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La Grande-Bretagne a déclaré le jeudi 24 décembre 2020 qu'un accord avait été obtenu sur la future relation du pays avec l'Union européenne, après des discussions de dernière minute quelques jours seulement avant la date-butoir.
Épisode 3 :

Économie : “Build back better”, really ?

57 min
À retrouver dans l'émission

Très durement touché par la crise du Covid-19, le Royaume-Uni se lance dans une grande inconnue économique avec le Brexit. Si Boris Johnson avait promis de "reconstruire en mieux" son pays, que reste-t-il, aujourd'hui, de cet horizon ? Relance post-pandémie et Brexit sont-ils compatibles ?

Le Premier ministre britannique Boris Johnson pose des briques en s'entretenant avec des étudiants lors de sa visite à l'Exeter College à Exeter, dans le sud-ouest de l'Angleterre, le 29 septembre 2020.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson pose des briques en s'entretenant avec des étudiants lors de sa visite à l'Exeter College à Exeter, dans le sud-ouest de l'Angleterre, le 29 septembre 2020. Crédits : FINNBARR WEBSTER / POOL - AFP

Boris Johnson l’avait promis : l’après-Brexit et l’après-Covid seraient l’occasion de reconstruire en mieux. Délivré des réglementations européennes, le Royaume-Uni pourrait reprendre le contrôle sur son économie, et ce pour le meilleur. Un argumentaire rejeté par les opposants au Brexit, qui pointaient le coût financier du divorce. Cette controverse, qui n’a pour l’heure pas été tranchée, semble aujourd’hui secondaire face au reconfinement total de l’Angleterre, décidé ce mardi par Boris Johnson - tandis que l’Ecosse et le Pays de Galles ont pris des mesures similaires.

Si l’économie britannique, soutenue par une politique budgétaire et monétaire forte et des dispositifs de chômage partiel ayant permis de préserver l’emploi, semblait, en octobre, sur le seuil d’une reprise difficile mais sûre, mais elle est aujourd’hui face à une vertigineuse incertitude. La menace d’un Brexit sans accord, qui aurait encore aggravé la situation, a été déjouée in extremis le 24 décembre, mais il est difficile de prédire à long terme l’impact de l’accord conclu. De nombreux points n’y sont pas abordés, à l’instar des services financiers, qui représentent pourtant 7% du PIB britannique. Il reste aux britanniques, désormais seuls maitres à bord, l’immense tâche de définir leur futur modèle économique.

Dans quelle mesure les dernières évolutions de la crise sanitaire ont-elles aggravé la crise économique que traverse le Royaume-Uni ? A quels premiers effets du Brexit s’attendre, dans les prochains mois, sur l’activité du pays ? Vers quel modèle économique le Royaume-Uni s’achemine-t-il à long terme ? Boris Johnson, qui rêve de faire son pays la nouvelle plaque tournante de la mondialisation, a-t-il les moyens de ses ambitions ?

Une discussion en compagnie de Catherine Mathieu, économiste à l’OFCE, spécialiste du Royaume-Uni, et de Kevin O’Rourke, économiste et historien, professeur à la New York University (campus d'Abou Dhabi).

Pour aller plus loin : retrouvez ici un article rédigé par Catherine Mathieu pour la revue de l'OFCE, et intitulé Brexit: What economic impacts does the literature anticipate? (2020).

Il y a beaucoup d'économistes qui pensent qu'au Royaume-Uni, si l'on réussit à vaincre le virus avec un vaccin, la reprise se fera de manière presque automatique, vu qu'il y aura beaucoup de dépenses qui se feront. Mais entre-temps, beaucoup d'entreprises feront faillite et beaucoup de travailleurs seront séparés de leurs employeurs. Kevin O’Rourke

Le Chancelier de l'Echiquier britannique, Richi Sunak, est conservateur et très partisan du "bon état" des finances publiques, d'avoir des comptes publics à l'équilibre - mais il se retrouve à être nommé Chancelier au printemps 2020, alors que l'on entre en crise sanitaire et qu'il faut prendre des mesures d'urgence. Il est pris dans la réalité sanitaire et doit mener une politique budgétaire qui ne correspond pas du tout à ce qu'il souhaitait. Catherine Mathieu

Seconde partie - le focus du jour 

Le fléau de la pauvreté infantile

Depuis plusieurs mois, le footballeur anglais Marcus Rashford mène une campagne active en faveur des repas gratuits à l’école pour les enfants défavorisés. Sa mobilisation a obligé le gouvernement conservateur, qui avait d’abord refusé de maintenir cette aide pendant les vacances et le confinement, à revenir sur sa décision. Un enjeu central au Royaume-Uni, où la pauvreté infantile est un fléau récurrent, au point qu’en décembre dernier, l’Unicef a débloqué des fonds pour offrir des petits-déjeuners gratuits aux enfants les plus pauvres de la cinquième puissance économique mondiale.

Avec Anne Daguerre, chercheuse à la Brighton Business School, spécialiste des politiques sociales.

Plusieurs think tanks estiment que sur les trajectoires actuelles de politiques publiques, la pauvreté infantile au Royaume-Uni, qui représente aujourd'hui 4,5 millions d'enfants, pourrait toucher 5,2 millions d'enfants d'ici 2022. Anne Daguerre

Des piétons passent devant une peinture murale de l'artiste Akse P19 du joueur de football de Manchester United Marcus Rashford, à Withington, Manchester, au nord-ouest de l'Angleterre, le 8 novembre 2020.
Des piétons passent devant une peinture murale de l'artiste Akse P19 du joueur de football de Manchester United Marcus Rashford, à Withington, Manchester, au nord-ouest de l'Angleterre, le 8 novembre 2020. Crédits : Paul Ellis - AFP

Références sonores 

  • Boris Johnson promet aux Britanniques de « reconstruire en mieux » (Parti Conservateur, 07 octobre 2020)
  • Le ministre des Finances Rishi Sunak reconnaissait en août 2020 que le Royaume-Uni devait affronter des temps difficiles (Euronews, 12 août 2020)
  • En octobre 2020, le Royaume-Uni et le Japon ont signé un accord de libre-échange. On entend successivement Liz Truss, ministre du Commerce britannique puis Toshimitsu Motegi, ministre des Affaire étrangères du Japon (Euronews, 23 octobre 2020)
  • Marcus Rashford lit un extrait de sa lettre à Boris Johnson à propos des repas scolaires gratuits (Dailymail, 22 décembre 2020)

Références musicales

  • « Sunshine recorder » de Boards of Canada (Label : Warp)
  • « Tired of England » de Dirty Pretty Things (Label : Mercury)

Une émission préparée par Margaux Leridon et Mélanie Chalandon.

Chroniques
11H53
5 min
Le Tour du monde des idées
Suicide du professeur Mike Adams, victime de la montée de l'intolérance sur les campus américains

Bibliographie

Intervenants
  • économiste à l’OFCE, spécialiste du Royaume-Uni
  • économiste et historien, professeur à la New York University (Abou Dhabi)
  • chercheuse à la Brighton Business School, spécialiste des politiques sociales
L'équipe
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