LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Aperçu de la Cour Suprême américaine à Washington D.C. le 5 novembre 2021.
Épisode 3 :

Sebastian Piñera : ¡ basta de corrupción !

58 min
À retrouver dans l'émission

L’opposition chilienne a ouvert le procès en destitution du président Sebastian Pinera, mis en cause pour la vente d’une exploitation minière à un ami. A une semaine des élections, cette procédure achève Sebastian Pinera et toute la droite présidentielle.

Manifestation marquant le deuxième anniversaire de mois de protestation civile contre l’inégalité sociale à Santiago, le 18 octobre 2021.
Manifestation marquant le deuxième anniversaire de mois de protestation civile contre l’inégalité sociale à Santiago, le 18 octobre 2021. Crédits : Martin BERNETTI - AFP

C’est au terme d’un discours de quatorze heures du député socialiste Jaime Naranjo, pour permettre à des parlementaires de terminer leur quarantaine et de venir voter, que l’opposition chilienne est parvenue à ouvrir le procès en destitution du président Sebastian Piñera. En cause, la vente d’une exploitation minière à l’un de ses amis, conditionnée au fait que la zone en question ne soit jamais classée sanctuaire écologique – ce à quoi il s’est ensuite opposé en tant que président. 

Même si la destitution a finalement été rejetée par le Sénat hier, cette procédure intervient à une semaine des élections présidentielles et scelle le sort de Sebastian Piñera. Elle vient aussi considérablement affaiblir son camp, dépassé sur sa gauche par des mouvements issus de la société civile et du soulèvement populaire de 2019, et sur sa droite par un candidat ultraconservateur nostalgique de Pinochet.

Pour les uns comme pour l’autre, cette affaire de corruption est une nouvelle arme contre le président sortant, milliardaire issu des milieux d’affaires et symbole d’une oligarchie dont le Chili semble las. Alors que le pays est en plein processus constitutionnel pour remplacer la loi fondamentale héritée de la dictature, la nécessité de tourner une page semble plus urgente que jamais.

Comment les affaires qui touchent Piñera influent-elles sur la campagne électorale, et plus largement sur la recomposition politique en cours au Chili ? Au-delà de cette procédure institutionnelle, où en est l’enquête judiciaire contre le président ? Que risque-t-il, une fois qu’il aura quitté le pouvoir ? 

Piñera est un homme politique, un entrepreneur multimillionnaire à la tête des plus grandes fortunes du Chili et de l’Amérique latine et qui s’est construit durant la dictature. (…) C’était un homme d’affaires qui contrôlait plusieurs éléments clés de l’économie chilienne. Franck Gaudichaud

L’argument central de Piñera est de dire, à partir de 2010, qu’il est Président de la République et non plus entrepreneur. Mais la zone est grise et floue, car ce sont des affaires familiales qui continuent à être gérées par le clan Piñera. Franck Gaudichaud

L’avancée de l’extrême droite dans les sondages fait partie de l’effondrement de la candidature de continuité de Sebastian Sichel, qui était en quelque sorte obligé de se présenter comme indépendant, pour ne pas porter la critique très forte envers le gouvernement en cours. Sebastián Pérez Sepúlveda

Florian Delorme reçoit Sebastián Pérez Sepúlveda docteur en sociologie de l’EHESS, attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Le Havre Normandie et Franck Gaudichaud, professeur d’études latino-américaines à l’Université Toulouse Jean Jaurès.

Seconde partie : le focus du jour

En Equateur, Guillermo Lasso rattrapé par les Pandora Papers

Le président équatorien Guillermo Lasso rencontre le Premier ministre espagnol au Palais de la Moncloa le 4 novembre 2021 à Madrid.
Le président équatorien Guillermo Lasso rencontre le Premier ministre espagnol au Palais de la Moncloa le 4 novembre 2021 à Madrid. Crédits : GABRIEL BOUYS - AFP

Sebastian Piñera n’est pas le seul président latino-américain à apparaître dans les Pandora Papers. Son homologue équatorien, Guillermo Lasso, y est également cité, comme détenteur de pas moins de quatorze sociétés offshores. S’il s’en est "débarrassé" à temps pour ne pas tomber sous le coup du règlement interdisant de telles possessions aux candidats à la fonction suprême, ces révélations interrogent néanmoins, après une campagne axée sur l’éthique et la transparence. Le Parlement a donc lancé une enquête, mais le chef d’Etat refuse d’y collaborer.  

Le Président a menacé le Parlement de le dissoudre. On appelle cela « mort croisée », car s’il pratique cette dissolution, non seulement l’Assemblée est dissoute, mais c’est aussi le Président qui s’auto-dissout. La même chose peut se produire du côté de l’Assemblée nationale (…) c’est pour ça qu’à mon avis, elle va y réfléchir à deux fois avant de lancer une enquête contre le Président Lasso. Emmanuelle Sinardet 

Avec Emmanuelle Sinardet, professeure de civilisation latino-américaine et responsable du Centre d’études équatoriennes à l’Université Paris-Nanterre.

Références sonores

  • Tomas Hirsch, député de l’opposition, estime «absolument inacceptables» les opérations réalisées par Sebastian Piñera «dans des paradis fiscaux» (France 24, 14 octobre 2021)
  • Sebastian Piñera considérait quelques jours avant le vote du Sénat hier que cet acte d’accusation n’a pas de fondement constitutionnel (France 24, 16 novembre 2021)
  • Le député socialiste Jaime Naranjo accuse Sebastian Piñera de faute grave dans l’exercice de son mandat et appelle l’assemblée à la destitution de celui-ci lors du vote (Televisión Pública Noticias, 09 novembre 2021)
  • En mai dernier, Sebastian Piñera s’exprimait sur la nouvelle convention constituante composée de candidats non-alignés sur des partis politiques (AFP, 17 mai 2021)
  • Extrait d’une interview télévisée de Guillermo Lasso mi-octobre dernier au cours de laquelle il se défendait de toute évasion fiscale (Gobierno del Encuentro, 14 octobre 2021)
  • Interview d’Emmanuelle Sinardet par Florian Delorme 

Références musicales

  • « Ser o Tener » de Carla Valenti (Label : New Latam Beats)
  • « Berta y Nicolasa » du groupe Mapuche Inche (Label : autoproduit)
Chroniques
11H53
6 min
La Revue de presse internationale
Rediffusion
En Ouganda, la marque de Daech derrière le terrorisme de la rébellion ADF ?
Intervenants
  • Docteur en sociologie de l’EHESS, attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Le Havre Normandie
  • Professeur d’études latino-américaines à l’Université Toulouse - Jean Jaurès
  • professeure de civilisation latino-américaine à l’université Paris Nanterre et directrice du centre d’études Equatoriennes
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......