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1er septembre 2020, Kenosha, Wisconsin, États-Unis - des manifestants pro- et anti-Trump se confrontent à Kenosha, où des policiers ont tasé et tiré sept fois sur Jacob Blake, un jeune homme noir.
Épisode 1 :

Présidentielle 2020 : dernière campagne avant le chaos

58 min
À retrouver dans l'émission

J-50 avant les présidentielles aux États-Unis. Comment la pandémie, mais aussi la marque indélébile que Trump a imprimée à la politique américaine, ont-elles bouleversé une campagne oscillant entre clivages fondamentaux et unions de circonstance ?

27 août 2020, Maison Blanche, Washington D.C., États-Unis - Tiffany Trump, Donald J. Trump, Melania Trump et Barron Trump se trouvent sur scène pour la clôture de la convention du Parti Républicain.
27 août 2020, Maison Blanche, Washington D.C., États-Unis - Tiffany Trump, Donald J. Trump, Melania Trump et Barron Trump se trouvent sur scène pour la clôture de la convention du Parti Républicain. Crédits : Erin Scott / POOL/EPA - Maxppp

Fin août, le parti Républicain et le parti Démocrate, qui s’opposent dans l’élection présidentielle du 3 novembre prochain, ont chacun lancé leur convention, annonçant officiellement leur « ticket » – un candidat et son, ou sa, vice-président-e. D’un côté comme de l’autre, le traditionnel moment de liesse partisane a laissé place cette année à une cérémonie uniquement virtuelle, pandémie mondiale oblige.

Le pays, affaibli par la pandémie de Covid-19, touché par une récession économique importante, traversé par des tensions raciales exacerbées et meurtrières, plonge dans l’inquiétude. Donald Trump joue sur cette crainte, faisant planer la menace du chaos si Joe Biden est élu : les Etats-Unis perdraient ses valeurs et sa sécurité, « l’extrême gauche radicale » serait au pouvoir. A cette présupposée menace s’oppose celle, grandissante, que Trump ne sape définitivement la légitimité du scrutin, du fait d’hypothétiques fraudes par le recours au vote par correspondance...

Rarement une campagne américaine se sera déroulée dans un tel climat de tensions – voire même de violence – avec d’un côté un camp progressiste pour lequel il est désormais vital de faire perdre Donald Trump, sans quoi l’Amérique y laisserait son âme ; et de l’autre un camp conservateur replié sur lui-même, pour qui ce dernier est le seul à même de défendre ses valeurs.

Mais entre les deux camps, le dialogue est rompu, à tel point que plusieurs observateurs craignent le retour d’une guerre civile.

En effet, Donald Trump, qui est aujourd'hui toujours distancé dans les sondages par son rival, a bien compris l’intérêt qu’il avait à jouer la carte de « la guerre culturelle » et à se placer comme le candidat « de l’ordre et de la loi » alors que son bilan économique s’est évaporé sous l’effet de la pandémie. Il est poussé en ce sens par des partisans qui le soutiennent à la vie, à la mort, comme on l’a vu dans ce dramatique événement de Kenosha, Wisconsin, où se déroulaient fin août des manifestations contre les violences policières, et au cours duquel un de ses jeunes partisans, Kyle Rittenhouse, militant pro-armes d’extrême-droite, a été arrêté après avoir tué deux manifestants.

Quels sont, alors, les risques que la prochaine élection aboutisse à une situation de chaos ? Une guerre civile est-elle réellement possible aux États-Unis ? Comment le pays en est-il arrivé là ? Quelles sont les stratégies des démocrates et des Républicains pour l’emporter ? Quelle Amérique se réveillera au lendemain du scrutin ?

Le problème n'est pas tant que les supporters extrémistes de Trump existent, mais qu'ils soient chauffés à blanc par le Président qui, au lieu de calmer la situation, indique qu'il y aura de la fraude électorale, indique qu'il ne peut pas perdre, qu'il ne quittera pas la Maison Blanche si il perd. Il prépare cette base de soutiens à refuser le résultat des élections, et à exprimer ce refus de manière violente.  Françoise Coste

On assiste peut-être à la fin d'un cycle dans l'histoire du parti Républicain. La question que se posent les historiens est celle de savoir si Trump est une anomalie dans l'histoire du parti, ou bien si c'est l'aboutissement des cinquante dernières années du parti Républicain. Aujourd'hui, le parti est une coquille vide. Depuis quatre ans, il n'y a eu aucun contrepoids venant de l'intérieur - les grands noms du parti, qui étaient pourtant opposés à Trump durant les primaires de 2016, sont rentrés dans les rangs. Françoise Coste

Kamala Harris est le « moins mauvais choix », concernant la vice-présidence. Elle est peu attaquée par Trump, elle incarne un profil complémentaire à Biden, mais en même temps, comme elle est assez modérée, elle est moins polarisante qu' Elisabeth Warren par exemple. Lauric Henneton

Le focus du jour : quelles stratégies numériques pour cette campagne électorale ?

Avec Ronan Le Goff, directeur associé de la Netscouade, agence de communication.

20 août 2020 - Joe Biden accepte la nomination du parti Démocrate, en marge de la convention entièrement dématérialisée du parti.
20 août 2020 - Joe Biden accepte la nomination du parti Démocrate, en marge de la convention entièrement dématérialisée du parti. Crédits : Richard B. Levine - Maxppp

Facebook va jouer un rôle considérable pour cette campagne d'élections présidentielles. En revanche, les choses vont être différentes, par rapport à la campagne de 2016. Trump avait totalement réécrit les règles en 2016 avec sa campagne victorieuse. Son équipe avait détourné les usages des plus grands réseaux sociaux, et l'on avait alors découvert des campagnes de désinformation, des interventions de trolls russes, le scandale Cambridge Analytica. Aujourd'hui, la campagne est presque exclusivement virtuelle, et les plateformes en ligne sont maintenant régulées. Ronan Le Goff

Extraits sonores

- Donald Trump estime s’il perd les prochaines élections, c’est parce qu’elles seront truquées (BFM, 18 août 2020)

- Joe Biden considère que Donald Trump a « empoisonné » la campagne électorale américaine (France 24, 1er septembre 2020)

- À Milwaukee, dans l’Etat du Wisconsin, un partisan de Joe Biden explique son choix au micro de France Info (reportage d’Agnès Vahramian, 18 août 2020)

- Extrait d’un reportage de Grégory Philipps dans lequel on entend le chef d’une milice pro-Trump expliquer pourquoi il s’est rendu à Portland (France Culture, reportage de Grégory Philipps, 20 août 2020)

- Barack Obama critique frontalement Donald Trump lors de la Convention démocrate, le 19 août 2020 (France Culture, 20 août 2020)

Extraits musicaux

- « Slow Blues » du Wu Tang Clan (Label : BG / IH2D / Hip Hop Distribution)

- « Chapter 319 » par Clipping (chanson reprise sur Tik Tok) (Label : Deathbomb Arc / Sub Pop)

- « Long list of troubles » de Gregory Porter (Label : Blue Note)

Chroniques

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5 min

Le Tour du monde des idées

QAnon ou le complotisme d'un nouveau genre (1/4) : D'étranges prophéties
Intervenants
  • maître de conférences à l'Université de Versailles - Saint Quentin-en-Yvelines
  • Historienne, professeure à l’université Toulouse 2, spécialiste de la droite américaine et du parti républicain
  • directeur associé de la Netscouade, agence de communication
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