LE DIRECT
1er septembre 2020, Kenosha, Wisconsin, États-Unis - des manifestants pro- et anti-Trump se confrontent à Kenosha, où des policiers ont tasé et tiré sept fois sur Jacob Blake, un jeune homme noir.
Épisode 3 :

« America First » : et si Trump avait vu juste ?

59 min
À retrouver dans l'émission

En quoi la diplomatie trumpienne, que l’on a pourtant tendance à décrire comme chaotique et impulsive, pourrait-elle avoir une certaine cohérence ? Un bilan de performance de "l'art du deal" à la Trump, appliqué à sa politique étrangère.

Reno, Nevada, États-Unis, 12 septembre 2020 - Donald J. Trump monte à bord de l'Air Force One, avion présidentiel
Reno, Nevada, États-Unis, 12 septembre 2020 - Donald J. Trump monte à bord de l'Air Force One, avion présidentiel Crédits : Oliver Contreras / POOL/EPA/Newscom - Maxppp

Après l’annonce d’un accord de normalisation entre les Émirats arabes unis et Israël, c’est au tour du Bahreïn de suivre la voie, malgré le consensus existant dans le monde arabe depuis le début des années 2000 - par lequel aucune normalisation n’est possible avec l’état hébreu sans un règlement préalable de la question palestinienne...

Mais ça, c'était avant le président Trump, leader qui aime à renverser la table, à se montrer imprévisible, qui fait fi des règles diplomatiques traditionnelles, et dont la passion du deal est dévorante, au point de s’asseoir à la table du dernier dictateur d’une dynastie communiste – le cher leader Nord-Coréen Kim Jong Un –, ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avaient accepté de faire.

Guerre commerciale avec Pékin, retrait du Moyen-Orient mais pression maximale sur l’Iran, défiance à l’égard des alliés traditionnels, et notamment de l’Europe, rejet presque viscéral du multilatéralisme : le cavalier seul de Donald Trump n’a pas de frontière, mais reste à mesurer les effets de son action !

Les observateurs n’ont pas toujours compris la cohérence de la politique extérieure du 45ème président des États-Unis, et l’ont même, parfois, trouvé chaotique. Pourtant, son action n’est peut-être pas aussi saugrenue que ce qu’on a voulu dire parfois - à tel point que l'on peut se demander si ses choix ne s’inscrivent finalement pas dans une tendance plus lourde qui pourrait se poursuivre après son départ de la Maison Blanche...

Au-delà de la forme bien éloignée des canons de la diplomatie internationale, quel bilan faire de la politique extérieure américaine depuis quatre ans ? Qu’est-ce que le trumpisme en matière d’affaires étrangères, et qu’en restera-t-il ?

Dans quelle mesure le départ potentiel de Donald Trump de la Maison Blanche pourrait-il s'accompagner de la fin du repli et le grand retour du multilatéralisme ?

Le parti Républicain a beaucoup changé pendant le mandat de Trump. Sur un certain nombre de sujets de politique étrangère, il y a un alignement véritable de la part du parti Républicain. Et parfois même, le parti se veut être encore plus faucon que Trump envers la Russie, envers la Chine, envers les alliés européens. Alexandra de Hoop Scheffer

Trump perçoit avant tout l'Union Européenne comme une rivale sur le plan économique et commercial. Il avait même été jusqu'à dire que c'était une ennemie des États-Unis. C'est une vraie rupture par rapport aux présidences précédentes, mais il y a une quand même une certaine ambivalence dans l'attitude étatsunienne par rapport aux partenaires européens. On cherche à faire en sorte que l'Union Européenne s'unisse face à la Chine, mais l'on cherche sans cesse à nous diviser et à instaurer une pression entre Européens. Alexandra de Hoop Scheffer

Les focus du jour 

Le dossier afghan : La fin d’une guerre emblématique ?

Avec Karim Pakzad, chercheur à l'IRIS, spécialiste de l'Irak, de la Syrie, de l'Afghanistan et de l'Iran

Au début du mandat de Donald Trump, la plupart de ses conseillers à la défense étaient d'anciens généraux qui avaient servi en Afghanistan. Et sous la pression de ces généraux, Trump a changé d'attitude sur le dossier : il a envoyé davantage de soldats et a défini une nouvelle stratégie basée sur une menace contre le Pakistan. Ce sont des menaces qui n'ont eu aucun résultat, et c'est la raison pour laquelle Trump a ensuite changé d'attitude et a quasiment supplié les Pakistanais de l'aider à trouver une solution. Karim Pakzad

28 novembre 2019, base aérienne de Bagram, Afghanistan - Trump rend visite aux forces étatsuniennes déloyées en Afghanistan pour Thanksgiving
28 novembre 2019, base aérienne de Bagram, Afghanistan - Trump rend visite aux forces étatsuniennes déloyées en Afghanistan pour Thanksgiving Crédits : Olivier Douliery - AFP

Le dossier nord-coréen : La méthode Trump en échec

Avec Antoine Bondaz, Directeur du programme Corée à la Fondation pour la recherche stratégique et enseignant à Sciences Po

Les Nord-Coréens réalisent aujourd'hui que l'un des grands gagnants des sommets n'est, de façon paradoxale, ni la communauté internationale ni la Corée du Nord, mais peut-être la personne de Donald Trump, qui, en termes de gains politiques, y a marqué des points.  Antoine Bondaz

30 juin 2019, Corée du Nord - Donald Trump lors de sa rencontre avec Kim Jong-un dans la zone démilitarisée intercoréenne
30 juin 2019, Corée du Nord - Donald Trump lors de sa rencontre avec Kim Jong-un dans la zone démilitarisée intercoréenne Crédits : YONHAP/EPA - Maxppp

Extraits sonores

- Donald Trump annonce le nouvel accord de paix entre les Emirats Arabes Unis et Israël (The Telegraph, 13 août 2020)

- Donald Trump présente le nouvel accord de paix entre le Bahreïn et Israël (ABC, 11 septembre 2020)

- Mike Pompeo annonce un accord de paix "historique" entre les Etats-Unis et les Talibans (France 24, 29 février 2020)

- Donald Trump lors de sa rencontre avec Kim Jong-un dans la zone démilitarisée intercoréenne (The Guardian, 30 juin 2019)

Extraits musicaux

- « Zyx » de M. A. Beat ! (Label : BMM Records)

- « Sisyphus » d’Andrew Bird (Label : Loma Vista)

Chroniques

11H53
5 min

Le Tour du monde des idées

QAnon ou le complotisme d'un nouveau genre (3/4) : Une communauté d'initiés-enquêteurs
Intervenants
  • politologue, spécialiste de la relation transatlantique, directrice du bureau parisien du think tank The German Marshall Fund of the United States (GMF)
  • chercheur à l'IRIS, spécialiste de l'Irak, de la Syrie, de l'Afghanistan et de l'Iran
  • chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique, enseignant à Sciences-Po
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......