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25 mars 2015, une femme syrienne kurde marche avec son enfant devant les ruines de la ville de Kobané, également connue sous le nom d'Ain al-Arab.
Épisode 1 :

Régime al Assad : se maintenir à tout prix

58 min
À retrouver dans l'émission

Le Président syrien Bachar al Assad est toujours au pouvoir. Bien que son pays soit en ruine et son régime affaibli, il prépare pour ce printemps des élections présidentielles. Comment Bachar s’est-il maintenu au pouvoir ? Quelle est sa stratégie et celle de son clan ?

Un portrait du président syrien Bachar el-Assad est accroché à un poste de contrôle à Suran, dans la province de Hama, le 25 septembre 2019.
Un portrait du président syrien Bachar el-Assad est accroché à un poste de contrôle à Suran, dans la province de Hama, le 25 septembre 2019. Crédits : MAXIME POPOV - AFP

Alors que son pays est à l’état de ruine après dix ans de guerre et une révolution étouffée, le Président syrien Bachar al Assad est toujours au pouvoir. Il organise même au printemps une élection présidentielle dont l’issue est connue d’avance tant toute alternative a été scrupuleusement anéantie. Les élections législatives tenues l’été dernier ont vu la victoire attendue au Parlement du Parti Baas, au pouvoir depuis 50 ans. 

Aujourd’hui, Bachar al Assad est à la tête d’un pays exsangue, touché par une crise alimentaire et le virus du Covid qui éprouve encore un peu plus sa population. le régime d’Assad semble également affaibli de toute part et ses victoires militaires n’auraient pas été possibles sans le soutien de ses alliés iranien et russe.

Quelles sont les faiblesses, aujourd’hui, de ce régime syrien ? Après une révolution manquée, une guerre civile de dix ans, comment Bachar est-il parvenu à se maintenir malgré tout ? D’ailleurs quelle est sa marge de manœuvre réelle ? Jusqu’où le régime gère-t-il réellement le territoire militairement contrôlé par son armée ?
 

Pour en parler, nous recevons Salam Kawakibi, politologue, directeur du centre arabe de recherche et d’études politiques à Paris et Agnès Favier, professeure et chercheuse à l’Institut européen de Florence, directrice du programme Wartime and Post-Conflict in Syria (WPCS) de Middle East directions.

Ceux qui ont connu les œuvres de cette dynastie dans les années 1980 avec un silence inouï de la sécurité nationale, comprennent que ce n’est pas une histoire de temps, ce n’est pas un régime qui abdique face à une exigence populaire. Bachar a même inventé un slogan sur lequel il a basé sa lutte contre le peuple : « Bachar ou le chaos », en arabe on le dit ainsi « Ou bien Bachar ou on brûle le pays ». Salam Kawakibi

Il est très incertain de voir l’émergence de nouvelles contestations à l’heure actuelle,  car les Syriens passent leur temps dans les queues pour trouver du pain ou avoir du fioul. Ils sont dans une situation de survie au jour le jour qui les empêche de s’organiser pour contester. Agnès Favier

Seconde partie - le focus du jour 

Les sanctions renforcent la concentration économique autour du clan Assad

La loi César, décidée par Donald Trump et en vigueur depuis le mois de juin dernier, vise à renforcer les sanctions sur tous les acteurs économiques qui gravitent autour de la Syrie. Des membres très proches du pouvoir ont été ajoutés sur la liste des sanctionnables, comme Asma Al Assad, l’épouse du président.
Si les sanctions américaines sont critiquées pour compliquer le travail des humanitaires et appauvrir un peu plus les populations syriennes, il semble qu’elle renforce aussi la mainmise du clan Assad sur l’économie et la reconstruction.

Entretien avec Joseph Daher, professeur affilié à l'Institut européen de Florence, projet Wartime and Post conflict in Syria.

Ce ne sont pas les sanctions qui sont le résultat de la situation catastrophique de l’économie en Syrie. C’est en premier lieu le résultat de la guerre menée par le régime syrien et ses alliés sur la population syrienne et de ses politiques économiques, avec un approfondissement des politiques néolibérales et d’un "capitalisme des copains" qui a bénéficié à une minorité alors qu’une majorité a souffert de cela. Joseph Daher

Une émission préparée par Bertille Bourdon. 

Références sonores 

  • Dans une interview donnée à Russia Today en novembre 2019, Bachar el-Assad déclarait qu’il était impossible que la guerre en Syrie soit contre son propre peuple. (RT, itw par Afshin Rattansi, 12 novembre 2019) 
  • Témoignages de deux manifestants de la région de Soueïda qui défiaient encore en juin dernier le régime de Bacha el-Assad. (Arte reportage, reportage de Nicolas Joxe et de journalistes syriens, 23 juin 2020)
  • Extrait d’une déclaration de Bachar el-Assad en mai dernier dans laquelle il persiste, signe et estime que la reconquête des territoires du Nord-Ouest est « le prélude » à la défaite finale de ses opposants. (TV5 Monde, 04 mai 2020)

Références musicales 

  • « Field » de Christian Löffler (Label : Ki records)
  • « Chwaï we biyenda al-omr » de la chanteuse syrienne Lena Chamamyan

Chroniques

11H53
5 min

Le Tour du monde des idées

Etats-Unis : méritocratie... ou tyrannie du diplôme ?
Intervenants
  • politologue, directeur du centre arabe de recherche et d’études politiques à Paris
  • professeure et chercheuse à l’Institut européen de Florence, directrice du programme Wartime and Post-Conflict in Syria (WPCS) de Middle East directions
  • professeur affilié à l'Institut européen de Florence, projet Wartime and Post conflict in Syria.
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