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Des soldats français à la base aéronavale de Lanveoc-Poulmic à Lanveoc, dans l'ouest de la France, le 20 novembre 2020.
Épisode 3 :

Indo-Pacifique : une influence fragile

58 min
À retrouver dans l'émission

La France, “dernier pays européen du Pacifique”, tente depuis plusieurs années de mettre sur pied une stratégie d’influence dans cette région du monde. Un projet désormais compromis par la crise des sous-marins et la concurrence chinoise et états-unienne.

Emmanuel Macron devant les troupes du régiment du service militaire adapté (RSMA) sur l’île Hiva Oa en Polynésie française le 26 juillet 2021.
Emmanuel Macron devant les troupes du régiment du service militaire adapté (RSMA) sur l’île Hiva Oa en Polynésie française le 26 juillet 2021. Crédits : Jacques WITT - AFP

L’avenir semblait radieux ce 2 mai 2018 à la base militaire de Garden Island en Australie. Fort de la signature, deux ans plus tôt, du fameux contrat de vente des sous-marins français à Canberra, le Président français se félicitait du renforcement des liens avec l’allié australien et profitait de la tribune pour rappeler non seulement la présence historique de la France dans la région mais surtout le rôle qu’elle compte bien y jouer dans les années à venir.

« Dernier pays européen du Pacifique » comme aime à le rappeler le Président Macron, la France y détient en effet 90% de sa Zone Economique Exclusive (ZEE). 1,6 millions de ressortissants français y vivent, répartis entre la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Wallis et Futuna et l’île de la Réunion ... sans oublier les près de 7000 soldats qui y sont stationnés de manière permanente. 

Forte de ses intérêts économiques et stratégiques à défendre, voilà quelques années que diplomates, militaires et responsables politiques tentent de mettre sur pied une stratégie d’influence française dans cette région du monde dite « Indo-pacifique ». Et c’est précisément en renforçant ses partenariats avec des pays comme l’Inde, l’Australie ou encore le Japon que la France entend peser dans cet espace.

La rupture du contrat australien signe-t-elle l’arrêt de mort des ambitions françaises en Indo-Pacifique ? Sur quels autres partenaires stratégiques peut-elle désormais compter pour défendre ses intérêts à et sa vision ? Quels moyens économiques et surtout militaires pour peser réellement face à des géants comme la Chine et les Etats-Unis ? Enfin, le troisième referendum d’auto-détermination prévu en décembre en Nouvelle-Calédonie ne risque-t-il pas de fragiliser encore la légitimité territoriale de la France dans le Pacifique ?  

Pour l’Australie, le Pacifique et les îles de la Mélanésie forment un glacis protecteur. Elles doivent donc être stables et sous l’influence d’une puissance amie, au risque de devenir potentiellement des têtes de pont contre sa sécurité nationale. Sarah Mohamed-Gaillard

Une vision stratégique de l’Indo-Pacifique implique que l’on s’associe davantage à des pays souverains, plutôt que de chercher à prendre appui sur nos héritages coloniaux. C’est ce que le partenariat franco-indien est entrain de montrer : on a besoin de joindre nos forces pour résister à la Chine, alors on partage les bases militaires. Christophe Jaffrelot

Florian Delorme reçoit Christophe Jaffrelot, directeur de recherche au CERI-Sciences Po/CNRS et co-directeur de l'Observatoire franco-allemand de l'Indo-Pacifique, et Sarah Mohamed-Gaillard, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) où elle enseigne l'histoire de l'Océanie. 

Seconde partie : le focus du jour 

France et Japon : des “partenaires exceptionnels” ? 

La ministre française de la Défense Florence Parly et son homologue japonais Itsunori Onodera avant des discussions à Tokyo, le 27 janvier 2018.
La ministre française de la Défense Florence Parly et son homologue japonais Itsunori Onodera avant des discussions à Tokyo, le 27 janvier 2018. Crédits : TOSHIFUMI KITAMURA - AFP

Au mois de mai dernier, la marine française participait à des manœuvres militaires inédites au large de l’archipel japonais. En étroite collaboration avec l’armée japonaise – mais aussi américaine et australienne – le porte-hélicoptère amphibie Tonnerre et la frégate Surcouf ont participé à des exercices en mer de Chine orientale, incluant la simulation d’un débarquement sur une île. 

Une étape importante dans le développement de la coopération diplomatique et militaire entre la France et le Japon. Amorcée depuis une dizaine d’années entre les gouvernements des deux pays, la relation a même été qualifiée de “partenariat d’exception” par l’ancien Premier Ministre japonais Shinzo Abe. 

Mais quelle est vraiment la nature et la solidité de la coopération franco-japonaise dans l’Indo-Pacifique ? Quel intérêt pour le Japon, proche allié des Américains, à se rapprocher de la France ? Enfin, les deux pays partagent-ils vraiment la même vision et les mêmes intérêts dans la région ?  

La logique promue par Obama était de voir les alliés des Américains se rapprocher. Les Japonais ont adhéré à l’idée et se sont efforcés d’agir dans ce sens. Sur un plan industriel, cela permet aux Japonais de mutualiser la recherche et le développement (…), et avec les Français d’étendre et de renforcer leurs capacités de renseignement. Guibourg Delamotte

Avec Guibourg Delamotte, maîtresse de conférences et habilitée à diriger des recherches en science politique à l’Inalco, chercheuse à l’IFRAE, associate professor à University of Tokyo Graduate Law School, chercheuse invitée au RCAST de l'université de Tokyo (Research Center for Advanced Science and Technology).

Références sonores

  • Extrait du discours d’Emmanuel Macron le 2 mai 2018 à Canberra lors de la conférence de presse commune avec le Premier ministre australien Malcolm Turnbull, où il est question d’un partenariat majeur entre les deux pays dans la zone indopacifique (Site de l’Elysée, 02 mai 2018)
  • Deux partisans du « oui » puis deux partisans du « non » s’exprimaient en octobre dernier au micro de TV5 Monde à propos du référendum portant sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie (TV5 Monde, 02 octobre 2020)
  • Extrait de la déclaration de Narendra Modi en marge du G7 à Chantilly le 23 août 2019. Il évoquait un partenariat de longue date, notamment sur les questions d’armement (Site de l’Elysée, 23 août 2019)
  • Le capitaine de vaisseau Tranchant, pacha du PHA Tonnerre, explique comment les bâtiments de la mission Jeanne d’Arc ont participé en mai dernier à l’exercice ARC21 organisé par les Forces d’auto-défense japonaises sur l’île de Kyushu. (Marine nationale, 21 mai 2021)

Références musicales

  • « Brandon » de Manitoba (Label : Leaf)
  • « In a Dream » du groupe japonais Cornelius (Label : Warner Music)
Chroniques
11H53
5 min
La Revue de presse internationale
Rediffusion
Viols et exploitation sexuelle au sein de l'OMS en RDC : la confiance à rebâtir
Intervenants
  • Directeur de recherche au CERI-Sciences Po/CNRS et co-directeur de l'Observatoire franco-allemand de l'Indo-Pacifique
  • Maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'Inalco, spécialiste de l'histoire de l'Océanie et de la politique de la France dans le Pacifique Sud
  • Maîtresse de conférences et habilitée à diriger des recherches en science politique à l’Inalco, chercheuse à l’IFRAE, associate professor à University of Tokyo Graduate Law School, chercheuse invitée au RCAST de l'université de Tokyo (Research Center for
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