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Bain de soleil avec en arrière-plan les installations d'un port à conteneurs de la mer du Nord, à Wremen, dans le nord-ouest de l'Allemagne, le 24 juillet 2019.
Épisode 1 :

De la Catalogne à la Flandre : la pression indépendantiste

58 min
À retrouver dans l'émission

En annonçant la grâce pour les douze leaders Catalans, le Premier ministre Pedro Sanchez tente d'apaiser les tensions entre les indépendantistes et le pouvoir central. Près de quatre ans après la tenue du référendum jugé illégal et illégitime, une stratégie du dialogue est-elle envisagée ?

Des manifestants agitent des drapeaux catalans pro-indépendance Estelada lors d'un rassemblement pour exiger la formation d'un cabinet de gouvernement régional, à Barcelone le 16 mai 2021.
Des manifestants agitent des drapeaux catalans pro-indépendance Estelada lors d'un rassemblement pour exiger la formation d'un cabinet de gouvernement régional, à Barcelone le 16 mai 2021. Crédits : Pau BARRENA - AFP

Le 7 juin dernier, lors d’une visite en Catalogne, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez annonçait vouloir gracier douze dirigeants catalans, condamnés pour avoir organisé le référendum de 2017 sur l’indépendance de la région. Condamné à 13 ans de prison, Oriol Junqueras - le chef de la gauche républicaine indépendantiste (ERC) - à semblé disposé à envisager cette grâce, qu’il refusait jusqu'à présent. Aujourd’hui, il va même jusqu’à concéder que l’indépendance unilatérale n’est plus réalisable et que  « la voie du pacte et de l’accord » est préférable. Ces signes d’apaisement entre les indépendantistes catalans et le pouvoir central ne sont pas du goût de tous, comme en témoignent les manifestations qui ont suivi l’annonce de Sanchez, dimanche dernier, à l’initiative de la droite du Parti Populaire et de l’extrême-droite de Vox.

La stratégie de Pedro Sanchez pourra-t-elle apaiser les tensions ? Serait-ce un signe de faiblesse, comme le dit l’opposition ? Le camp indépendantiste est-il aussi uni qu’il le laisse paraître ? Près de quatre ans après la tenue du référendum jugé illégal et illégitime, sommes-nous à un tournant dans la stratégie des indépendantistes, mais aussi du gouvernement ?

Nos invités sont Barbara Loyer, politologue spécialiste de l'Espagne et enseignante et chercheure en géopolitique à l'Université de Paris-VIII et Nicolas Marty, professeur d'histoire contemporaine Université de Perpignan Via Domitia. 

“Séparatiste” est un terme qui n’est jamais employé en Espagne, ou par une faible partie de l’opinion publique. De l’autre côté, le mot “nationaliste” peut être vu de façon assez particulière en France. Par exemple, un nationaliste basque ou catalan est une personne qui considère que la vie politique doit être le pays Basque ou la Catalogne. Le fait d’être articulé avec un État espagnol, ou non, est à discuter puisqu’en Espagne on peut être nationaliste et être associé à une vision de l’État espagnol. Nicolas Marty

La grâce répond d’une vision court-termiste, lorsqu’il y a une table de négociation bilatérale entre la Catalogne et le gouvernement espagnol, je ne pense pas que l’on essaye de réfléchir à la façon de transformer l’Espagne pour éviter des cassures. Barbara Loyer

Seconde partie - Le focus du jour

Belgique : une alliance de l’extrême droite flamande, une menace pour l’Etat fédéral ?

Un récent sondage belge montre qu’un électeur sur deux pourrait donner sa voix à un des deux partis d’extrême-droite flamand, la N-VA ou le Vlaams Belang. Aux racines de ces deux partis, une volonté indépendantiste pour la Flandre, la région néerlandophone et la plus riche du pays. Si cet objectif indépendantiste s’est quelque peu éloigné au fur et à mesure que les partis se rapprochent de pouvoir, la perspective d’une alliance entre les deux mouvements pourrait tout aussi bien déstabiliser l’Etat fédéral. Les élections législatives de 2024 pourraient être un laboratoire pour les alliances entre partis.

Avec Vincent Laborderie, maître de conférence à l’Université de Louvain.

L’indépendance n’est plus un sujet dans l’opinion flamande. Cette idée a surtout vécu en Belgique francophone en termes de peur. Même pendant les crises de 2007 et 2010, l’indépendance n’était pas tellement une problématique majeure en Flandre. La question est plutôt : comment faire fonctionner la Belgique et la Flandre et quelle est la relation à avoir entre les différents niveaux de pouvoir ? C’est à ce moment que la N-VA répond avec son confédéralisme. Vincent Laborderie

Une émission préparée par Bertille Bourdon.   

Références musicales 

  • Annonce des grâces par Sanchez  (El País, 31/05/2021)
  • Manifestante Contre les grâces (El Mundo, 13/06/2021)
  • Salvador Illa, homme politique espagnol membre du Parti des socialistes de Catalogne, dit se sentir prêt à s'investir en Catalogne. (El Mundo, 30/12/2020)
  • Carles Puigdemont, ancien président de la Catalogne au sujet de la perte d’immunité au Parlement européen.  (Franceinfo, 10/03/2021)
  • Peter de Roover, député de la Chambre des Représentants de Belgique, N-VA et Vlaams Belang, prêts à s’unir pour faire avancer l’autonomie de la Flandre. (RTBF, 20/05/2020)

Références sonores 

  • « Burn » Joy Orbison - Album Sleeping 2019  

Chroniques

11H53
6 min

Le Tour du monde des idées

Berlin 1933. Portrait moral d'une ville au bord de l'abîme
Intervenants
  • Politologue spécialiste de l'Espagne et enseignante et chercheure en géopolitique à l'Université de Paris-VIII
  • Professeur d'histoire Contemporaine Université de Perpignan Via Domitia
  • politologue, maitre de conférences à Institut d’études européennes de l’Université Catholique de Louvain (Belgique), spécialiste des nationalismes européens et de la reconnaissance des nouveaux Etats
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