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Soldats de la FAMA (Forces Armées Maliennes) lors d’une parade pour célébrer le 60ème anniversaire de l’indépendance du Mali, à Bamako le 22 septembre 2020.
Épisode 1 :

Soudan : la révolution confisquée

58 min
À retrouver dans l'émission

Le 25 octobre dernier, un coup d’Etat militaire renversait le gouvernement de transition soudanais partagé entre civils et militaires, mettant fin au processus de transition aux civils du pouvoir entamé depuis deux ans.

Jeunesse soudanaise lors d’une manifestation contre la prise du pouvoir par les militaires dans les rues de Khartoum le 4 novembre 2021.
Jeunesse soudanaise lors d’une manifestation contre la prise du pouvoir par les militaires dans les rues de Khartoum le 4 novembre 2021. Crédits : AFP

Le 25 octobre dernier, un coup d’Etat militaire renversait le gouvernement de transition soudanais, partagé entre civils et militaires. Un gouvernement à deux têtes, une partie civile avec Abdallah Hamdok, l’économiste devenu premier ministre et Al Burhan, Président de Conseil de souveraineté. Le Général Al Fattah Al Burhan a donc mis fin à cette cohabitation en retenant Hamdok prisonnier, et s’arrogeant les pleins pouvoirs. Il met ainsi fin au processus de transition du pouvoir aux civils, entamé depuis deux ans, suite au renversement d’Omar el Béchir par la même armée en 2019, après un puissant mouvement de révolte de la population soudanaise. Un mouvement de protestation contre de grandes difficultés économiques, mais aussi d’une aspiration démocratique, après 30 ans de règne autocratique d’Omar el Béchir. En deux ans, malgré la difficulté à mettre en œuvre cette transition du pouvoir aux civils et l’approfondissement de la crise économique, le désir de démocratie ne s’est pas du tout essoufflé, comme en témoigne la réaction d’une large part de la population, descendue dans la rue à la suite du coup d’Etat pour refuser cette prise en main du pouvoir par les militaires, bloquant le pays par des grèves générales. Des manifestations durement réprimées, puisque l’on compte déjà une dizaine de personnes tuées par l’armée. 

Le Coup d’Etat marque-t-il la fin du processus de transition démocratique ? L’opposition de la rue pourra-t-elle tenir tête aux militaires ? Une pression internationale, notamment de la part des Etats-Unis, pourra-t-elle porter ses fruits ? 

Malheureusement, il y a une tendance chez beaucoup de diplomaties internationales à se satisfaire de coups d’Etat et d’alliés militaires. (…) La pression internationale est donc extrêmement nécessaire mais doit être très claire. Raphaëlle Chevrillon-Guibert

Le Soudan n’a connu qu’une dizaine d’années de gouvernement civil (…). Aujourd’hui, les militaires ont l’impression d’être les seuls institutionnellement à même de représenter la nation soudanaise et d’être un gage d’efficacité. Clément Deshayes

Florian Delorme reçoit Clément Deshayes, anthropologue, enseignant à Paris 1, spécialiste du Soudan et Raphaëlle Chevrillon-Guibert, chercheuse à l’institut de recherche pour le développement (IRD).

Seconde partie : le focus du jour

Egypte : pour Sissi, défendre ses intérêts idéologiques et stratégiques au Soudan 

Le Chef d’Etat-major égyptien Mohammed Farid avec son homologue soudanais Muhammed Othman al-Hussein au nord de Khartoum le 31 mai 2021.
Le Chef d’Etat-major égyptien Mohammed Farid avec son homologue soudanais Muhammed Othman al-Hussein au nord de Khartoum le 31 mai 2021. Crédits : ASHRAF SHAZLY - AFP

Depuis le coup d’Etat du 25 octobre, un lien semble s’établir entre Abdel Fatah Al Burhan et Abdel Fatah Al Sissi, le maréchal égyptien qui a repris le pouvoir aux civils en 2013. Si Al Burhan semble suivre la “recette” de son voisin avec qui il a de grands liens historiques, les contextes sont différents, mais n’effacent pas les intérêts que porte l’Egypte au Soudan, qui semble désormais être de plus en plus seule à soutenir le coup d’Etat. En effet, un retour de l’armée pourrait l’aider à défendre ses intérêts dans la région, notamment sur l’alliance entre les deux pays contre le barrage GERD mené par l’Ethiopie. 

L’Egypte n’a pas condamné officiellement le coup mais ne le soutient pas franchement non plus. Elle cherche à se poser en médiateur entre les civils et les militaires, et semble aussi échaudée par son soutien passé à Omar el-Béchir (…) qui l’avait affaiblie sur le dossier du partage des eaux du Nil. Clément Steuer

Avec Clément Steuer, chercheur à l'Institute of International Relations, Prague

Références sonores

  • Le général Abdel Fattah al-Burhan, lors de l'allocution télévisée au cours de laquelle il a annoncé la dissolution des autorités de transition, ce lundi 25 octobre 2021, à Khartoum, au Soudan (TV5 Monde, 26 octobre 2021)
  • Témoignage d’une manifestante (France 24, 26 octobre 2021)
  • Réaction de Ned Price, porte-parole du Département d’Etat américain au coup d’Etat le 26 octobre dernier (France 24, 26 octobre 2021)
  • Extrait d’une conférence de presse au Caire du Major général Gaafar Nimeiry, président du Soudan en septembre 1970 (AP Archive, 26 septembre 1970)

Références musicales

  • « Mount » de The Blaze  
  • « Matalib » du chanteur Soudanais Sammany (invité par le label Colors records pour le projet A colors sudan show)
Chroniques
11H53
6 min
La Revue de presse internationale
Rediffusion
L'Irak rattrapé par la violence politique, un mois après les législatives
Intervenants
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