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25 mars 2015, une femme syrienne kurde marche avec son enfant devant les ruines de la ville de Kobané, également connue sous le nom d'Ain al-Arab.
Épisode 3 :

Occident : le fiasco diplomatique

57 min
À retrouver dans l'émission

Depuis dix ans, l'opposition syrienne appelle à davantage de soutien dans la guerre qui l'oppose au régime Assad. Des appels qui s'adressent notamment à l'Occident pour un soutien militaire et politique. Pendant ces dix années, quel a réellement été le rôle des Occidentaux dans ce conflit ?

Le coprésident de l'opposition syrienne, Hadi al-Bahra, assiste à une conférence de presse lors du Comité constitutionnel syrien, le 29 janvier 2021, dans les bureaux des Nations Unies à Genève.
Le coprésident de l'opposition syrienne, Hadi al-Bahra, assiste à une conférence de presse lors du Comité constitutionnel syrien, le 29 janvier 2021, dans les bureaux des Nations Unies à Genève. Crédits : Fabrice COFFRINI - AFP

Voilà des années que l'opposition syrienne appelle à davantage de soutien dans la guerre qui l'oppose au régime de Bachar Al-Assad. 

Des appels à un soutien militaire plus marqué dans ce rapport de force inégal entre l'armée nationale, d'un côté, soutenue par de puissants alliés, et de l'autre une opposition fragmentée et mal préparée. Des appels qui s'adressent à l'Occident en particulier et qui seront en partie entendus. Un certain soutien militaire a été fourni au cours de ces dix années de guerre, ainsi qu'un soutien politique. Le 13 novembre 2012, la France est le premier pays à reconnaitre officiellement l'opposition comme « seule représentante du peuple syrien ». Enfin, les Etats-Unis apporteront à leur tour un appui logistique, financier et militaire à l’opposition. Mais c’est trop peu pour certains, et les déceptions s'accumulent sur le terrain. Rapidement, le conflit a pris une dimension internationale, devenant le champ de bataille d’une guerre par procuration entre puissances régionales.  

Dix ans après, et avec un peu de recul, quel fut vraiment le rôle des Occidentaux dans ce conflit ? Y a-t-il eu des erreurs commises et des occasions manquées ? Quelles responsabilités morales et politiques ? Enfin, quelle carte reste-t-il à jouer sur la question de la reconstruction ? 

Il y a eu une erreur de diagnostic.  Au début du conflit, les diplomates à Damas pensent que le régime va tenir. Malgré tout, les capitales occidentales ont pris le pari d’annoncer la chute du régime, pensant que cela allait créer une dynamique qui allait entraîner la défaite de Bachar Al-Assad. Ce fut le cas de Nicolas Sarkozy, de Barack Obama, d’Alain Juppé... Sauf qu’une dynamique ne fait pas forcément chuter quelqu’un. Antoine Mariotti

La politique américaine en Syrie a toujours été fonction d’autres sujets que la Syrie. Ça a été fonction du passé américain en Irak, de la relation entre les États-Unis et la Russie, des visées américaines vis-à-vis de l’Iran... Il n’y a pas eu d’espace disponible pour une discussion très spécifique sur ce qui est utile pour la Syrie. Charles Thépaut

Seconde partie - le focus du jour

Les forces politiques kurdes en demande de reconnaissance internationale

Dans la Syrie actuelle, fragmentée par 10 années de guerre, le nord-est du pays est aujourd’hui administré par les forces kurdes, qui après leur victoire sur l’Etat Islamique, contrôlent et administrent de fait cette partie du territoire.  

Si leur présence est reconnue à l’international d’un point de vue militaire, elle ne l’est pas d’un point de vue politique et leur situation reste fragile. Mais les kurdes sont déterminés à pérenniser et faire reconnaitre ce qui a été construit sur le terrain. Sur quel appui international peuvent-ils compter ?  

Avec les années, une grosse architecture administrative s’est mis en place et donc la guerre contre l’Etat islamique à accouché d’un projet partisan, adossé à l’idéologie du PKK et qui cherche à se faire reconnaitre. Ils tentent de faire convertir le soutien militaire en alliance politique, un pari impossible puisque l’Occident voit la connexion entre le projet politique et le PKK de l’autre. Patrick Haenni

Une émission préparée par Mélanie Chalandon. 

Références sonores

  • Abou Oussama, rebelle originaire d'Azaaz, Syrie le 13 novembre 2012 (AFP)
  • Umm Abdo, Syrienne déplacée de Maaret al-Numan, les Syriens déplacés qui ont fui l'avancée des forces gouvernementales dans le sud de la province d'Idlib, ont installé leurs tentes dans un camp de déplacés près de la ville de Dana, près de la frontière avec la Turquie, Syrie le 27 décembre 2019. (AFP)
  • Un syrien interpelle Nicolas Sarkozy pour demander l’aide de la France, extrait du reportage Syrie, dans l’enfer de la répression de Sofia Amara, sorti en 2011. (Thema, ARTE)
  • Barack Obama, conférence de presse durant laquelle il met en garde Bachar Al Assad sur le recours aux armes chimiques et ses conséquences sur le plan international, le 4 décembre 2012. (Le Monde et AFP)
  • Antonio Guterres, conférence de presse sur les 10 ans de la crise en Syrie, le 10 mars 2021 au QG de l’ONU. (UN News)
  • Dallal, activiste politique Kurde sur l’absence d’aide pour reconstruire Raqqa. (France Culture, les Matins, 15/03/2021)

Références musicales 

  • « A new Eror » de Moderat (Label : BPitch Control)
  • « Nishtiman» par le groupe Nishtiman, qui signifie "patrie/terre natale" en kurde. Groupe formé en 2013.

Chroniques

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