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24/10/2018, BUENOS AIRES, ARGENTINE - La police anti-émeute argentine prend position lors d'affrontements avec des manifestants à l'extérieur du Congrès argentin
Épisode 2 :

Etats-Unis : l’urgence de la réforme

58 min
À retrouver dans l'émission

Après le meurtre de George Floyd, des voix se sont élevées aux Etats-Unis, ces derniers mois, pour dénoncer le racisme structurel de la police, mais aussi son usage peu contrôlé de la force. Mais que faire et quelle échelle adopter pour déconstruire la culture du maintien de l’ordre aux Etats-Unis ?

Le 1er juin 2020, lors d'une manifestation "Black Lives Matter" au Times Square, New York, des manifestants sont allongés sur le sol, les mains derrière le dos, pour demander justice concernant le meurtre de George Floyd.
Le 1er juin 2020, lors d'une manifestation "Black Lives Matter" au Times Square, New York, des manifestants sont allongés sur le sol, les mains derrière le dos, pour demander justice concernant le meurtre de George Floyd. Crédits : Timothy A. Clary, via Getty Images - AFP

Auditionné le 10 juin par une commission du Congrès, le frère de George Floyd, un Américain noir mort asphyxié par le genou d’un policier le 25 mai à Minneapolis, a livré un vibrant plaidoyer pour une réforme des forces de l’ordre aux Etats-Unis. Si les élus démocrates se sont empressés de proposer une loi « Justice dans la police », adoptée par la Chambre fin juin, celle-ci a très peu de chance d’être approuvée par le Sénat. Il faudra attendre l’arrivée effective de Joe Biden au pouvoir pour que le nouveau président, qui était intervenu en visioconférence aux obsèques de George Floyd, présente ses propres initiatives sur le sujet. 

Mais l’échelle fédérale n’est pas nécessairement la plus indiquée pour s’attaquer à cet enjeu, la Maison Blanche se trouvant prise en étau entre une Cour suprême très attachée à sa doctrine de l’immunité qualifiée, qui protège les policiers auteurs de violence, et des autorités locales qui ont bien davantage de latitude en matière de police - la plupart des effectifs étant municipaux. Des villes comme Atlanta, Minneapolis et San Francisco se sont d’ailleurs déjà attelées à des réformes au cours des derniers mois. 

Que peut-on en attendre ? Que nous disent les précédentes réformes dans le domaine ? Dans quelle mesure l’arrivée au pouvoir de Joe Biden pourrait-elle laisser envisager leur extension à une échelle fédérale ?

Dans quelle mesure un retour sur la doctrine de l’immunité qualifiée est-il envisageable, au sein d’une Cour suprême majoritairement conservatrice ? Et au-delà des réformes de la police stricto sensu, comment des changements de paradigme sur le port d’armes ou le trafic de drogue pourraient modifier la culture du maintien de l’ordre aux Etats-Unis ?

Avec Yann Philippe, maître de conférences en histoire et civilisation américaines à l’Université de Reims-Champagne-Ardenne, affilié au Centre d’études nord-américaines de l’EHESS, et Anne Deysine, professeure émérite de droit et civilisation américaine à l’Université Paris-Nanterre.

Les syndicats de policiers sont très puissants aux Etats-Unis. Et à chaque fois qu'il est question de baisser le budget de la police, de faire partir 150 millions pour les allouer à des tâches de nature plus sociale, il sont vent debout. Passer d'un type de police à une autre, c'est y mettre en cause des intérêts acquis. Anne Deysine

Les décisions de la Cour suprême indiquent les bases de ce que les policiers ont le droit de faire, mais il y a de plus en plus de réflexions, surtout chez les dirigeants policiers, sur ce qu'ils peuvent et devraient faire. De ce point de vue-là, il est intéressant de observer la capacité des départements de police et de la hiérarchie à être suffisamment informés de ce qui se passe sur le terrain, vu que les règlements policiers locaux ne sont pas respectés. Yann Philippe

Seconde partie - le focus du jour

L’interminable réforme de la police mexicaine

Quels sont les effets de la réforme de la police mexicaine, amorcée en 2014 et encore en cours de mise en œuvre, dont le but est de remplacer les 1800 polices municipales du pays par des unités de police à commandement unique dans chaque Etat fédéré ? Qu’attendre des manifestations contre les violences policières au Mexique ? Une discussion en compagnie d'Arnaud Exbalin, maître de conférences à l'Université Paris-Nanterre.

Depuis les années 2000, il y a une succession de réformes de police au Mexique. Mais pour moi, elles ne font guère illusion - il y a une expression mexicaine qui d'ailleurs dit qu'à 'police nouvelle, vieux vices'. Une de ces réformes est celle de la Guardia Nacional, mise en place en 2019 - il s'agissait de remplacer des policiers de l'échelle sub-nationale par une police plus proche du pouvoir central et du modèle militaire. Arnaud Exbalin

Mexico City, 11 novembre 2020 - Une femme militante écrit sur un mur "La police ne s'occupe pas de moi" lors d'une manifestation contre le meurtre de Bianca Alejandrina Lorenzana Alvarado, retrouvée morte le 8 novembre dernier à Cancun
Mexico City, 11 novembre 2020 - Une femme militante écrit sur un mur "La police ne s'occupe pas de moi" lors d'une manifestation contre le meurtre de Bianca Alejandrina Lorenzana Alvarado, retrouvée morte le 8 novembre dernier à Cancun Crédits : PEDRO PARDO - AFP

Références sonores

  • Philonise Floyd, le frère de George Floyd, appelait en juin dernier à une réforme de la police lors de son audition devant le Congrès (AFP, 10 juin 2020)
  • La présidente démocrate de la Chambre des Représentants Nancy Pelosi et le député démocrate Hakeem Jeffries lors du vote sur la réforme de la police promue par les démocrates, le 25 juin 2020 (TV5 Monde France 24, 25 juin 2020)
  • Extrait du discours du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador pour l’inauguration de la Guardia Nacional, à Mexico City, le 30 juin 2019 (Extrait de la chaîne Youtube d’Andrés Manuel Lopez Obrador, 30 juin 2019)

Références musicales

  • « Precision » de Hipcut (Label : Melting records)
  • « Sound of da police » de KRS One (Label : Jive)
Chroniques
11H53
5 min
Le Tour du monde des idées
La fuite des civils de l'Est devant l'Armée rouge, un tabou allemand
Intervenants
  • Maître de conférences en histoire et civilisation américaines à l’Université de Reims-Champagne-Ardenne, affilié au Centre d’études nord-américaines de l’EHESS
  • professeure émérite de droit et de civilisation américaine à l’Université Paris-Nanterre
  • maître de conférences à l'Université Paris-Nanterre, spécialiste du Mexique
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