgan (Label : autoproduit)
  • « Woh Kon Hai ? » de Malang Party, groupe d’Islamabad (Label : Aleph Records)
Chroniques
11H53
7 min
La Revue de presse internationale
Rediffusion
L'ouragan Ida déferle sur la Louisiane pour souffler les 16 bougies de Katrina
Intervenants
  • Professeur de science politique à l'Université Paris I et membre sénior de l'Institut universitaire de France, spécialiste de l’Afghanistan et de la Turquie
  • directeur de recherche au CNRS, chercheur senior au think tank Asia Centre
  • Politologue, spécialiste des monarchies de la péninsule arabique, chercheuse à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM) et enseignante à l'IEP de Lille
L'équipe
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