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La mascotte de Rennes se tient, pour cause de coronavirus, dans des tribunes vides lors du match de Ligue 1 entre le Stade Rennais et le RC Lens, au stade du Parc Roazhon à Rennes, le 5 décembre 2020.
Épisode 3 :

Racisme : les athlètes entrent en jeu

58 min
À retrouver dans l'émission

De la footballeuse Megan Rapinoe au basketteur LeBron James, les sportifs n’ont cessé de donner de la voix, ces derniers mois, pour dénoncer les discriminations subies par les Africains-Américains. Comment expliquer la place prépondérante des athlètes dans la lutte contre le racisme aux Etats-Unis ?

Des joueurs de l'équipe des 49ers de San Francisco s'agenouillent pour protester pendant l'hymne national avant leur match contre les Buccaneers de Tampa Bay, le 23 octobre 2016 à Santa Clara, en Californie.
Des joueurs de l'équipe des 49ers de San Francisco s'agenouillent pour protester pendant l'hymne national avant leur match contre les Buccaneers de Tampa Bay, le 23 octobre 2016 à Santa Clara, en Californie. Crédits : THEARON W. HENDERSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES - Sipa

Une émission présentée par Mélanie Chalandon.

Meghan Rapinoe, championne du monde de football, Lebron James, star du basketball, et Mickael Jordan, autre icône du basket : ils font partie de cette petite élite du milieu sportif qui a fait le choix d’utiliser sa renommée au service d’une cause. Ce qu'ils défendent, c'est la dénonciation du racisme et des violences policières aux Etats-Unis. En écho et en soutien au mouvement Black Lives Matter, ils sont de plus en plus nombreux à poser un genou à terre ou à lever le poing en début de match.  

Si le geste est symbolique, il n’est pas sans risque. En 2016, le joueur de football américain Colin Keapernick est alors le premier à refuser de se lever pour l’hymne américain. Son geste provoque la colère du Président Trump et d’une bonne partie de l’opinion publique - qui l’interprète alors comme un manque de respect à la nation. Mis sur le banc de touche par son club, le joueur n’a jamais pu revenir sur le terrain en tant que professionnel.  

Il faut dire que sport et politique ne font pas toujours bon ménage aux Etats-Unis : pour beaucoup la compétition y est perçue comme un divertissement, que le militantisme ne devrait pas perturber. Mais le monde du sport ne peut rester sourd aux discriminations raciales qui ne cessent de gangréner le pays, et dont les athlètes sont parfois les premières victimes. 

Assiste-t-on, aujourd'hui, à un réveil du mouvement sportif étatsunien sur les questions de société ? Les joueurs qui font entendre leurs voix aujourd’hui sont-ils les héritiers du boxeur Muhammad Ali ou du coureur Tommie Smith, qui, en leur temps, avaient accompagné le mouvement des droits civiques puis du « black power » ?  Si l’histoire de l’engagement des sportifs américains est longue, que nous dit celle en train de s’écrire actuellement ?  

Une discussion en compagnie d'Olivier Richomme, maître de conférences en civilisation américaine à l’université Lumière Lyon-2, et de François-René Julliard, doctorant en histoire contemporaine aux universités Clermont-Auvergne et Paris-Nanterre.

Colin Kaepernick avait demandé conseil pour trouver une manière de montrer son désaccord avec l'institution policière tout en respectant le drapeau et l'hymne américains. Il s'est mis à genoux en pensant que ce serait une marque de respect, mais la polarisation politique est telle aux Etats-Unis que le moindre écart lors de l'hymne national devient quelque chose de démesuré. Olivier Richomme

De manière générale, sur le temps long, les athlètes ne s'engagent pas de manière contestataire aux Etats-Unis - les deux exceptions à cette tendance étant les années 1960, que l'on a parfois appelées "la révolte de l'athlète Noir", ainsi qu'aujourd'hui, à partir des années 2010. Pour le reste, il y a un consensus sur l'idée que l'athlète n'est pas un militant légitime à prendre la parole. C'est lié à un imaginaire liant l'athlète à un individu qui n'a pas forcément fait d'études, qui a pu connaître une ascension sociale par le sport, et qui ne possède donc pas les marques symboliques de la légitimité à parler de ces choses. François-René Julliard

Seconde partie - le focus du jour

Baseball : la mobilisation introuvable ?

Le monde du baseball, extrêmement populaire aux Etats-Unis, reste globalement hermétique aux questions raciales. Contrairement aux sportifs de la NBA et de la NFL, ceux de la MLB (Major League de Baseball) n’ont ainsi pris que très marginalement part à la mobilisation qui a suivi la mort de George Floyd - de même qu’ils n’avaient pas particulièrement soutenu le mouvement lancé par Colin Kaepernick en 2016.

Comment expliquer ce faible engagement des joueurs de baseball en faveur d’une cause massivement soutenue par les autres sports américains ?

Avec Peter Marquis, maître de conférences en histoire des Etats-Unis à l’Université de Rouen, auteur d’une thèse sur le baseball.

Je vois, aujourd'hui, une forme de suivisme de la part de la MLB. Après août 2020 et la mobilisation des joueurs de la NBA, après des prises de position dans à peu près tous les sports aux Etats-Unis, la MLB est apparue comme le dernier wagon d'un train qui avait déjà quitté la gare. Peter Marquis

11/09/2020 - ST PETERSBURG, ETATS-UNIS
11/09/2020 - ST PETERSBURG, ETATS-UNIS Crédits : DOUGLAS P. DEFELICE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES - AFP

Références sonores

  • Megan Rapinoe – France Inter – L’invité de 7h50 - 29 décembre 2020
  • LeBron James – CNN - 31 mai 2017
  • Michael Jordan – communication officielle de l’UNC Tar Heels Athletics basketball – 16 juillet 2020
  • RTF / ORTF - JEUX OLYMPIQUES DE MEXICO - RESUME FILME commentaire de Leon Zitrone - 20 octobre 1968 
  • Adam Silver, Commissioner de la National Basketball Association - ESPN – 25 juillet 2020
  • Laura Ingraham, journaliste – Fox News - 16 février 2018 
  • Annonce de la reconnaissance des Negro Leagues au journal de ABC du 17 décembre 2020

Références musicales

  • SUPREME NTM - «  Pass pass le oinj » / Label : SONY
  • Jorja SMITH - « By any means » / Label : BECAUSE
Intervenants
  • Maître de conférence en civilisation américaine à l'université de Lyon 2.
  • Doctorant en histoire contemporaine aux universités Clermont-Auvergne et Paris-Nanterre
  • maître de conférences en histoire des Etats Unis, département d'études anglophones, à l’université de Rouen Normandie.
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