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La Grande-Bretagne a déclaré le jeudi 24 décembre 2020 qu'un accord avait été obtenu sur la future relation du pays avec l'Union européenne, après des discussions de dernière minute quelques jours seulement avant la date-butoir.
Épisode 2 :

Irlande, Ecosse : le Brexit fossoyeur de l’Union

58 min
À retrouver dans l'émission

Un accord a finalement été conclu sur la mise en œuvre d'une frontière douanière en mer d’Irlande. Mais il est loin de résoudre toutes les tensions créées en Irlande par le Brexit - y réanimant même des désirs de réunification, tandis qu'en Ecosse, la question indépendantiste est au centre du débat.

Des voitures passent devant un panneau d'affichage anti-Brexit et pro-unité, le 1er octobre 2019 à la frontière entre Newry en Irlande du Nord et Dundalk en République d'Irlande.
Des voitures passent devant un panneau d'affichage anti-Brexit et pro-unité, le 1er octobre 2019 à la frontière entre Newry en Irlande du Nord et Dundalk en République d'Irlande. Crédits : PAUL FAITH - AFP

L’Irlande du Nord, cette petite province d’un peu moins de 2 millions d’habitants, si lointaine de Londres et trop souvent déconsidérée par Westminster, s’était retrouvée au cœur de toutes les craintes entourant le Brexit, à cause d’un possible retour d’une frontière qui aurait mis en péril l’accord du Vendredi Saint, signé en avril 1998 et qui avait permis de retrouver la paix après des décennies de violences.

Finalement, Bruxelles et l’exécutif britannique sont parvenus à s’entendre au tout dernier moment, et le spectre du retour d’une frontière avec la République d’Irlande est écarté. Pourtant, rien n’est gagné, et l’unité britannique reste aujourd'hui menacée.

C'est d'abord du côté de Belfast qu'il faut se tourner puisque, désormais, c’est la perspective d’une réunification de l’ile irlandaise qui inquiète les Unionistes, mais aussi du côté d’Edimbourg, où depuis juin 2016, les nationalistes écossais mettent la pression pour obtenir une nouvelle consultation populaire sur l’indépendance, malgré la défaite du non lors du referendum de 2014. Même au Pays de Galles, l'on évoque désormais l’hypothèse d’une indépendance, avec le parti Plaid Cymru, qui, lui, a promis de prendre ce chemin en cas de victoire aux élections du Parlement gallois de mai prochain.

Le Royaume-Uni pourrait-il s’effondrer sur lui-même ? Jusqu’où les nationalismes – irlandais, écossais, gallois, et même anglais – pourraient-il s’exacerber ? Qu’est-ce qui peut sauver l’unité britannique, et à quel prix ?

Une discussion en compagnie de Christophe Gillissen, Professeur de civilisation britannique et irlandaise à l'Université de Caen Normandie, et d'Agnès Maillot, Professeure à la Dublin City University.

Tant les Unionistes que les Républicains nationalistes se sont dits soulagés qu'il y ait un accord - l'absence d'un accord aurait été purement chaotique pour l'Irlande du Nord - ce qui fait que nous sommes dans une position un peu trouble : le DUP, parti au pouvoir, avaient dit qu'ils refuseraient toute situation qui donnerait à l'Irlande du Nord un statut particulier, mais se sont eux-mêmes dits soulagés à la signature du "deal". Agnès Maillot

Il y a encore deux ans, lorsque le DUP tenait le parti Conservateur et Theresa May en otage à Westmister, au parlement britannique  (puisque la majorité des Conservateurs dépendait des 10 sièges du DUP) les Unionistes avaient l'impression de faire la loi à l'échelle de l'Europe entière. Depuis, la situation a changé du tout au tout : les Conservateurs ont une majorité écrasante, et Boris Johnson est revenu sur ses engagements alors qu'il leur avait promis monts et merveilles. Christophe Gillissen

Seconde partie - le focus du jour 

Le Brexit : une aubaine pour le camp indépendantiste écossais ?

« L’Ecosse sera bientôt de retour, laissez la lumière allumée » : c’est le message qu’adressait jeudi 31 décembre, sur Twitter, Nicola Sturgeon à l’Union Européenne, quelques heures avant que le Brexit ne devienne également une réalité complète pour les 5 millions de citoyens écossais. Est-ce la gestion chaotique du Brexit qui a changé la donne, en Ecosse, sur la question de l’indépendance ? Le SNP pourra-t-il transformer l’essai en provoquant un second référendum ? Mais pour ce faire, en a-t-il réellement les moyens ?

Avec Nathalie Duclos, professeure de civilisation britannique à l’université de Toulouse 2-Jean Jaurès. Ses recherches portent sur la politique écossaise contemporaine, et notamment sur le nationalisme et la représentation politique en Écosse.

Politiquement, les Indépendantistes se sont très fortement opposés à l'accord signé par l'équipe de Boris Johnson - un accord qui n'a pas du tout pris en compte des attentes de l'Ecosse, qui étaient celles d'un "soft Brexit" qui aurait permis le maintien du Royaume-Uni ou, à défaut, de l'Ecosse dans l'union douanière ou dans le marché unique. Nathalie Duclos

La première ministre écossaise Nicola Sturgeon, portant un masque facial en raison de la pandémie de COVID-19, se prépare à répondre aux questions du Parlement écossais à Édimbourg, le 23 décembre 2020.
La première ministre écossaise Nicola Sturgeon, portant un masque facial en raison de la pandémie de COVID-19, se prépare à répondre aux questions du Parlement écossais à Édimbourg, le 23 décembre 2020. Crédits : ANDY BUCHANAN / POOL - AFP

Une émission préparée par Lucas Lazo et Nicolas Szende.

Références sonores

  • Boris Johnson à propos de l’accord trouvé avec l’Union européenne (BBC, 24 décembre 2020)
  • Adam Price, leader du parti gallois Plaid Cymru, exprimait ses doutes quant à l’unité britannique mi-décembre 2020 (The Herald Scotland, 11 décembre 2020)
  • Kieran Kennedy, chef d’entreprise en Irlande du Nord souhaite que l’Irlande soit unie et reste dans le giron de l’Union européenne (DW, 17 novembre 2020)
  • Témoignages de deux Nord-irlandais inquiets des conséquences du Brexit (Ruptly, 31 décembre 2020)
  • Extrait du discours de Nicola Sturgeon dans lequel la première ministre écossaise évoquait il y a un an l’indépendance de l’Ecosse (The Guardian, 31 janvier 2020)

Références musicales

  • « Silentium larix » de Pantha du prince (Label : BMG)
  • « Shack up » du groupe A certain ratio (Label : Soul jazz record)
Chroniques
11H53
5 min
Le Tour du monde des idées
2020 sous la loupe de l'éditorialiste du New York Times
Intervenants
  • professeur de civilisation britannique et irlandaise à l'Université de Caen Normandie
  • Professeure à l’Université de Dublin (Dublin City University)
  • maître de conférences en civilisation britannique à l’université de Toulouse 2-Jean Jaurès
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